Ola pour Obama au Ghana

Publié le par Milton Dassier

La visite d’Obama au Ghana, sa première en Afrique noire est riche en enseignement sur la politique étrangère officielle que les Etats-Unis pourraient mettre en œuvre en Afrique.

En effet, le choix de ce pays n’est pas anodin. Démocratie stable, liberté de la presse, peu de corruption, niveau de vie en amélioration, gisements de pétrole prometteurs.

Voilà la carte de visite du Ghana.


D’ailleurs, dans son discours, Obama n’a pas fait mystère de ses préférences. Il a rappelé le rôle de ceux qui se sont battus pour que leur pays puisse accéder à la démocratie, se doter d’institutions stables, garantir les libertés et proposer la prospérité à leur peuple.

Il a ainsi honoré le travail du président actuel, John Atta Mills et la mémoire de Jerry Rawlings, le Thomas Sankara ghanéen. Un homme qui n’avait pas hésité à renverser par deux fois un gouvernement corrompu par les armes avant de le rendre au peuple grâce à des élections libres.


Obama a donc pris le contre-pied de Nicolas Sarkozy qui, lui, avait réservé sa première visite en Afrique noire à Omar Bongo puis fait le discours de Dakar dans lequel, avec maladresse et condescendance, il réclamait plus d’Europe en Afrique mais n’avait pas dit un seul mot fort sur la corruption et la politique de soutien de la France aux despotes encore moins sur la Françafrique. Un système tutélaire néocolonial qu'il a en réalité revigoré pour le plaisir sans scrupule de certains hommes d'affaires français et leurs réseaux politiques, militaires et financiers. Car, finalement, si Sarkozy avait tenu le même style de discours, il aurait rendu hommage à ceux qui se sont battus contre le despotisme et la corruption. Rappelons-nous Patrice Lumumba ou Thomas Sankara. 


 

Obama a  rappelé que démocratie ne veut pas dire de simples élections plébiscitant l'homme fort du pays, lui donnant un blanc-seing absolu mais ce qui se passe entre chaque élection. Il a souligné qu’un président qui modifie la constitution pour se faire réélire autant qu’il le souhaite n’est pas un démocrate et que ce n’est pas ce genre de personne qu’il souhaite fréquenter au niveau des relations bilatérales.

On voit bien qu’Obama, a dans le viseur un certain nombre de dirigeants africains de pays riches mais ayant à leur tête des despotes fortement corrompus, notamment en Afrique francophone. Par exemple, D. Sassou N’Guesso au Congo, la famille Bongo au Gabon, Idriss Déby au Tchad, sans oublier l’Angola, la Guinée-Bissau, le Cameroun.

 

Le message du président américain est d’envergure, il a les accents de la sincérité, la chaleur d'une déclaration de John F Kennedy, la dimension éthique d'un discours de Jimmy Carter.

 Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à de gros changements dans la politique des Etats-Unis en Afrique mais, les jeunes hommes politiques africains ont peut-être une carte à jouer, en prenant exemple sur le Ghana : celle de prendre Obama et les Etats-Unis au mot.

 

 

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ocom'3pom 12/07/2009 19:12

Oui, cette conclusion montre bien le rôle "émulatoire" ( et donc sincèrement émulatoire ) qu'est sensé avoir un discours politique bien intentionné en terre africaine.

Du coup je réalise que les divers présidents français n'ont jamais souhaité que l'Afrique s'en sorte, et pour cause! La manne quasi-illimitée de la Françafrique n'a assurément pas servi qu'à alimenter en eau chaude les palmiers d'une villa sur la côte nord (comment s'appelait cet ancien d'Elf gabon déjà?).

Mieux, on réalise que le discours de Sarkozy à Dakar avait sûrement des intentions hypnotiques, je m'explique: je suis sûr qu'en matière de psychologie ou de développement personnel on enseigne que la meilleure manière d'entretenir un cercle vicieux est de s'apesantir dessus, d'où le discours soigneusement négatif de Sarkozy, qui réinjectait habilement de la pesanteur dans tout les esprits tout en prétendant viser le contraire. C'est mon sentiment. Sarkozy surlignait le mur au lieu de souligner la porte d'issue (valoriser des Thomas Sankara comme vous dites)

Milton Dassier 13/07/2009 16:10


La réalité est que Paris privilégie les élites et se fout totalement du peuple. Peut-être que les USA préfèreraiennt créer un marché grâce à l'émergence d'une classe moyenne en afrique qui leur
serait favorable et consommerait.


mehr licht 11/07/2009 18:40

Mouais...Pas trop confiance en Obama ! Quant au Ghana que je connais bien Bravo ! L'ancien président, John Agyekum Kufuor était un homme bon et juste. Nous verrons ce que son successeur John Evans Atta Mills fera.

Milton Dassier 13/07/2009 16:07


En fait, pas confiance en les USA. On sait que les USA tentent de prendre pied en afrique.  Maintenant, leur logique de domination et de travail avec les classes moyennes est peut-être
plus favorable aux africains.