Risque d'essoufflement aux Antilles ?

Publié le par Milton Dassier

Après plus de trois semaines de grève générale en Guadeloupe et une semaine en Martinique, une douce anarchie commence à s'installer, douce mais avec ses excès. Au départ, il est incontestable que le peuple tout entier est derrière ses collectifs. C'est ce qui fait la force de ces mouvements.

Des couacs avaient été notés car peut-être, on ne se doutait pas que mener un tel mouvement impliquait une pénurie de tout et nécessitait une organisation sans faille pour ne pas faire trop souffrir les populations. Il est certain que l'administration de l'état a peut-être joué avec ce gaz-là pour provoquer un pourrissement progressif, à petit feu.

En Martinique comme en Guadeloupe, l'approvisionnement en carburants laisse craindre des dérapages que ce soit aux abords des stations-service ou ailleurs. Indiscipline, incivilités voire menaces contre les pompistes qui n'y sont pour rien; vols de carburant, syphonnages de réservoir, marché noir et même demande d'argent aux auto-stoppeurs pour les véhiculer!


En Martinique, des gens au réservoir complètement à sec dorment dans leur voiture aux abords des stations-services. Certains n'ont pas pu aller voir qui, leur vieille mère; qui, leur bétail; ou apporter des médicaments à un proche malade. Des infirmières peinent à assurer leur tournée au domicile de leurs patients.


Les profiteurs de crise sont aussi là et bien là en revendant les quelques produits alimentaires qui leur restent à des prix exorbitants ce qui a provoqué des incidents heureusement sans gravité, hier.


Si on ajoute à cela, les tentatives corporatistes de certaines professions pour imposer leurs revendications et l'approche léniniste radicale teintée de xénophobie de certains individus anonymes alors on peut craindre que le formidable mouvement ne montre des signes d''essoufflement.


Tout cela demande énormément de prudence...

Car tout est possible, y compris la désinformation pour manipuler les uns contre les autres et ainsi diviser un mouvement dont le consensus constitue la force principale.


Par exemple, des "collectifs" d'artisans, de camionneurs qui craignent de devoir augmenter les salaires de leur personnels et baisser leurs prix entendent faire passer leurs revendications d'exonération de charges, de gazole "professionnel" en pesant eux aussi sur la circulation des biens et des personnes.

Sincères ou téléguidés?


D'après certains, il faudrait se débarrasser des békés mais aussi des zoreys, de certains métis, libanais, juifs et chinois trop riches à leurs yeux et rester entre "antillais". Le coup des boucs-émissaires est vieux comme le monde mais ça marche toujours!

Vérité ou manipulation?


Ne pas oublier que beaucoup de gens soutiennent ce mouvement avec enthousiasme uniquement pour le pouvoir d'achat, c'est à dire la baisse des prix et l'augmentation des salaires et sont conscients que les excès des monopoles et les abus de certaines entreprises en sont à l'origine. Les collectifs ont donc à administrer, à gérer concrètement la crise et la pénurie avec efficacité et justice tout en soignant leurs revendications et leur argumentation dans des négociations très difficiles.

Il lui faudra avoir de l'imagination. Je fais d'ailleurs une suggestion: assouplir de façon ciblée l'étau dans la rue, sur les lieux de travail ou d'approvisionnement dés lors qu'une avancée est réalisée, durcir de la même façon dés qu'un recul, un refus de lapartie adverse vient pourrir les négociations.


L'état, lui, a joué la carte de la bienveillance en espérant de la gratitude, celle qu'on réserve au protecteur. Cela n'a pas marché, la mayonnaise paternaliste n'a pas pris dans la population sauf chez certains élus..

Voilà pourquoi, l'état se met sur le côté et fait mine de compter les points.Il sait parfaitement que la balle est du côté des collectifs et que leur crédibilité pourrait bientôt être entamée si la population ne tient plus le coup et se divise...

Publié dans anticolonialisme

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very t 15/02/2009 10:58

ce ne sont pas les chiffres donnés publiquement ! Et puis tu confonds multinationales et concession béké monopole !

Milton Dassier 15/02/2009 13:50


Dans l'article, il n'y a aucun chiffre. Alors, je ne sais pas de quoi tu parles. Je ne parle pas non plus des multinationales et des monopoles. Trop de bières hier soir?


Vent du large 13/02/2009 20:41

Les békés ne sont pas l'unique source de problèmes aux Antilles. Leurs monopoles ne sont plus ni aussi puissants ni aussi étendus qu'ils ne l'étaient dans le passé. Ils ont dû vendre beaucoup de leurs terres et larguer des pans de leurs industries.

Les Français de Métropole, les noirs et autres métis, les Chinois, les Indiens et les Syriens sont des acteurs de poids dans l'économie antillaise et se sucrent tout autant sur le dos de la population. Seulement, voilà: il est plus facile d'accuser les Békés car ils sont les descendants des colons esclavagistes et que la rancune ancestrale est tenace !!!

Les problèmes que l'on rencontre aux Antilles à cause des Békés sont les mêmes problèmes que l'on rencontre dans le monde entiers au sein des relations patrons-salariés où les patrons ne veulent rien lâcher et les salariés veulent plus de considération et de meilleurs salaires (ce qui est tout à fait compréhensible). Ce n'est pas une question de couleur de peau, c'est une question de classe.

En France les patrons ne sont pas différents des patrons békés des Antilles !!

Milton Dassier 15/02/2009 13:56


On vous l'a dit et redit. Tout est issu de l'économie de plantation qui a évolué vers un marché captif.  Et ici, la classe se confond avec la race. C'est revendiqué par les
békés eux-mêmes qui aiment l'argent des noirs mais pas leur sang. Car les enfants békés ne se mélangent pas avec les enfants des patrons noirs, chinois, métis..etc, seulement avec des blancs.


very t 13/02/2009 17:21

c est le moment de faire un mea culpa pour ce que tu avais dit des békés contre dieudonné puisque aujourd hui on voit qu il avait raison !

Milton Dassier 13/02/2009 19:29


Dieudonné avait raison sur quoi? Il avait dit que les békés possédaient 90% de l'économie de l'île, or il ne s'agit que de 20%. Il avait dit qu'il s'agissait de 90% des terres, or il ne s'agit que
de 60% des terres agricoles. C'est vrai, c'est encore trop. Mais se focaliser sur quelques familles békés, c'est oublier le rôle de certaines multinationales métropolitaines qui font comme elles le
veulent aussi (Total pour les carburants, la CMA-CGM pour le fret maritime, Ait France pour le fret aérien, France-Télécom, le gaz, l'eau, les loyers..etc). Ce qu'il faut, ce sont des organismes de
controle et de contre-pouvoir économique avec des mandataires issus des élus ou de la société civile. Ce qu'il faut, c'est un plus grand pouvoir des élus et de quoi les controler. Et il faut que
l'état arrête de favoriser les gros monopoles en fermant les yeux... Dieudonné avait dit ça aussi?