Contrôles d’identité au faciès : une volonté politique ?

Publié le par Milton Dassier

Depuis quelques années, toute une propagande habilement réalisée tend à instiller certains clichés dans la tête des français, en métropole.

Parmi ces clichés, l’idée que les jeunes noirs et maghrébins des banlieues seraient dangereux pour la société si on ne les encadre pas, si on ne les réprime pas.

Pour obtenir ce type de représentation, on a savamment diffusé des reportages dans les médias sur des faits divers en insistant sur l’origine de ceux qui les avaient commis. Dans la presse écrite, il est arrivé souvent que l’origine soit mentionnée. A la télé, la couleur de la peau était toujours visible et confirmait ce que le commentateur disait sur l’origine.

Par contre, si les protagonistes, les mis en examen étaient blancs, plus rares étaient les reportages qui mentionnaient leur origine non française sauf en cas de fait divers lié à l’immigration ou ayant un rapport avec un évènement à l’étranger.

Ainsi, on n’a jamais mentionné l’origine géographique des pédophiles ou des kidnappeurs d’enfants, presque tous blancs en général. Ainsi, on ne mentionne jamais l’origine des grandes affaires d’escroquerie commises par des blancs alors qu’elles sont fréquentes mais on mentionne l’origine africaine ou maghrébine des auteurs de fraude ou d’escroquerie quand c’est le cas.

 

La vérité est que cela marque une américanisation de la société française et les contrôles au faciès par profilage racial n’en sont qu’une face visible.

L’aspect intentionnel existe bel et bien car on peut supposer que la généralisation du profilage ethnique a été envisagée depuis le sommet de l’état par l’intermédiaire du ministère de l’intérieur.

Ce profilage ethnique n’existe pas outre-mer puisqu’il devient caduc de par la composition démographique de ces territoires. C’est donc là, qu’on peut voir qu’il y a instrumentalisation des contrôles d’identité à des fins politiques en métropole alors que l’outre-mer relève des mêmes lois…


N’importe quelle personne d’origine maghrébine habitant outre-mer après avoir séjourné longtemps en métropole, vous dira qu’elle n’est pas contrôlée comme elle l’était avant, et, qu’elle n’imaginait pas que cela fut possible en France. Normal, elle peut aisément ressembler à une personne métisse et on ne compte pas spécialement d’acte de délinquance à imputer à ces gens.


Même s’ils ne sont pas très nombreux aux Antilles par exemple, les blancs ne sont pas exempts de trouble à l’ordre public et d’acte de délinquance. Mais personne là-bas n’a songé à en faire une généralité qui les désignerait au zèle policier.

Les policiers aux Antilles ont donc reçu d’autres instructions d’où sont exclues celles ayant un rapport avec la couleur de la peau ou le type de faciès. La chasse à l’immigration clandestine implique d’autres critères que ceux liés à la couleur de peau : accent étranger, parler créole spécifique de certains pays voisins, par exemple.

 

Le contrôle d’identité est plutôt rare comparé à la métropole. Car il est clair que ce type de contrôle contribue seulement à faire baisser le sentiment d’insécurité et non l’insécurité elle-même. Et aux Antilles, s’il existe un sentiment d’insécurité, ce sont les actes d’arrestation, de mises en examen et de condamnations bien médiatisées par les médias locaux qui satisfont la population ainsi que la présence policière parfois massive d’hommes de terrain à certains endroits dans des opérations coup de poing ou le survol d’hélicoptères. Une présence qui se veut ferme mais peu invasive, car limitée dans le temps et au final misant sur la dissuasion.

 

Pourtant, certaines affaires très graves de délinquance ont défrayé la chronique ces dernières années, là-bas. Des affaire qui auraient fait se déplacer ministres et personnalités en vue si elles avaient eu lieu en métropole : femmes assassinées à coup de fusil ou de machette dont une femme brûlée vive en pleine rue dans la ville de Fort de France de jour, meurtres en séries après enlèvement, notamment une jeune femme qui s’était endormie la nuit dans sa voiture, viols avec violence, braquages avec violence de touristes, de stations-service,  des restaurants, affrontements de bandes armés, agressions avec coups et blessures en milieu scolaire, règlements de compte sanglants avec meurtre et parfois torture… Des affaires toujours suivies de près par la population jusqu'à leur élucidation là encore très médiatisée localement.

 

Les contrôles d’identité ont lieu le soir, la nuit à certains endroits réputés dangereux et sensibles. Par exemple, des lieux de réunions de jeunes à proximité d’endroit connus pour y abriter des trafics, près de certains établissements scolaires ou à proximité de lieux de fêtes, de boîtes de nuit, ou encore la nuit, dans les rues vides et mal éclairées d’une bourgade.  Dans ce cas, la motivation juridique en terme de risque de trouble à l’ordre public ou d’actes de délinquance est parfaitement cernée.

 

Il y a, aux Antilles des cités déshéritées comme en France avec leurs trafics, leurs vols, leurs  cambriolages, leurs bandes. Pourtant, de jour, on y voit relativement peu de contrôles d’identité, rien qui soit assimilable à un harcèlement et jamais de déploiement de CRS la nuit. Elles sont néanmoins sous surveillance comme d’autres quartiers puisque des arrestations y ont lieu régulièrement. On a assité à un moment à un durcissement des relations population - police et certaines bavures ou excès de zèle ont été dénoncés dans la presse locale pour qu'ils ne se reproduisent pas.

 

Pourquoi cette différence dans le travail policier quotidien?

 

De bonnes questions à poser aux dirigeants politiques et aux hauts fonctionnaires du ministère de l’intérieur.

Publié dans racisme et xénophobie

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Enezeneg 02/07/2009 09:35

Nous sommes partis pour rejoindre les USA sur ce point de bétise, le dépassememnt va se faire par la droite... La France n'étant pas le seul cancre, l'Europe entière suit le même chemin... Vive l'occident...