Guadeloupe: Jégo reconnait les dérives de l'économie

Publié le par Milton Dassier

Jégo a rencontré hier soir les membres du LKP, le collectif qui mène la révolution orange, calme et sereine en Guadeloupe. Je dis révolution car, un mouvement qui dure depuis plus de deux semaines et paralyse toute l'activité de l'île est comparable aux débuts d'une révolution. La grande classe des guadeloupéens, c'est de faire en sorte que rien, ni personne ne se risque à la provocation. Le dignité est au rendez-vous et c'est ce qui fait la solidité de cette belle unanimité.

Un certain nombre de faits qui ferait bondir n'importe quel défenseur d'un capitalisme sain respectant des propres règles a fait sursauter Yves Jego. Apparemment, il n'était pas au courant...

Car en Guadeloupe, comme dans les autres DOM, l'économie libérale se vautre dans ses pires vices: situations de monopole, trucages en tout genre, opacité des comptes.

Jego a bien été obligé de le souligner et cela est déjà une deuxième victoire pour le LKP après les mesures annoncées dés l'arrivée du secrétaire d'état à l'Outre-Mer: baisse des prix de 10%, enquêtes sur les prix, gel des loyers dans les HLM ..etc.

Voici ce qu'il déclaré hier et qui en dit long sur l'état de la Guadeloupe:

« J'ai besoin de comprendre pourquoi quand on a 89 ans et qu'on perçoit 600 euros de retraite, on doit payer une facture d'eau de 389 euros.
J'ai besoin de comprendre pourquoi un produit essentiel à l'agriculture augmente de 170% en un mois.
J'ai besoin de comprendre pourquoi le prix du mètre cube d'eau est aussi cher ici. En moyenne 3,61 euros, alors qu'il y a 110 millions d'argent public investis au cours des années dans les sociétés d'eau.
J'ai besoin de comprendre (et c'est une des clés des difficultés de la Guadeloupe), pourquoi un conteneur de marchandises de 20 pieds qui transporte des produits entre l'Asie et l'Europe est facturé 500 euros et pourquoi avec la même société, le même conteneur acheminé en Guadeloupe est facturé 2 500 euros ?"
Reconnaissons que Yves Jego a bien pris la mesure de la gravité de la situation car si on ne faisait rien, si on n'y répondait que par de belles déclarations sans effets notables, il est certain que les guadeloupéens passeraient à d'autres modes d'action. Pour l'instant, les deux parties ont choisi de rester en dehors de toute considération politicienne car pour la première fois, en Guadeloupe, on fait de la politique, la vraie, celle qui s'occupe de l'intérêt général.

Publié dans social

Commenter cet article

Pierre 06/02/2009 00:46

Enfin... quelqu'un parle vrai.
Merci pour votre analyse.
cela dure depuis trop longtemps et c'est les pauvres qui trinquent.
nous sommes et nous resteront un peuple digne et vigilant.

Allain Jules 05/02/2009 23:26

Salut Milton,

Très lu, même sur Vendredi

http://netreader.vendredi.info/?debut_articlesTous=20#pagination_articlesTous

Milton Dassier 06/02/2009 13:40



Merci Allain-Jules pour l'info