La sarkozophagie des intellectuels de gauche

Publié le par Milton Dassier

On dit que la gauche dite « républicaine » est en panne de projet, en panne de vision, en panne d’idées. On entend ça et là, des imprécations, des recommandations, des vœux de changement. Le hic est que pour rassembler, il faut une aptitude au grand écart que l’âge rend pratiquement impossible.

Normal, à part en matière d’écologie, la gauche n’a pas rajeuni.

La gauche n’a pas pris le virage de la mondialisation. Elle s’est accrochée à l’aspect libéral qui facilite les échanges de marchandises et a complètement oublié les peuples.

Certes, elle n’est pas d’accord sur la forme dans la libéralisation du commerce international mais n’en conteste pas le fond.

 

Quand on veut savoir ce qu’un parti ou un courant politique prépare comme projet, il faut aller voir sur ses think thanks. Morceaux choisis parmi ceux liés au Parti Socialiste.

 

Premier visité : Terra Nova, think thank proche de Dominique Strauss-Kahn. La structuration des forces de gauche et en particulier du PS est leur priorité. L’organisation de primaires à gauche est leur leitmotiv. On trouve des personnalités comme Michel Rocard. Un Michel Rocard qui ne crache pas sur des missions confiées par Sarkozy tout comme Strauss-Kahn…

 

 

 

On petit tour sur « La Forge », think thank fondé par Benoit Hamon et Noël Mamère. On insiste beaucoup sur les inégalités sociales, la mise sous contrôle de la justice, l’écologie et la mondialisation. On y défend, l’état comme régulateur politique et économique, une régulation basée sur la défense des grands principes démocratiques et républicains.

 

Un bon article résume leurs convictions 

 

Il y a aussi l’institut Edgar Quinet qui s’adresse plutôt aux élus de gauche des collectivités locales et semble proche de Vincent Peillon. Il analyse les politiques publiques au niveau national et local.

 

La république des idées est un vrai think thank d’intellectuels divers sans le coté lobbying influent au service d’un parti, d’un courant ou d’un homme. On y parle de tout et pas mal d’international. Constats, idées, suggestions. Tout y est et de façon bien argumentée sans tomber dans la facilité partisane ou dogmatique et la défense de groupes particuliers.

Et on apprend des choses…

Par exemple, cet article sur le colonialisme français :

 

La Fondation Jean Jaurès, est une grosse machine qui draine beaucoup d’argent puisqu’elle reçoit des subventions du gouvernement français et d’organismes paragouvernementaux européens et américains.

Elle traite de la politique française. Le hic est qu’elle est administrée pour partie par d’autres responsables de think thanks comme Benoit Hamon, Laurent Azoulai, Olivier Ferrand.

 

 

Laurent Azoulai qu’on retrouve à la tête du Cercle Léon Blum, un think thank uniquement axé sur la lutte contre l’antisémitisme. Le cercle organise un colloque prochainement : « Les liaisons dangereuses du populisme de gauche ». Dieudonné est ciité dans le titre de deux interventions.

On trouve dans les membres et participants : Bernard-Henry Lévy, Bernard Kouchner, Serge Moati, Patrice Klugman et Malik Boutih (SOS Racisme) et nombre de personnalités socialistes.

 

Le cercle Léon Blum semble très lié au Cercle de l’Oratoire qui publie la revue « Le meilleur des mondes ». Ce cercle est atantiste et néoconservateur. Il adapté l’idée de choc des civilisations à la pensée française. Ce cercle a défendu la guerre en Irak…

Les idées d’islamofascisme, la campagne « Redeker » émanent de lui. Parmi ses membres influents et grands sympathisants : BHL, Pascal Bruckner, Fadela Amara, Alain Finkielkraut, Philippe Val, Elizabeth Schemla, des journalistes d’Arte dont Anne-Sophie Mercier.

 

On le voit nettement. Dans les think thanks proches du PS, tout un réservoir d’intellectuels est à la disposition de Nicolas Sarkozy. En effet, tout ce petit monde se connaît bien et se croise dans les mêmes couloirs, à la télé, en radio, dans les colloques. A part « la République des Idées » qui reste profondément un atelier d’intellectuels, ces cercles tendent à vouloir peser sur la politique grâce à un lobbying qui s’ouvre la porte de beaucoup de médias et de maisons d’édition. Une bonne manière pour l’élite de prendre le pouls de l’opinion des classes cultivées à travers le succès de ces leaders d’opinion. Ainsi, il est facile de mettre à l’honneur certaines locomotives de la démocratie d’opinion histoire de faire mine de s’approprier les idées dites progressistes et en tirer un bénéfice en terme d’image.

 

Fadela Amara, Bernard Kouchner, Rama Yade, Michel Rocard, Philippe Val, Dominique Strauss-Kahn, André Glucksman, Max Gallo sont les exemples les plus représentatifs de cette « sarkozophagie » des intellectuels de gauche.

 

Voir à ce sujet, l’exemple de Fadela Amara dans un article sans ambigüité qui analyse son ralliement à Nicolas Sarkozy.

 

Publié dans politique

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