Bientôt des casseroles en cascades au sommet de l’UMP ?

Publié le par Milton Dassier

Encore des révélations dans l’attentat de Karachi. A croire que les avocats des familles ont vraiment peur que l’affaire soit étouffée par le pouvoir politique.

Libération révèle que même l’instruction menée par le premier juge anti-terroriste, Jean-Louis Bruguière, est sujette à caution.

 

Il aurait eu en main une partie du contrat signé par la DCN pour livrer les fameux trois sous-marins, partie où est signalé le versement de commissions à des dignitaires de l’armée pakistanaise et où on sous-entend l’existence de rétrocommissions à des français sans plus de précision. Le juge n’a pas jugé utile d’obtenir le contrat tout entier.

 

Mais il y a mieux.

 

La justice pakistanaise a condamné certains généraux pour corruption en rapport avec la signature de ce contrat. Des enquêteurs français étaient sur place et un informateur américain les avait mis sur la voie pour établir un lien entre cette affaire de corruption et l’attentat.

Ils ont recueilli son témoignage qui a été annulé pour vice de procédure. Le juge, à Paris, n’a pas jugé utile de procéder à une nouvelle audition dans un cadre officiel.

 

On peut alors se poser la question de l’attitude Chirac et de ses relations avec Sarkozy après 2002. En 1995, Chirac est élu président de la république et décide d’annuler tous les versements de commissions dans le cadre de vente d’armes.

L’attentat survient le 8 mai 2002. Grands perdants, Balladur et Sarkozy sont mis sur la touche…

 

On peut d’ores et s’interroger, surtout si on se rappelle d’autres affaires où Chirac et des édiles de l’ULP étaient impliquées.

Par exemple, en 1994, l’affaire qui a consisté à s’ingérer dans la vie privée du juge Halphen qui enquêtait sur les marchés truqués des offices de HLM dans les Hauts-de-Seine et à la Mairie de Paris quand Chirac en était le maire. On avait appelé cela « l’affaire Schuller-Maréchal » avec une histoire de vrai faux passeport délivré par le ministre de l’intérieur, Charles Pasqua. C’était quelques années auparavant pendant la cohabitation de Chirac sous la présidence de Mitterrand. Balladur et Pasqua avaient été en première ligne dans cette histoire.


Des questions demeureront et la presse pourra peut-être fournir quelques réponses qui ne seront pas sans conséquence, à mon avis. Par exemple :

 

- Dans quelle mesure Chirac a-t-il été au courant du rôle de Balladur et Sarkozy dans cette histoire de contrat et de corruption avec le Pakistan?


- Et Dominique de Villepin, qui remplaça Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, était-il au courant? 
 

- Est-ce que cette affaire a pesé sur les relations Chirac-Sarkozy avant et après 2002 ? Dans une sorte de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette" par exemple.
 

On parlait beaucoup de la possibilité de Sarkozy après 2007 de faire traduire en justice Jacques Chirac. Il n’y a rien eu pour l’instant. Donc une dernière question se pose :

 

- Les révélations d’un ancien agent de la DGSE qui lancent médiatiquement l’affaire de l’attentat de Karachi et une éventuelle corruption au sommet de l’état, ont-elles quelque chose à voir avec Jacques Chirac et son impunité jusqu’à maintenant.

 

C'est là qu'on verra si la presse française est une grande presse indépendante.

 

 

 

 

 

Publié dans politique

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