Les patrons des Antilles sont-ils des enfants gâtés?

Publié le par Milton Dassier

Depuis quelques jours, ici, aux Antilles, on assiste à une fronde des patrons qui se plaignent avec violence et agressivité d'être empêchés de travailler en Martinique,

et contraints d'appliquer un accord sur les salaires, suicidaire selon eux, en Guadeloupe.


Par leur action, les collectifs des Antilles, LKP en Guadeloupe, Collectif du 5 février en Martinique, ont en fait réussi deux choses essentielles dont plusieurs devraient réjouir les patrons:


D'une part, ils ont obtenu des mesures en faveur des plus démunis, des plus fragiles de la population antillaise qu'on peut consulter ICI et,


d'autre part, ils ont obtenu l'aménagement et l'accélération de la loi pour le développement économique de l'outre-mer qui doit entrer en vigueur, une fois qu'elle sera votée, au milieu de l'année 2009.


Les principales mesures sont de véritables cadeaux aux entreprises des Antilles : exonérations diverses y compris pour les salaires.


Vous pourrez lire le tableau récapitulatif très simple à comprendre de ce projet de loi : ICI


Et ces messieurs du patronnat se plaignent d'être les mal aimés, les bouc-émissaires, les victimes expiatoires des problèmes des Antilles alors que leur échec à développer l'économie des îles est patent ! Ils n'ont jamais fait autre chose que pleurnicher en cas d'ouragan, de grève prolongée, ou de réforme politique qui menace leurs privilèges.


Et ils n'ont jamais rien proposé pour améliorer, réajuster, relancer l'économie des Antilles. Si, des exonérations de charges et des défiscalisations! Ils en avaient déjà pas mal depuis quelques années. Là, avec la nouvelle loi, ils en auront à s'en gaver.


Alors, Messieurs du patronnat guadeloupéen et martiniquais, montrez-nous ce que vous savez faire. Mais, s'il vous plait, pensez aux Antilles un peu plus qu'à votre panse pour une fois, puisque vous prétendez les aimer :

 


Moins d'hypermarchés, et plus de productions qui s'exportent;


Moins de téléphonie mobile et plus de TIC,


Moins de mimétisme marchand occidental et plus de création et d'innovation locales


Moins de monocultures chlordéconées et plus d'agriculture biologique,


Moins de constructions pour riches métropolitains qui défiscalisent et plus de logements accessibles à tous...

Publié dans économie

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