Le Post-Scriptum du PS ?

Publié le par Milton Dassier

Triste, vraiment triste ce qui se passe au PS. Déchirements grinçants qui annoncent une rupture, un effondrement. Le PS est victime de lui-même. Après la monarchie miterrandienne, il a fonctionné comme si le pouvoir lui revenait de droit, alternance oblige.

 

Le laboratoire des idées qu’il avait pu être il y a 25-30 ans a cessé d’être depuis longtemps.

Oui, il y a 25 ans, de belles idées étaient étudiées par la gauche dans laquelle le PS essayait d’apparaître comme une force de proposition, un marche-pied vers la modernité. Les liens avec le mouvement associatif ajoutaient à cette assise populaire et permettait de faire remonter le pouls du pays profond. Et les idées, il y en avait :

 

On parlait de vote des immigrés aux élections locales, de féminisme, d’écologie, de promotion de la culture populaire et des cultures régionales, de décentralisation, de logement pour tous, d’éducation, d’universités, de droit des accusés, de règles de déontologie pour les policiers, d’un meilleur accès à tous les soins pour la population, la CMU était à l’étude, le RMI presque sur les rails. On étudiait un nouveau système de retraite à la carte, une formation continue professionnelle plus adaptée, on envisageait une immigration limitée mais accueillante, on construisait l’Europe.

 

C’était le temps des fleurs, le temps des roses. Face à ce foisonnement intellectuel, la droite était décrite comme frileuse, conservatrice, souverainiste, repliée, tout sauf moderne, juste bonne à gagner des élections mais sans projet de société à long-terme.

 

Le PS avait bien des défauts mais sa volonté de faire évoluer la société française pouvait amener les plus à gauche à voter pour lui, disons par défaut, avec l’espoir de pouvoir peser. Le centre-droit pouvait se servir de certaines de ses idées pour, lui, peser sur la droite en mal de propositions.

 

Et puis, petit à petit, le PS a débauché ses ambitions. Il les a mis au placard, le temps d’humer le vent de l’opinion. Il a vieilli, n’a pas senti que la population française changeait, vieillissait, se colorait. Il s’est laissé prendre au piège de la médiatisation qui veut qu’on parle proprement au lieu de parler avec sincérité. Donc, finis les coups de gueule, les paroles d’espoir et les références à Jaurès, Blum, Mendès-France et les anti-colonialistes; ceux qui les lançaient naguère préféraient flatter leur narcissisme en paradant à la télévision. Ils n’étaient plus au PS mais dans l’illusion d’être des hommes d’état au-dessus de tout, bientôt si hauts qu’on n’attendait plus que leur chute.

 

La chute est en train de se produire. D’abord en cédant aux sirènes de leur vanité, certains en rejoignant cette droite qu’ils avaient tant décriée, d’autres en s’étripant à coup de communiqués et d’interviews. Manœuvres, embuscades, élections internes plus ou moins truquées. Tout est bon pour être à la tête du parti. Les coups pleuvent au PS et la France recule. Le sang coule au PS et la France se pince ne nez. Ce n’est jamais beau de voir des gens perdre leur sang-froid et se battre juste pour se faire mal.

 

A l’abri d’une UMP soumise à son chef, un homme sourit d’aise, c’est Sarkozy !

 

 

 

Publié dans politique

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