Les journalistes de plus en plus fils de pub ?

Publié le par Milton Dassier

Je suis souvent tenté de couper la télé et la radio en ce moment et de ne me référer qu’à Internet pour m’informer le plus objectivement possible.

On vit des évènements là où on les vit et il suffit de constater comment cela devient une information ou non pour comprendre que l’information est biaisée, manipulée, mercantilisée.

Vous voulez une preuve récente de ce que j’avance. Allons-y, c’est par là !

 

Mardi 5 mai, des inondations ont eu lieu en Martinique : 2 morts, 4 blessés, des ponts emportés, des maisons basculant dans des glissements de terrain, des quartiers coupés du monde, 100.000 habitants privés d’eau potable…

La presse nationale fait état de la catastrophe en montrant quelques images de routes inondées mais rien sur les dégâts, les sans abris. Pourtant, ça se passe en France mais si loin !

 

Jeudi 7 mai, tous les journaux télévisés diffusent des images et des reportages de Santa Barbara sous les flammes, pas de mort mais de nombreuses maisons de stars brûlées.

 

Tentant alors de dire qu’un français de Martinique est moins bankable qu’un habitant de Santa Barbara. C’est sans doute vrai mais en réalité, c’est la loi du moindre effort qui prévaut. Les images californiennes coûtaient moins chère, car les télés américaines, en concurrence, vendent leurs images de catastrophe « clichés clés en main » et à des prix « cassés ». Bien plus rentable que de racheter les images martiniquaises aux chaînes locales ou de dépêcher un envoyé spécial à la Martinique.

 

Et puis, il y avait la grippe mexicaine. Une grippe qui n’a fait en tout et pour tout que 53 morts dans le monde… Mais, elle paraissait si menaçante nous diront la bouche en cœur les dirigeants occidentaux. Menaçante pour les compagnies aériennes et les tours opérators. Et puis, c’est divertissant de jouer à faire trembler le quidam déjà effrayé par la dérive du monde d’ajouter la crise sanitaire à la crise financière, économique et sociale. Les pharmaciens se sont mis un peu de beurre dans leurs épinards. En bourse, les actions de l’industrie pharmaceutique ont affichés de belles cotes.

 

Et la grippe mexicaine à la Martinique. Elle n’a pas eu le même succès. Dans un pays où chaque année, les cancers dus au chlordécone, les maladies locales, la dengue et la drépanocytose, font leurs dizaines de morts, une simple grippe, pas plus pandémique que les autres, ne peut absolument pas rivaliser !

 

 

 

 

 

 

Publié dans société

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