Economie : Le monde change et nous sommes aveugles

Publié le par Milton Dassier

Encore un article du « Monde » qui affirme que la crise économique n’est pas terminée et qu’elle pourrait s’aggraver.

 Après une sorte d'euphorie, l'heure est à la morosité.

Cela s’ajoute aux déclarations du président Lulla qui affirme que le G8 n’a plus sa raison d’être.

 J’ai lu un article très bien écrit sur Counterpunch et publié par Alterinfo qui explique que la reprise des marchés ces derniers mois, était liée à l’injection d’argent propre dans le système bancaire des pays occidentaux. On pensait que cela permettrait d’empêcher l’effondrement des banques, des assurances et autres compagnies financières, de relancer les capacités de crédit offertes aux entreprises et aux particuliers et que les choses repartiraient comme avant.

Le problème est que la crise financière n’est pas une simple surchauffe d’un système qui fonctionnait sainement. Il y a bien eu surchauffe mais autour d’actifs toxiques.

 

Cela mérite quelques explications.

 

Sur l'apparition de la crise.
Les banques se revendues entre elles, les dettes des particuliers et des entreprises. Voyons sous quel mécanisme.

Une banque vend un maximum de crédits à des entreprises et des particuliers et revend à d’autres banques ce qu’elle doit toucher comme bénéfices liés aux intérêts des emprunts accordés, sous la forme de titres boursiers. On a eu donc des titres créés sur des dettes. La valeur des titres était liée à des dividendes prometteurs alimentés par les remboursements des gens et entreprises endettées.
Cette illusion a développé la demande d’achat de ces titres au niveau mondial et fait grimper leur valeur boursière. Tant et si bien qu’au moment où face au surendettement des ménages et leur impossibilité de rembourser leur maison, le système s’est écroulé entraînant dans sa chute les entreprises directement concernées banques mais aussi immobilier, construction puis indirectement presque toute l’économie américaine, les ménages américains ne consommant plus et les entreprises n’investissant plus.


Et si les Etats-Unis vont mal, le reste du monde va mal…

 

Les choses vont donc s’aggraver.

Les ménages américains parent au plus pressé de leur dette et se remettent à épargner au lieu de consommer, au lieu d’investir.

 

Drôle de cuisine pour toujours plus de dépendance.

 

On en est là donc. Mais il y a pire à venir.

En Occident, nous payons aujourd’hui notre arrogance d’hier, notre prétention à tout comprendre mieux que les autres.

Donc, des pays commencent à se rebiffer contre l’hégémonie économique des Etats-Unis et de leurs vassaux européens et asiatiques (Japon, Corée, Singapour..etc).

La Russie, la Chine, Le Brésil et l’Inde ont formé un groupe : le BRIC et ils entendent agir de concert pour diminuer le rôle du dollar dans les échanges commerciaux.


Ils ont compris une chose simple, c’est que le dollar, en tant que monnaie utilisée dans les échanges commerciaux internationaux, non seulement a entraîné la grave crise financière et économique actuelle mais contribue au financement de Washington pour asseoir son hégémonie sur le monde.  Ils estiment que les nombreuses bases américaines qui les encerclent, les guerres au Moyen-Orient ont été financées à crédit sur la position du dollar. Ils font donc le constat qu’ils ont participé indirectement comme le reste du monde au financement de la politique militaire américaine.

 

Les pays du BRIC souhaitent donc développer leurs échanges commerciaux bilatéraux (de pays à pays) dans leur monnaie nationale et non en dollar. Déjà, la Chine cherche à se débarrasser petit à petit des bons du trésor américain qu’elle a acquis pendant des années.

  

L’Amérique latine veut faire de même. Le mot à la mode en ce moment est « dédollarisation ».

 

La Chine, la Russie et l’Inde, puissances nucléaires toutes les trois, commencent une coopération qui va au-delà des échanges commerciaux : une coopération militaire au sein du groupe de Shangaï(OSC). Ce groupe réunit ces trois grandes puissances ainsi que des anciennes républiques du bloc soviétique et d’autres pays en tant qu’observateurs : Iran, Malaisie, Indonésie.

 

On voit donc bien qu’il y a une grande redistribution des cartes qui s’opère sous nos yeux. Malheureusement, en occident, on continue à envisager le monde comme une ville dont seul le centre historique aurait de l’importance et les alentours, se limiteraient à des banlieues sans intérêt ou des zones d’activité à construire et contrôler.

Publié dans économie

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philippe 09/08/2009 19:59

Je pense que le monde change bien sur, mais pas forcément en bien... Il évolue vers une impasse. quand on voit qu'une crise financière orchestrée par quelques centaines de personnes a mis a mal le système économique du monde, que constate t'on ? Et bien que rien n'a changé. Il y a toujours des paradis fiscaux, des bonus indécents, des banquiers qui se font encore plus d'argent, et qu'en même temps on licencie à tour de bras sous prétexte d'une crise ...

Milton Dassier 18/08/2009 11:00


Ils ont fait comme certains médecins : on soigne les symptomes sans s'attaquer à la maladie. On considère que tout va se réguler une fois les symptomes passés. Comme le ferait un corps humain.