Barak Obama soufflera-t-il le vent du changement ?

Publié le par Milton Dassier

Alors ça y est ! Il a gagné. Barak Obama a triomphé de son adversaire John Mac Cain en remportant l’élection présidentielle américaine.

 Bien entendu, je m’en réjouis car je fais partie de ceux qui dés le début, avaient décidé de soutenir la candidature d’Obama. Cela dit sans me faire trop d’illusions sur l’attitude des USA sur certains grands dossiers décisifs.

 Disons que le peuple américain a su montrer qu’il était pragmatique et ouvert non pas à la diversité comme on pourrait nous le faire croire mais à l’efficacité et à la modernité.  La vague était énorme, les risques étaient grands de perdre l’équilibre et tomber dans le rouleau mais, natif d’Hawaï, Obama a surmonté le défi.

 Choisir un président des USA, c’est comme trouver un job, il faut un bon curriculum vitae, une expérience professionnelle ciblée et des motivations clairement exprimées en fonction de l’entreprise qu’on souhaite intégrer. Le reste, c’est de la communication. Une communication qui oblige aux louvoiements pour n’oublier personne sans perdre l’essentiel. Notamment en faisant de la diversité ethnique un problème essentiel à résoudre pour la cohésion de la nation mais en transcendant les communautarismes ce qui veut dire en présentant sans étendard.

 Finalement, cette victoire est celle de la communauté noire mais surtout celle de tous ceux qui défendent la mixité sociale et ethnique pas seulement comme une nécessité politique mais aussi en la vivant dans leur chair ou leur vie. Quoi de mieux qu’un métis authentique élevé en partie à l’étranger et qui a reçu deux enseignements religieux pour comprendre les sentiments racistes des uns et les revendications identitaires des autres.

 Pour que le racisme disparaisse, il faudra que l’égalité des droits et des chances soit réelle et complète. Il faudra aussi trouver le juste équilibre entre l’affirmation identitaire qui permet de se construire un itinéraire de mémoire à travers la culture et l’histoire, et le rassemblement autour de l’idée de nation, de citoyenneté.

C’est en cela qu’Obama suscite un grand espoir. Car il aura le pouvoir de mettre en œuvre ce projet tel qu’il l’a défini lors du fameux
discours de Philadelphie, un projet qui n’exclut personne et invite au dialogue, à l’éducation.

Un discours pas très éloigné de grands penseurs comme Aimé Césaire qui, au-delà de la négritude, voyait la nécessité de penser l’identité et l’altérité pour construire la fraternité.

Si l’œuvre politique d’Obama doit être celle-ci alors c’est toute l’humanité qui, peut-être progressera.

Avec cette élection, l’Europe apparaît à nouveau comme l’ancien monde enlisé dans des conservatismes dont certains ont été importés des USA de Georges Bush père et fils. Des pays européens tout juste bons à crier des vivas et espérer encore prospérer dans le sillage des Etats-Unis renforcés par cette victoire, celle d’un homme jeune, talentueux aux idées nouvelles mais attaché à la suprématie de son pays capable, bientôt peut-être, de se rassembler.

 

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