Le sénat américain présente ses excuses pour l’esclavage

Publié le par Milton Dassier

Après la Grande-Bretagne, les Etats-Unis. Des pays qu’on ne peut guère soupçonner de faiblesse. L'arrivée d'Obama ne passe pas inaperçue...
La France s’est limitée à reconnaître l’esclavage sur son territoire comme crime contre l’humanité. Pourtant, s’excuser d’une faute n’est pas considérée aux USA et en Grande-Bretagne comme s’aplatir.

L’acte est politique car, il correspond à un besoin pour rassembler la nation.

Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Philippe de Villiers et Nicolas Sarkozy y verront certainement un scandale de la repentance.

 

Des commentateurs stupides feront dans la surenchère en invoquant la responsabilité des arabes, des turcs dans un « Et eux ? » aussi infantile qu’improductif conformément à la formule : regarde toujours la paille dans l’œil de ton voisin pour ne plus voir la poutre qui est dans le tien.

D’autres encore, rappelleront d’autres massacres,  d’autres exterminations, d’autres crimes plus anciens : le massacre de la Saint-Barthélémy, les suppliciés de l’inquisition, les massacres des chouans, le servage.

 

Ils seront dans l’erreur….

Ils se tromperont parce que l’essentiel n’est pas de montrer un coupable mais de sauver des innocents qui portent encore aujourd’hui, les stigmates des crimes dont furent victimes leurs ascendants. Les stigmates sont dans le regard de l’autre à leur égard : méfiance, discriminations, racisme.


Si des vendéens, des bretons souffraient du poids de ce qui est arrivé à leurs ancêtres chouans, alors, il faudrait sans coup férir, s’occuper de raviver la mémoire autour de ces crimes. Tout comme on le fait quand une famille demande justice après avoir été frappée de la perte brutale d’un des siens dans un crime de sang. C’est ainsi qu’elle peut commencer son deuil.

 

Tout comme aux USA, en France, le racisme continue à exclure, continue à tuer.

Par exemple, la France a expulsé de son territoire un français né en France mais qui avait le tort d’être noir. C’était un type souffrant d’une grave dépression nerveuse, sous médicament psychotrope, et trouvé sans papier dans un train de nuit. Une fois, la bévue mis à jour, l’administration fit la sourde oreille et ne présenta aucune excuse. L’homme reprit l’avion et rentra à ses frais !

 

Il y a aussi cette mort très mystérieuse à Argenteuil d’un algérien de 69 ans qui vivait depuis 50 ans en France, qui n’avait jamais eu d’histoire et est mort après un contrôle de police agité en voulant raisonner des policiers brutaux contre son ami du même âge.

 

Les excuses du sénat américain représentent une prise de conscience politique et une main tendue vers une partie de la nation qui s’est longtemps sentie exclue.

Ne dit-on pas qu'une nation forte est une nation rassemblée..

 

 

 

Publié dans racisme et xénophobie

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rimalou 19/06/2009 02:42

Les noirs (ou les africains, pour ne pas heurter) n'ont jamais obtenu réparation depuis cinq siècles que dure cet expansionisme capitaliste et mercantile :
l'esclavage n'a pas donné lieu à réparation. Une fois aboli (dans la douleur, la violence, et non pas grâce aux philosophies bien pensantes) l'esclavage s'est transformé en prolérarait pour le début de la révolution industrielle. Les esclaves n'ont rien reçu des plantations, ils n'ont eu d'autre choix que de se "prolétariser" ailleurs.
Les colonisations n'ont donné lieu à aucune réparation : une fois les indépendances des années 60 obtenues, les exploitants des pays colonisés ont continué leurs activités sous forme de coopération technique et d'investissemnts juteux.
Les méfaits de l'émigration n'ont jamais été réparés : les émigrés quand bien même ils obtiennent un certain niveau de bien-être social, cela se fait avec des discriminations, accès au logement, à l'emploi, à l'éducation etc.

Même si nous nous fendons de temps en temps de quelques excuses ou d'un mémorial par-ci ou par là, il serait tout de même nécessaire de réparer les torts causés à cette communauté.

Ce serait peut-être mieux d'ailleurs pour assurer un avenir durable à notre société.

Milton Dassier 19/06/2009 18:44


Tu as raison sur la prolétarisation quoique ça commence à changer. Par contre, je ne suis pas pour les réparations. Je trouve que c'est avilissant. Pour parodier Heidegger, je dirais même que c'est
comme si l'esclave affranchi, demandait l'autorisation à son ancien maître de manger à la même table que lui et de payer l'addition du restau pour compenser le mal fait.