La France broie-t-elle du noir ? Un citoyen français expulsé de France

Publié le par Milton Dassier

Je m'étais promis de faire un papier sur une information qui date un peu et dont le Canard Enchaîné de la semaine dernière s'est fait l'écho.

La France a expulsé un de ses citoyens. Oui, ça paraît incroyable mais c'est arrivé. Elle ne l'a pas fait après la décision de déchoir une personne de sa nationalité française ni même après une demande d'extradition. Non, rien de cela.

Une histoire kafkaïenne qui démontre que de mauvaises lois mal appliquées par de mauvaises personnes aboutissent forcément à des dérapages de la justice et de la police..

Le 29 décembre 2008, un homme prend le train . Il n'a pas de billet, il n'a pas ses papiers sur lui. Il souffre d'une grave dépression qui occasionne des troubles du comportement sous forme de confusion mentale, d'apathie.
Les policiers qui le controlent, le soupçonnent d'être entré illégalement en France. Il essaye de les convaincre qu'il a perdu ses papiers, qu'il a oublié de les refaire et surtout que sa famille pourra aider à prouver son identité. On va même jusqu'à le confondre avec un homme qui fait l'objet d'un arrêté d'expulsion depuis octobre 2008.

Rien n'y fait, il a beau dire qu'il est français et enseignant en arrêt-maladie longue-durée, il est interné dans un centre de rétention, passe deux fois devant le juge des libertés de Meaux. Personne ne songe à lui donner un tant soit peu de crédit.
Pourtant sa mère a signalé la disparition de son fils le 29 décembre.

Sans un sou, résigné, découragé, n'y croyant plus, espérant un miracle (n'oublions pas qu'il est dépressif)  il n'appelle pas sa famille depuis le centre de rétention. La police qui n'a aucun élément sur son identité contacte des ambassades et celle du Cameroun semble le reconnaître comme un de ses ressortissants.
Il y est donc expulsé le 23 janvier 2009.

Il arrive à l'aéroport, il ne connait personne là-bas et y passe quatre jours à errer. La serveuse du bar "Le Safari" le prend son aile. Il est hospitalisé à Douala trois semaines.

Grâce à elle, la famille est prévenue en France et notre homme peut reprendre l'avion pour Paris muni de ses papiers refaits pour l'occasion. Tous les frais de retour auront élé pour la famille, le consulat de France, ayant refusé toute aide.
L'administration affirme qu'elle était convaincue qu'il était étranger car il ne s'est pas assez "battu" pour convaincre de sa nationalité et, "il n'a pas refusé d'embarquer" (sic). Dans une dépression, on perd vite l'envie de se battre.

La faute de l'état français est totale. Cet homme a été expulsé parce qu'il était noir, sans papier et donc un étranger, forcément!

Sa famile l'a poussé à faire un procès à l'état, il réclame 42.000 € pour le préjudice subi. Et on suppose qu'aucun juge, aucun policier ne sera ni sanctionné, ni poursuivi. Impunité totale !

Pas un mot d'excuse de la police et de la justice.

Une France qui fait bien peu de cas de certains de ses enfants...











Publié dans racisme et xénophobie

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A2N 20/06/2009 10:04

Bonjour, Milton !

Cette expulsion est un acte manqué qui traduit la pensée profonde de ceux qui dirigent la France. On n'ose pas imaginer si la victime s'était retrouvé du côté de Tel-Aviv, car suspecté de n'être pas française. Toute le République aurait battu sa coulpe.
Barack Obama a certainement eu vent de cette affaire là, d'où son refus de "copiner" avec Nicolas Sarkozy, l'homme de la rupture raciale.

A2N

Robert 20/06/2009 09:59

Le noir est non existant en France. On ne lui fait pas d'excuses même si ces dernières sont dues.

Le juif est tout en France. On lui cherche -et lui trouve- des circonstances atténuantes même en cas de meurtre prémédité de sa part !!! Et les excuses à toute la communauté sont à la fois abondantes et chose courante.

Ceci est un état de fait... qui ne risque pas de changer.

Exemple : en dépit de tout ce qu'ont subi les Africains aux mains des Français pendant tous les siècles passés jusqu'à aujourd'hui, la seule excuse qu'ils ont jamais eue a été celle de Ségolène Royale pour le discours de Dakar de Sarkozy -et ceci un an après les faits...

Le Code Noir n'a peut-être plus cours en tant que code de loi mais la mentalité du Code Noir est toujours en vigueur dans ce pays. Le noir est toujours considéré comme une chose et non comme une personne. On ne fait pas des excuses à une chose !