Samedi 14 février 6 14 /02 /Fév 15:28

Cela bouge à vitesse grand V autour des Antilles !


La presse française consacre ses unes aux "conflits" antillais, ayant bien compris qu'un terrible bras de fer se joue là-bas. La Réunion affute ses poings et se prépare à entrer surle ring. Une partie qui pourrait voir le gouvernement et les patrons des "îles" perdre beaucoup de plumes.

Car, il est évident qu'en grande partie responsable de cette dérive insurrectionnelle, l'état français, aujourd'hui se montre tout simplement lâche.


Au nom de l'état, Jego avait pris en main les négociations, en déclarant être du côté des antillais, s'était engagé verbalement sur tous les points de revendications et, au dernier moment, s'était désolidarisé du peuple antillais sur ordre de Fillon. Et depuis lors, il "administre" depuis Paris, bref, l'état récidive dans ce qu'il a toujours fait : gérer de loin les antilles comme un coach parti dans les tribunes du stade. Sauf que le coach n'est plus écouté par l'ensemble des joueurs...


C'est pour cela que le LKP tente de placer l'état face à ses responsabilité. On pourrait dire que, finalement, un état moins prédominant, c'est plutôt bien. Les dés sont pipés, le niveau de responsabilité des élus locaux n'est pas suffisant pour permettre de se passer de l'état. La départementalisation trouve ici ses limites.

En Martinique, même chose, le président de la région, Alfred Marie-Jeanne, ancien syndicaliste et classé à l'extrème-gauche, joue pleinement son rôle de soutien aux grévistes tout en reconnaissant avoir peu de possibilités d'action politique.


Il a fait une déclaration hier soir, à Fort de France, dans laquelle il soulignait que la population était à bout et qu'un risque sanitaire existait de par les difficultés d'approvisionnement, le non ramassage des déchets et ordures, l'impossibilité pour les hopitaux de fonctionner dans leurs missions les plus élémentaires, l'isolement des personnes fragiles n'ayant plus accès à rien. Il demandait solennellement aux patrons de prendre leurs responsabilités au lieu de chipoter des heures sur une liste de produits de première nécessité (habilement, les patrons en avait fait une liste d'articles et non de produits..) et exortait le collectif à alléger le mouvement pour que les gens les plus démunis en bavent moins. Il partait du principe qu'à partir du moment où un acquis sur les prix est acté dans un secteur, il le sera dans d'autres secteurs d'autant mieux si la population revigorée reste mobilisée.


Les populations souffrent au point parfois d'en vouloir aux collectifs qui ont durci le mouvement à l'extrème. Néanmoins, pour l'instant, elles continuent de penser qu'il faut en passer par là. Les collectifs l'ont plus ou moins compris et tentent d'adoucir les conséquence des blocages sur la population. Anarchie douce disais-je hier, toujours le cas aujourd'hui.


Si les populations sont prêtes à souffrir jusqu'à ce point, c'est qu'au delà du concret des revendications, elles ont le sentiment de prendre leur revanche sur un état qui les a abandonnés, qui a renoncé à son rôle républicain.


On ne parle pas ici d'argent, d'aides ou de sécurité sociale. Les lois existent, elles sont en théorie les mêmes qu'en métropole.


On parle plutôt d'un système d'inégalités qui veut qu'avec moins d'état impliqué dans l'économie et dans l'application des lois républicaines, ce sont les plus forts et les plus gros qui font la pluie et le beau temps.

Les Antilles, sont le pays des dérogations et de la démission de l'état.


- Aux Antilles, il y a plus de pharmacies par tête d'habitant qu'ailleurs (150 pour 1000km² et 400.000ha en martinique)


- Aux Antilles, les tarifs des médecins sont plus chers qu'ailleurs (24,20€ contre 22€ en métropole), cette différence de 10% n'est pas remboursée par les organismes d'assurance-maladie. Par contre, les autres tarifs de consultation (kinés, infirmières..etc), eux, sont identiques, à ceux de la métropole...


- La surmarge de 13% autorisée pour les pharmaciens sur les médicaments n'est pas remboursée par les organismes d'assurance-maladie.


- Le mode de calcul des assurances est le même depuis 25 ans, époque où le réseau routier n'était pas au niveau de celui de la métropole. Aujourd'hui, il l'est, mais les assurances non. Par exemple, une Twingo coûte 200€ plus cher par an à assurer.

 

L'état ne joue pas son rôle de régulateur économique. L'exemple du foncier est particulièrement criant. Les différentes lois sur la défiscalisation ont dopé la construction de logement mais avec des effets pervers qui ont abouti à l'exclusion de fait des petites gens et même des classes moyennes des Antilles pour l'accession à la propriété. La défiscalisation permet à l'acheteur d'un bien immobiliser d'avoir de belles réductions d'impôts pendant quelques années. Elle a profondément perturbé le marché de l'immobilier aux Antilles et à la Réunion.

En voilà les raisons:


L'économie d'impôt réalisée est répercutée par les promoteurs, le plus souvent métropolitains, dans le calcul des prix du terrain ou du logement. D'où une augmentation des prix à la vente mais aussi à la location. Le prix de vente au mètre carré est d'environ 2500€. Aujourd'hui, les loyers libres aux Antilles sont comparables à ceux d'une ville moyenne de la région parisienne comme Meaux ou Pontoise. Un F3 de 70m² se loue 800€ par mois. En matière de logement social, si les communes de Martinique faisaient comme leurs homologues de métropole qui n'appliquent pas la loi SRU, la situation serait catastrophique.

Autre effet pervers, l'offre étant limitée, les prix du foncier bâti augmentent aussi à cause de la demande en provenance de métropole d'acheteurs plus ou moins fortunés, plus intéressés par la niche fiscale que le développement des DOM. En effet, on évalue à 16.000 € par an sur 5 ou 6 ans, l'économie fiscale réalisée pour un achat d'un appartement neuf de 100m² aux Antilles qui sera loué de toutes façons à... des antillais. Il y aurait, selon le ministère des finances, 14.000 foyers fiscaux en France qui bénéficieraient de 60.000€ de réduction par an grâce à la défiscalisation anx Antilles!


Les békés ont pourri la terre agricole au chlordécone, les antillais sont obligés de payer des loyers du niveau de la région parisienne ou de s'endetter dans des banques trop chères pour acheter des logements construits au départ pour la réduction d'impôts des personnes les plus riches en France.


Où est la justice républicaine qui protège les plus faibles?


Que veut dire le mot égalité aux Antilles dans la devise de la république française?


Les antillais, les guyanais, les réunionnais, français à part entière ou entièrement à part?

Par Milton Dassier - Publié dans : économie - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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