Sarkozy propose un référendum aux martiniquais

Publié le par Milton Dassier

Sarkozy a prouvé une nouvelle fois qu’il est bien plus fin qu’il veut le faire croire.

Avec son idée de référendum sur l’avenir institutionnel de la Martinique, il a pris de court pas mal de monde.

Il propose que les martiniquais réfléchissent sur la possibilité d’un statut élastique à autonomie variable en rappelant que St Pierre et Miquelon est un TOM dans une autonomie proche d’un DOM et que la Polynésie est un TOM à l’autonomie proche d’un pays indépendant.

Les martiniquais n’auraient donc qu’à proposer un statut à la carte, même un statut évolutif serait possible.

Il a rappelé aussi que, de toutes façons, le statut quo actuel ne permet plus d’avancer. La preuve : les grèves insurrectionnelles de l’hiver. De quoi faire grimacer certaines personnalités UMP locales ou nationales.

On a compris donc qu’en prenant la gauche autonomiste martiniquaise au mot et la droite à contre-pied, Sarkozy envisage en fait un désengagement de l’état. Finalement, on pourrait presque dire qu’il est prêt à laisser aux antillais la prise en main de leur destin tout en gardant la main mise sur les Antilles. Car on peut conclure que ce qui est important pour la France de Sarkozy, c’est de garder les Antilles, pas les antillais.

 

Ce sera donc aux élus martiniquais d’être pointilleux dans leurs prises de décision. En fait, une partie d’échecs débute avec sa guerre élégante et ses gambits qu’il faudra savoir négocier.

Ils auront toujours à se rappeler qu’aux échecs, on a toujours un coup d’avance sur son adversaire, pas plus.

 

Bref, il faudra la jouer fine.

 

La nomination de Marie-Luce Penchard, la fille de Lucette Michaux-Chevry, comme ministre de l’outre-mer est un signe de reprise en main pour la Guadeloupe où les élus sont dans les choux et le patronat à nouveau chouchouté.

La situation est différente entre les deux îles.

Par leur inaction lors de la grève menée parle LKP, les élus de Guadeloupe ont perdu une bonne part de leur crédibilité.

En la Martinique, les élus ont eu l’intelligence de se poser en arbitres bienveillants du mouvement insurrectionnel. C'est du moins l'image qui ressort.

 

Deux de ces élus se sont mis particulièrement en avant : Alfred Marie-Jeanne l'ancien, leader indépendantiste et président du conseil régional; Serge Letchimy, le jeune député-maire de Fort de France, et héritier politique d’Aimé Césaire.

 

Par leur action tant auprès du préfet que du collectif du 5 février, ils ont permis que le mouvement insurrectionnel ne dérape pas dans la violence quand, par exemple, Serge Letchimy s’était interposé entre gendarmes, manifestants pro-békés et sympathisants du collectif des quartiers populaires de Fort de France, prêts à en découdre.

 

Des élus qui ont un chantier immense car, ils vont devoir décider du statut institutionnel de l’île en fonction d’un projet de développement, voire d’un projet de société. Ils vont devoir examiner plein de questions : l’énergie, la fiscalité, la gouvernance administrative, les besoins sanitaires, les relations extérieures, les relations avec l’UE, l’emploi, la formation, l’éducation, les acquis sociaux, l’agriculture, la pêche, l’environnement, les technologies.
Par exemple, comment favoriser l’investissement privé étranger dans des secteurs respectueux de l’environnement tout en préservant les acquis sociaux malgré la concurrence des autres pays de la Caraïbe ? Quelles secteurs économiques porteurs développer.

 

Et tout ça, avec des dilemmes compliqués. 

 

Un exemple parmi d’autres à propos de l’énergie: Avoir le statut de TOM très autonome permettra certainement à la Martinique de siéger au Caricom et de rejoindre le groupe PetroCaribe mis en place par Hugo Chavez, qui permet d’importer du pétrole du Vénézuela à des prix inférieurs au marché. Cela fera baisser les prix des carburants de façon significative.

 

Mais ce statut de TOM aboutira peut-être aussi, à la fin de l’alignement du prix de l’électricité sur la métropole et donc, à une augmentation du prix de l’électricité.

D’où le recours aux énergies renouvelables et une politique pour les développer.

 

Le défi est énorme.

 

Publié dans anticolonialisme

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Enezeneg 27/06/2009 11:54

Garder les Antilles et les gouverner à distance... L'autonomie n'existant pas l'asphyxie va continuer avec le désengagement de l'Etat tout comme en métropole...
Quel bel écran de fumée...

Milton Dassier 27/06/2009 15:37


Oui c'est bien ça avec en plus quelques petites corvées de fraternité républicaine.


mehr licht 26/06/2009 21:29

Sarkozy est vraiment ce qu'on appelle une mouche à merde !

Milton Dassier 26/06/2009 21:49


Il est dans l'obligation de faire ainsi. Car sinon, il pourrait perdre les antilles, ce qui ferait très mal sur le plan de son image. Les antilles sont françaises depuis 1635... Si elles prenaient
le large en conflit avec la France, ce serait pour tomber dans les bras de Chavez. Tu imagines comment ça le foutrait en l'air aux yeux de l'opinion publique en France? Quant à la gueule des
dirigeants des USA, j'en parle même pas!


nikonekro 26/06/2009 21:05

ha!ha! c'est une blague non?!?

Sarkozy nous a montré à plusieurs reprises, ce qu'il en faisait des référendums!

Milton Dassier 26/06/2009 21:46


Oui en ce qui concerne l'europe mais il avait proposé deux reférendum régionaux qd il était ministre de l'intérieur: un en corse et un en martinique. Le "non" l'avait emporté à chaque fois. Là, il
y a d'autres enjeux que le traité européen.