Pas de grève de la médiocrité dans les médias!

Publié le par Milton Dassier

Il n'y a pas si longtemps, j'ai appris que le mot "média" était lié à celui de médiat qui signifie "agir de façon indirecte", le contraire du mot 'immédiat" qui lui signifie "soudain, direct".
Le langage, la pensée sont les facultés mentales qui permettent de prendre une distance, du recul pour apprécier et comprendre la réalité même si bien dans des cas, elle est recréé dans notre monde mental.
Donc média est en rapport avec la prise de sens lié au recul nécessaire à la réflexion.

Les média interviennent grâce à des intermédiaires qui rapportent des informations recueillies au cours d'un évènement. Son immédiateté est alors théoriquement mise de côté pour une meilleure prise de sens.

Evènement, voilà bien la fonction des médias. Tout doit être évènement pour vendre du papier et des encarts publicitaires. L'évènement doit donc être vécu en direct donc de façon immédiate pour mériter un intérêt pour des consommateurs toujours plus avides d'infos. Internet, télés, radios, téléphones portables, presse écrite.. Cela fait du monde à fournir et des publicitaires à ravir...

Là, on a fait très fort. Alors que la grève d'aujourd'hui n'était pas commencée, les médias faisaient dans la pro-action immédiate avec des titres sur une pagaille annoncée : "Jeudi noir", "Galère dans les transports", "le grand blocage" avec des articles de fonds où par une information précédant l'évènement, on suggérait déjà un renforcement des sanctions contre les grévistes irresponsables, des restrictions supplémentaires au droit de grève, une pénalisation des actes liés à une grève. Tout ça c'était mercredi ! On a donc inventé mieux que le direct live, le direct antidaté.  Elizabeth Tessier ou Paca Rabanne doivent bien se marrer!

"Eh oui, je suis en direct de la gare St-Lazare où la grève aura lieu demain, une grande pagaille et déjà des signes de nervosité des voyageurs qui comme d'habitude en auront pour leur frais en en étant les otages involontaires. " J'invente à peine...

Les journalistes se prendaient-ils pour des météorologues avertis quand ils nous maraboutent leurs infos inquiétantes? Dans ce cas, aidons les à redescendre de leurs nuages de suffisance.

Et puis, aujourd'hui, on se rend compte que la mobilisation a été forte comme l'avaient prédit les syndicats et finalement les perturbations n'entraînèrent pas la fameuse pagaille annoncée y compris dans les transports.

Les choses sont donc claires et confirment ce que beaucoup redoutaient: les médias marchands n'obéissent pas aux lois des évènements qu'elle se chargent de couvrir mais à des critères de psychologie sociale, de psychologie des masses, de communication de masse. Dans un acte de communication authentique basée sur le respect des interlocuteurs, on entre dans une coopération qui, elle-même, entraîne la nécessité d'une éthique. C'est théorique mais la démocratie c'est cela. L'éthique des médias marchands  a disparu ne serait-ce que parce qu' ils se sont arrogés une position oligarchique, ils appellent ça le "quatrième pouvoir" et se donnent le droit de choisir la façon la plus profitable pour eux-mêmes de rapporter les informations. Vendre en ciblant son public voire en le manipulant tout en  restant solidaires d'un système qui sert si bien leur vanité et leur pouvoir.

Publié dans société

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