La presse aux ordres? Quand Joffrin tousse!

Publié le par Milton Dassier

Il faudra se souvenir à quel point les frasques médiatiques autour de la personne de Dieudonné auront été, en quelque sorte, prémonitoires  de l'encadrement de la liberté d'expression et de la pluralité de l'information.

C'est à se demander en effet, si la désinformation mise en œuvre pour briser l'humoriste n'a pas été un galop d'essai afin de contraindre plus tard, les "empêcheurs de tourner en rond" de la politique et du spectacle.

Aujourd'hui, Laurent Joffrin dans Libération, se demande si l'AFP est toujours indépendante. Il argumente autour de sa question à partir de trois faits journalistiques dont son journal a été la victime. Des informations trouvées par Libé mais non reprises par l'AFP ou alors d'une manière si prudente que naissent des doutes sur la probité de l'agence. Effectivement, cela paraît troublant.

 

Pourquoi comparer avec Dieudonné?


Parce que ce qui mena Dieudonné à sa perte médiatique est justement la façon dont les médias ont fait monter la mayonnaise de la calomnie en se servant le plus souvent d'ingrédients fournis par l'AFP et d'autres agences.

Nous avions été plusieurs à démontrer comment, dans ses dépêches, l'AFP tronquait les déclarations de l'humoriste pour les présenter comme relevant de l'injure raciale ou de l'incitation à la haine raciale.

Les menaces, le harcèlement, les agressions et les vingt et quelques procès en furent les conséquences. Vingt et quelques procès tous gagnés par l'humoriste à une exception! Ce qui prouve qu'en démontrant le trucage des dépêches et des articles de la presse, l'humoriste démontrait que tout cela pourrait être téléguidé, que certains avaient lancé une chasse à l'homme pour le tuer médiatiquement puis professionnellement.

Par la suite, Dieudonné a préféré faire filmer par ses proches toutes ses apparitions médiatiques pour pouvoir, le cas échéant, répondre aux mensonges des dépêches par la vérité des images.

Il y avait même des sites qui répertoriaient tout ce qui sortait dans les médias sur Dieudonné. Une vraie mine d'or! Personnellement, j'allais souvent sur http://intox.hopto.org qui n'existe plus mais vous trouverez une bonne liste de ces sites ici: http://soutiendieudo.free.fr/

 

Donc, en 2005, nous assistions à l'agonie de la liberté d'expression et de la liberté de la presse, sa cousine. Et, aujourd'hui, en 2009, certains de ceux qui ont participé à la chasse au Dieudonné, s'étonnent de se voir à leur tour victimes. Pauvre Laurent Joffrin, pauvres journalistes! Doublement bernés en somme!

Bernés par les antiDieudonné, puis bernés par Dieudonné lui-même. Car, c'est bien pour leur montrer à quel point ils étaient des suiveurs de dépêches imbéciles, des mouches attirées par le miel des rumeurs fondées sur du sable, que l'humoriste s'est permis certains dérapages bien contrôlés..

Dieudonné est fou, alors il fera ami-ami avec Raël juste le temps d'une photo!

Dieudonné est ami avec Le Pen, alors il en fera le parrain de sa fille juste pour que les médias se précipitent et lancent une enquête sur une affaire bidouillée, bidonnée pour se bidonner de leur zèle soudain.

Dieudonné est un nazi comme beaucoup l'ont dit, alors Dieudonné fera venir sur scène Faurisson et se comparera à lui pour la seule chose qu'ils ont en commun: leur odeur de bannis des idées..

 

Et à chaque fois, ça marche. La presse se précipite, déjà enivrée des vapeurs du scandale qui se profile puis, après plusieurs articles, éditos, commentaires, rebonds, tribunes libres, se ravise en affirmant des trucs style : "Non il ne faut pas que nos colonnes servent de tribune à ce triste sire".

 

Libération aurait peut-être mieux fait de se préoccuper de liberté d'expression au lieu de verser dans l'angélisme hypocrite des gens respectables et convenables. Vous savez comme ceux qui, à la sortie de la messe, donnent une pièce à un mendiant tout en affichant un masque respectable par dessus leur mépris de la misère.

 

Libération devrait peut-être se poser la question de la façon dont des faits divers à connotation antisémite faisaient et font encore l'objet de dépêches non vérifiées reprises immédiatement par tous les journaux alors qu'il faut plusieurs jours pour qu'un fait divers à caractère raciste figure à la page 5 et encore, avec des précautions quant à la véracité de sa dimension raciste.

 

Car c'est bien parce qu'il y a eu des affaires Dieudonné que certains lynchés se sont vus blanchis d'accusation d'antisémitisme.

C'est bien parce qu'il y a eu des affaires Dieudonné que la presse a finalement enquêté et parfois pris parti sur d'autres lynchages médiatiques (Edgar Morin, Charles Enderlin, Pascal Boniface, Bruno Guigue, Siné..etc) et a mis en évidence le rôle de certaines personnes et de certains groupes influents ou impunis dont on ne parlait jamais auparavant.

 

La réaction de Laurent Joffrin? Elle me rappelle l'arroseur arrosé ou le jardinier du dimanche qui a scié la branche sur laquelle il est assis.

 

 

Publié dans presse et médias

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Reine Roro 07/08/2009 14:48

Billet très objectif .. merci. Je me suis permis de le reprendre en signalant la source évidemment . ça se passe ici http://reineroro.kazeo.com/.
Si il y a un soucis quelconque, je le retire ^^

Milton Dassier 07/08/2009 17:39


Excellent ton blog, j'aime bien, je le met dans mes liens. Merci;


A2N 07/08/2009 14:05

Bonjour, Milton !

Ton article est la synthèse de ce qui s'est passé pour qu'on en arrive là, c'est à dire à la mort de la presse française. Dieudonné, on n'aime ou pas, peut être fier d'avoir ouvert les yeux aux Français, y compris à Laurent Joffrin,minable journaleux, propagandiste qui se retrouve arrosé à son tour. Quel pied !

Bravo pour ton éclairage,

A2N

Milton Dassier 07/08/2009 17:32


L'élite des journalistes vit encore dans l'illusion d'un passé glorieux : celui des grands reporters, des grands photographes, des grands éditorialistes. Il y avait un haut niveau avec des gens
comme Raymond Aron, Revel, Lazareff à droite comme à gauche sans oublier ces correspondants de guerre, ces photographes d'agence. Aujourd'hui, l'agence Gamma risque de fermer, l'AFP est aux ordres
et la presse marchande n'ose plus prendre de risque pour ne pas perdre d'annonceurs. La presse française est faite pour les annonceurs pas pour les lecteurs.