Banquier spéculateur ou anar saboteur: qui est le plus criminel?

Publié le par Milton Dassier

 

 

A propos des sabotages SNCF, il semblerait qu’on ne nous dise pas toute la vérité. La ministre de l’intérieur et la presse aux ordres se sont dépêchés de crier victoire et d’appeler à se méfier du nouveau grand méchant loup. Eh oui ! Après le fasciste brun puis l’islamofasciste vert, une nouvelle couleur de drapeau doit faire peur aux français, le drapeau noir de l’anarchiste autonome. Apparemment, à ce stade de l’enquête, les preuves manquent et les suspects des actes de terrorisme, selon la dénomination policière, se montrent peu coopératifs.

 

Toute la France se demande quelles étaient les motivations de ces militants. Saboter des lignes SNCF, c’est en quelque sorte empêcher le bon peuple d’en bas de vaquer à ses activités, c’est ce qu’on entend un peu partout. Et saboter les finances du monde au point d’obliger des pays, en voie de développement sans corruption et avec une gestion saine, à emprunter au FMI qu'est-ce que c'est ?

 

D’autres affirment que ces opérations s’inspiraient de celles de Greenpeace pour leur côté spectaculaire et dangereux et que ces anars préparaient certainement autre chose, peut-être des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires. D’autres encore parlent d’actes de désespoir de la part de gens, des fils de bourgeois pour la plupart, qui ont choisi de vivre en marge, en autarcie dans une sorte d’autisme politique.

 

Supputations faciles, recherche de cohérence, de sens face à ce que beaucoup appellent une incompréhension. Pourtant, les témoignages de ceux qui ont croisé ces personnes dans la vie de tous les jours montrent tout le contraire : ils participaient à la vie de la commune, certains étaient commerçants, jouaient aux boules avec les gens de leur village dans lequel ils étaient appréciés. Mais comme on considère qu'un délit ou un crime ne peut être le fait que d'une crapule, on n'imagine plus une seconde que la désobéissance civile et le sabotage puissent constituer un moyen ou de se faire entendre ou de lutter contre un état policier. Pourtant en 1942 dans une bonne partie de l'Europe... Pourtant en 1985 en Afrique du Sud..Pourtant en 2008 en Palestine... N'oublions jamais que le mot terroriste a été inventé par des dictateurs...

 

On a retrouvé à Tarnac, chez un de ces militants, un bréviaire anarchiste : « l’insurrection qui vient » publié aux éditions « la fabrique »

http://www.lafabrique.com

 

Voici ce que dit le pitch du livre tel qu’on le trouve sur le site de l’éditeur :

Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l’« économie non autistique » - qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles d’une « solution » ou, à défaut, d’une « gestion ». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. L’insurrection qui vient tâche d’arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu’elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s’élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l’époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l’ordre existant. Et l’enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d’exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de rabâcher que « l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement des forces de police.

 

On peut voir ainsi que la désinformation sarkozienne est déjà à l’œuvre. Il s’agit d’emblée de diaboliser ceux qui ont choisi une approche idéaliste, héroïque et sacrificielle de la politique et qui se sont laissé avoir par une police suréquipée aux effectifs pléthoriques ; piégés, d’une certaine façon comme un certain Guy Moquet, communiste et idéaliste qui voulait résister à sa manière à un état policier sous la coupe des nazis allemands mais aussi français…

Pour cela, ils ne méritent pas l’opprobre officiel. On peut discuter à l’infini et remettre en cause la méthode mais pas les idéaux qui les animent.

Rien à voir avec des banquiers spéculateurs qui viennent de saboter l’économie mondiale, générant encore plus de précarité, de chômage, de famines, de conflits armés tout ça pour se faire juste un peu plus de fric et qui s’en sortent impunis…

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