La gêne de Sarkozy après une question sur les attentats de Karachi

Publié le par Milton Dassier

Il fallait voir Sarkozy très mal à l’aise après une question sur les attentats de Karachi.

 

Je suis tombé sur ça un peu par hasard. Une conférence de presse de Sarkozy sur l’Europe, rien de bien passionnant. Et puis, juste au moment où j’allais zapper, arrive l’inattendu.

 

Une question d’un journaliste de l’AFP (enfin un qui a des c….) sur les attentats de Karachi qui avaient entraîné la mort de 11 français tous employés à la DCN et fait 20 blessés.

 



La question concerne Sarkozy qui était ministre du budget dans le gouvernement français de l’époque. Elle le concerne aussi en tant que soutien essentiel de la campagne de Balladur…



 

Question du journaliste: "Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d'une réunion entre les parties civiles dans l'attentat de Karachi et les juges d'instruction, il semblerait que l'origine de l'attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l'Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Est-ce que en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ?"

 

Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: "C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent. Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez que j'aille répondre là-dessus."

 

Il s’agit d’une piste considérée comme très sérieuse par la justice. En effet, dans leur enquête, Les policiers avaient alors trouvé à l’entreprise d’armement, la DCN, une note mentionnant l'aval du directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, et celui du ministre du Budget d'alors, Nicolas Sarkozy pour la création de la société Heine. La note laissait "supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l'élection présidentielle de 1995".

 

Pourtant, certainement au courant du déroulement de l’enquête par les juges anti-terroristes, Sarkozy a maladroitement botté en touche avec un ton ironique mais gêné, le ton de quelqu’un sur la défensive. Il en a appelé au respect de la douleur des familles endeuillées par la perte de leurs proches.

 

Mais comme toujours avec Sarkozy, ces moments non préparés l’amènent à parler avec son corps. On voit d'ailleurs qu'il a beaucoup appris à masquer. Mais cela, reste un régal pour les spécialistes des comportements de communication. Ses balbutiements, son humour inapproprié avec quelques rires nerveux contenus et une mimique condescendante cherchant de la hauteur, le ton léger de sa voix, la façon dont il s'est mis à "jongler" avec ses mains en essayant de ne pas trop hausser les épaules pour ne pas donner une impression d'agacement. Tout cela montrait parfaitement une certaine gêne.  Un signe qui ne trompe pas, c'est le temps consacré à répondre à une question qu'il considère hors de propos, sans intérêt, grotesque même... Plus de 2 minutes!

 

On peut d’ores et déjà parier que cette affaire connaîtra d’autres rebondissements avant d’être classée.

Publié dans sarkozy

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A2N 20/06/2009 10:08

Bonjour, Milton !

Après cette vidéo, il n'y a plus aucun doute à entretenir sur l'identité du responsable, un parmi quelques autres; du sacrifice des Français au Pakistan. J'en parle également sur mon blog

Foss !

A2N

Enezeneg 20/06/2009 00:54

Salut Milton,

Dans la même série sur le web de K. Zéro un ami vient de m'envoyer le lien sur un
excellent reportage suisse sur les travers des médias français,

http://leweb2zero.tv/video/mattlouf_824a39238871860

Sarko' y est égal à lui même...