Pourquoi les proposition de Nethanayu sont inacceptables

Publié le par Milton Dassier

Avec la déclaration hier soir de son Premier Ministre Benyamin Nethanayu, le gouvernement israélien roule le monde dans la farine.

Comment ne pas en être convaincu quand on se soucie un peu d’objectivité.

 

Hier, le gouvernement a assorti son intention de voir se créer un état palestinien, de six conditions :

 

- Que les Palestiniens reconnaissent sans ambiguïté qu'Israël est un l’ état du peuple juif ce qu'ils ne peuvent faire puisqu'un million d'Arabes qui ont la nationalité israélienne vivent en Israël.

 

 - Que cet Etat soit démilitarisé, c'est-à-dire qu’il ne dispose d'aucune armée. Il n’en a jamais eu de toutes façons

 

- Qu'aucun réfugié palestinien n’ait droit au retour, le problème devant être réglé par les pays qui les ont accueillis.

 

- Que Jérusalem soit la capitale unie d'Israël, ce qui permettra à la colonisation de la partie palestinienne de Jérusalem de se poursuivre

 

- Que le Fatah reprenne Gaza au Hamas. On nie donc au peuple de Gaza de voter pour qui bon lui semble, le Hamas ayant été élu par les gazaouis. Imagine-t-on des palestiniens faire la guerre à d’autres palestiniens juste pour faire plaisir à Israël ?

 

- Que la colonisation "naturelle" continue. C'est-à-dire que les colonies actuelles puissent s’étendre.

 

 

Si on examine de près ces propositions à la loupe, on est obligé de reconnaître que c’est un recul au delà de la phase 1 de la feuille de route pourtant signée par Israël en 2003.

 

Que préconisait-elle ?

 

Pendant la phase I, les Palestiniens entreprennent immédiatement de mettre fin de façon inconditionnelle à la violence.


Une telle action doit s'accompagner de mesures de soutien prises par Israël.

Les Palestiniens et les Israéliens reprennent leur coopération en matière de sécurité en se fondant sur le plan de travail Tenet afin de mettre fin à la violence, au terrorisme et à l'incitation à de tels actes en restructurant les services de sécurité palestiniens et en les rendant efficaces.


Les Palestiniens entreprennent des réformes politiques générales en prévision de la création d'un État, notamment en élaborant une Constitution palestinienne et en organisant des élections libres et honnêtes sur la base de ces mesures.


Israël prend toutes les mesures nécessaires pour aider à normaliser la vie des Palestiniens.


Israël se retire des territoires palestiniens qu'il occupe depuis le 28 septembre 2000.


Les deux camps reviennent au statu quo qui existait alors, au fur et à mesure du rétablissement de la sécurité et la coopération.


Israël suspend toutes ses activités quant à la création de colonies de peuplement, conformément au rapport Mitchell.

Si on excepte la bande de Gaza dirigée par le Hamas, il nous semble que la plupart des points incombant au gouvernement palestinien reconnu par la communauté intetrnationale ont été à peu près respectés. Le gouvernement de Mamoud Abbas a donc joué le jeu sans rien recevoir en retour de la part d’Israël.

 

Le fameux quartet (ONU, USA, Russie, Europe) n’a donc pas su trouver les moyens de faire pression sur le gouvernement d’Israël pour qu’il commence à respecter les points de la feuille de route.. Durant les six dernières années, la colonisation en Cisjordanie s’est poursuivie. L’évacuation des colonies de Gaza saluée par tout le monde a été un leurre pour pouvoir mieux coloniser la Cisjordanie et Jerusalem Est.

 

Pourquoi ferait-on confiance au nouveau gouvernement d’Israël qui énonce des conditions encore plus draconniennes qu’il y a six ans ?

Publié dans international

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Enezeneg 18/06/2009 21:10

La suite par l'AFP...

Mais aujourd’hui, c’est l’Agence France Presse, qui en fait état, en rapportant les données publiées par une ONG internationale : Defence for Children international. Israël : un Etat DE-MO-CRA-TIQUE, on vous dit !


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"Israël montré du doigt pour torture

Les mineurs palestiniens détenus par Israël sont systématiquement maltraités, parfois torturés, et privés de procès équitable, a affirmé aujourd’hui l’ONG Defence for Children International.

"Du moment où ils sont arrêtés, les enfants palestiniens subissent de mauvais traitements aux mains des soldats israéliens, policiers et enquêteurs", a affirme DCI dans son rapport annuel.

"L’enfant est douloureusement ligoté, ses yeux sont bandés et il est jeté à l’arrière d’un véhicule militaire sans que l’on sache pourquoi, ni vers où on l’emmène" a ajouté l’ONG.

Lors de leur interrogatoire, les mineurs palestiniens "sont soumis à un certain nombre de techniques prohibées, y compris le recours excessif au bandage des yeux et aux menottes, et ils sont giflés, reçoivent des coups de pied, sont forcés à se tenir dans des positions inconfortables pour des périodes prolongées, placés en isloment et privés de sommeil", selon DCI.

Les mineurs et leur famille font aussi l’objet de "menaces physiques et psychologiques" de la part des autorités israéliennes, selon la même source.

Lors de leur interrogatoire, les mineurs, certains âgés de 12 ans, ne peuvent se faire assister par un avocat ou recevoir des visites familiales, ajoute le rapport.

Selon le texte, entre janvier 2001 et décembre 2006, plus de 600 plaintes ont été déposées contre des enquêteurs pour mauvais traitements ou tortures mais le service concerné au ministère israélien de la Justice "n’a pas mené une seule enquête criminelle".

Les mineurs de Cisjordanie occupée sont en outre jugés par des tribunaux militaires "qui font fi de plusieurs droits garantissant un procès équitable et des principes régissant la justice des mineurs", poursuit le rapport.

"N’ayant pas confiance dans le système et risquant des peines sévères, les enfants finissent par plaider coupable dans 95% des cas, qu’ils aient ou pas commis le délit dont ils sont accusés", affirme DCI.

Les procès durent généralement quelques minutes et souvent les avocats n’ont pas accès au dossier si le parquet militaire décide de classer les preuves comme secrètes.

DCI estime à quelque 700 le nombre de Palestiniens âgés de 12 à 18 ans arrêtés et jugés par des tribunaux militaires israéliens

Sources : AFP du 11/6/09 et CAPJPO-EuroPalestine

Milton Dassier 18/06/2009 22:14


Non très Démocratique car des mots pratiques pour noyer le poisson...


Enezeneg 18/06/2009 21:08

A part rien de neuf mais du côté du Québec ils n'adorent ce gouvernement fasciste...


Ajoutant l’insulte à l’insulte, Israël entrave le travail des enquêteurs des Nations-Unies chargés d’établir si des crimes de guerre ont été commis lors de sa nouvelle offensive contre Gaza, indique Amira Howeidy.


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Amira Howeidy-Al-Ahram-weekly

Israël défie une nouvelle fois les Nations-Unies. Une mission chargée d’enquêter sur la guerre à Gaza n’a pas eu l’autorisation d’entrer en Israël et en Cisjordanie occupée, ce qui a obligé les enquêteurs à limiter leurs travaux à l’intérieur de la bande côtière.

La mission a été créée en avril par le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, avec mandat d’enquêter sur « toutes les violations du droit international relatifs aux droits de l’homme et du droit humanitaire international » qui auraient pu être commises « durant, avant ou après » la guerre d’Israël contre Gaza, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009. La guerre de 22 jours contre Gaza assiégée a tué plus de 1 400 Palestiniens, détruit une part importante de l’infrastructure de la Bande, et elle a été marquée par l’usage du phosphore blanc sur des zones densément peuplées.

Le 12 janvier - après 16 jours de guerre -, le Conseil des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHRC) a adopté une résolution non contraignante accusant Israël de « violations massives des droits de l’homme du peuple palestinien ». Il décidait aussi d’envoyer en « urgence » une mission d’enquête indépendante internationale pour s’enquérir sur les violations présumées. Les conclusions de la mission devraient être présentées à la session du Conseil de mars.


Le juge Richard Goldstone
Loin de l’urgence déclarée pourtant indispensable dans la résolution de janvier, la mission n’a été créée que le 3 avril et a commencé ses travaux le 4 mai. Conduite par le juge qualifié Richard Goldstone, ancien membre de la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud et ancien procureur en chef des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ancienne Yougoslavie, la mission a décidé de se rendre dans les « secteurs concernés », notamment Gaza, la Cisjordanie et le sud d’Israël. Après qu’Israël lui ait refusé l’entrée dans le pays, la mission s’est rendue à Gaza par l’Egypte, du 1er au 5 juin.

Au terme de cette visite de 4 jours, Goldstone s’est déclaré « choqué » par l’ampleur des destructions dans Gaza. Il a refusé tout commentaire sur les conclusions de sa mission, lesquelles devraient être publiées dans un rapport dans les trois mois. Le séjour de la mission ONU à Gaza pourrait être suivi d’autres visites par la suite.

Pour justifier son refus d’autoriser la mission à entrer en Cisjordanie, Tel-Aviv a prétendu que l’UNHRC avait un « parti pris » contre Israël. Cité par le quotidien israélien Ha’aretz, le 5 juin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor dit : « Ils devraient nous appeler le jour où le Conseil des droits de l’homme décide d’une enquête sur les droits de l’homme n’importe où dans le monde, dit-il, comme au Darfour et au Sri Lanka. Après cela, nous pourrions commencer à croire qu’ils ne cherchent pas à cibler Israël. »

Après la guerre sur la bande de Gaza, Amnesty International a accusé Israël de crimes de guerre en raison de bombardements répétés sur des secteurs densément peuplés avec du phosphore blanc. Quand le phosphore atteint la peau humaine, il brûle à travers les muscles jusqu’à l’os. Human Rights Watch avait précédemment accusé Israël de l’emploi d’armes incendiaires, acte non constitutif d’un crime de guerre. Le haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que certaines des actions israéliennes signalées à Gaza pourraient « justifier des poursuites pour crimes de guerre ».

Depuis sa création en 2006, l’UNHRC fait l’objet d’attaques de la part d’Israël pour ses condamnations répétées d’Israël sur ses pratiques contre les Palestiniens et les violations continues du droit humanitaire internationale. De ce fait, le Conseil a sélectionné minutieusement ses rapporteurs. Richard Falk, l’actuel rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, n’est pas seulement un éminent professeur de droit international américain, il est également juif. Goldstone aussi est juif, avec « des liens étroits avec Israël », d’après l’Associated Press.

Le juge Richard Goldstone qui conduit la mission d’enquête sur Gaza.Pourtant, Goldstone et sa mission constituée d’enquêteurs de grande qualité (notamment un professeur de droit international à l’école d’économie de Londres, Christine Chinkin, membre également de la mission d’enquête de haut niveau sur Beit Hanoun, Hina Jilani, avocate à la Cour suprême du Pakistan et membre de la commission d’enquête internationale sur le Darfour, et le colonel Desmond Travers, ancien officier des forces armées irlandaises et membre du conseil d’administration des directeurs de l’Institut d’enquêtes criminelles internationales) ont été refoulés par Israël et se sont vu interdire l’entrée à l’intérieur des frontières d’Israël et dans la Cisjordanie occupée.

« En plus de leurs contributions dans les domaines qui sont les leurs, leur choix par l’UNHRC a une dimension politique, » dit Salah Amer, professeur de droit international à l’université du Caire. Il explique qu’avec le refus de laisser la mission accéder aux sources militaires israéliennes, les enquêteurs de l’UNHRC pourraient bien ne pas obtenir les preuves des violations du droit international humanitaire par des individualités israéliennes, mais « ceci ne sapera pas pour autant la crédibilité de leurs conclusions et de leur rapport définitifs. » En réalité, « Israël ne fait que démontrer qu’il a quelque chose à cacher, » a-t-il déclaré à Al-Ahram Weekly.

L’équipe onusienne a annoncé jeudi qu’elle tiendrait des audiences publiques avec les victimes de la guerre dans le courant de ce mois dans Gaza, et à Genève à la fin du mois. Selon Amer, ces audiences sont une procédure qui permet à l’équipe de s’informer davantage sur l’opinion publique dans Gaza. L’objectif est d’offrir « une sorte de guérison ou de satisfaction aux victimes », comme pour les audiences de la commission Vérité et Réconciliation qui se sont tenues en Afrique du Sud après l’abolition de l’apartheid.

On ne sait pas vraiment quels sont les projets de l’équipe de l’ONU puisque ses membres sont restés silencieux à propos de leur enquête. Selon un rapport de l’Autorité palestinienne du 9 juin, l’équipe a réalisé « une enquête de grande envergure sur les allégations les plus importantes sur la guerre ». Les 15 membres de l’équipe de Goldstone ont rencontré le Hamas et les officiels des Nations-Unies, ils ont recueilli des rapports des groupes palestiniens des droits de l’homme et interviewé des dizaines de survivants.

Mais six mois après le massacre, beaucoup se demandent si la preuve de l’usage du phosphore blanc sur des zones densément peuplées, ou d’armes biologiques et expérimentales par Israël ne sera pas compromise après tant de temps passé. « Pas vraiment, » dit Amer, qui est l’un des experts les plus compétents en matière de droit international d’Egypte. « Il y a des rapports médicaux qui informent sur de tels cas durant la guerre. Il y a les rapports de la médecine légale. Et il y a, bien sûr, les corps des victimes. La preuve est là. »

Les attaques aériennes israéliennes continuent sur le sud de la bande de Gaza en réponse aux attaques de roquettes du Hamas.

Du même auteur :

« Le crime des crimes » - 1° février 2009

Sources : en anglais et en français

traduction : JPP

Milton Dassier 18/06/2009 22:12


Excellent article. Merci