Vendredi 22 mai 5 22 /05 /Mai 16:52

L'affaire des enfants de 6 et 10 ans arrêtés pour un vieux vélo cause beaucoup d'émotion dans le pays.


C'est la deuxième fois qu'une affaire d'arrestation arbitraire et de brutalité policière fait autant parler d'elle. Je veux dire, au point de faire la une du JT de TF1!

La première n'est pas si ancienne, c'est l'arrestation musclée option vaseline de l'ancien directeur de Libération : M. de Philippis.


Et puis comment ne pas penser à la différence de zèle policier entre une plainte pour un délit de fuîte à scooter avec injure, après un accident de la circulation et ce petit vol de vélo?

Aucun policier ne s'était rendu au domicile de l'accusé pour le confondre et vérifier les faits dénoncés par le plaignant. La plainte avait même été égarée plusieurs fois!

Plusieurs années après les faits, la justice tout naturellement l'acquitta, faute de preuve tangible...

Et ce n'était pas un enfant! Enfin si, l'enfant du ministre de l'intérieur de l'époque: un certain Nicolas Sarkozy!


Car, dans cette affaire de vélo volé, les policiers ont été en-dessous de leur mission de protection de l'enfance dont ils sont des acteurs essentiels. Non, ce jour-là, ils ont préféré avec la caution de leur hiérarchie, assurer la haute mission de protection des vélos.

Quitte à se montrer au-dessus des lois.


La loi est formelle : un enfant de moins de 10 ans ne peut pas être arrêté, ou entendu comme témoin. Ce sont les  parents qui sont convoqués. L'enfant ne pourra être entendu en présence des parents et d'un avocat, voire un magistrat nommé par le juge des enfants que si c'est indispensable. Entre 10 et 13 ans, la chose est possible mais, les parents doivent être prévenus, le juge des enfants doit avoir donné son accord, un avocat doit être présent de toutes façons.


Ces conditions n'ont pas été respectées. En fait, elles le sont de moins en moins car ce n'est pas la première fois qu'un enfant est arrêté. Le problème est que, ici, en plus, les enfants ne sont pas coupables de vol qualifié. Dans d'autres affaires, les enfants avaient parfois commis des actes graves, contre des policiers par exemple. Certains pouvaient peut-être alors comprendre un peu le zèle de la police.


Le vélo a été emprunté par l'enfant de 6 ans, qui, sans doute, a encore un jugement très parcellaire de ce qui est bien ou mal, grave ou pas grave. Je pense que nous sommes nombreux quand nous étions de sales mômes à avoir emprunter un jour, qui un vélo, qui un ballon, qui une serviette, qui une raquette qui traînait, le temps d'un trajet, d'un jeu, d'une baignade.

Une bonne réprimande accompagnée d'une paire de baffes de la part de nos parents outrés de nous entendre dire "mais je ne l'ai pas volé, je l'ai trouvé!" et le message du bien et du mal était délivré pour toujours.


Là, les enfants de Floirac ont le sentiment que le mal est habillé en bleu marine. Sera-ce pour toujours?

Rappelez-vous Clichy sous Boisil n'y a pas si longtemps.


D'autres enfants aimaient s'amuser avec un ballon emprunté ou non. Zied et Bouna revenaient d'une partie de football quand ils trouvèrent la mort après avoir croisé la route d'hommes en bleu marine. Le ministre de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy, soucieux de l'honneur de sa police, les décrivit comme des héros partis arrêter des délinquants en train de cambrioler un chantier, petits voleurs qui ne méritaient aucun égard... Toujours aucune sanction envers ces policiers zélés qui laissèrent les gosses brûler vif dans un transformateur EDF!

 

L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.


Jean De La Fontaine (les animaux malades de la peste)

 

Au revoir les enfants !

Par Milton Dassier - Publié dans : justice - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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