Nicolas Sarkozy veut faire interdire une poupée en carton à son effigie

Publié le par Milton Dassier

Faites vite ! Bientôt, vous ne trouverez plus cet ouvrage dans les librairies françaises.

Oui, les fameuses poupées vaudou dont toute la presse parle en rapportant que Nicolas Sarkozy veut les faire retirer de la vente, ne sont qu'un petit cadeau accompagnant un livre plein d'humour : "Nicolas Sarkozy: Le manuel du Vaudou" de Yaël Rolognese aux éditions K&B. Cliquez sur l'image pour le voir en plus grand.

Le chef de l'Etat a décidé de l'assigner en justice pour "violation du droit à l'image" et demande "la cessation de la diffusion de la poupée", sous astreinte de 1.000 euros par infraction.

La maison d'édition a jugé le retrait de la vente exigé par M. Sarkozy "totalement disproportionné compte tenu de l'aspect ludique et humoristique du Manuel", dans un communiqué.

Outre un manuel contenant une biographie humoristique du président, sur les poupées représentant M. Sarkozy figurent des inscriptions qui font référence à des épisodes ou des formules controversés de son parcours politique telles que l'un des leitmotiv de sa campagne, "Travailler plus pour gagner plus", raillé par certains détracteurs alors que le chômage augmente en France.

Y figurent également le mot "racaille" dont M. Sarkozy avait qualifié des jeunes de banlieues défavorisées, ou encore le "Casse-toi pauv'con" lancé à un homme qui avait refusé de lui serrer la main lors d'une visite à une exposition agricole.

Sur celles de Ségolène Royal sont notamment inscrits "Vive le Québec libre" ou "Justice chinoise", allusions à des déclarations controversées de la socialiste sur la "souveraineté" de la province canadienne ou sur la "rapidité" de la justice chinoise.

M. Sarkozy reproche à l'éditeur d'"avoir diffusé, sans son autorisation, et à des fins commerciales, une poupée vaudou à son effigie".

Au vu de l'assignation consultée par l'AFP, son avocat devrait arguer qu'une telle pratique "ne participe pas à l'existence de la liberté d'expression" et "n'est justifiée par aucun motif légitime d'information du public

".

 

On ne sait pas si l'assignation en justice décidée par Nicolas Sarkozy ne concerne que les poupées ou l'ouvrage.

Dans les deux cas, on devine l'abus de pouvoir, la lettre de cachet, le privilège du prince. S'il s'agit de la poupée, cela veut dire qu'on prend un jeu, une caricature au premier degré comme si le fait de planter des aiguilles dans une poupée n'était pas qu'un défouloir amusant et caricatural mais un désir inconscient de meurtre.

S'il s'agit de l'ouvrage et de son cadeau, alors on est dans l'atteinte à la liberté d'expression.

On le voit donc, le droit à la caricature est fortement menacé depuis le sketch controversé de Dieudonné sur un colon israélien fasciste. On profère un double discours sur la sacro sainte liberté d'expression et le droit à la caricature comme lors de l'affaire des caricarures de Mahomet et en réalité, on agit comme si la caricature n'était que tolérée.

 Je préfère l'excès de caricature à l'excès de censure. Nicolas Sarkozy (2007)

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buny 23/10/2008 20:56

Votre papier est très limitatif car il sous entend que le président est une personne rationnelle ....Le président ainsi que son opposante ont peut être des aspects cachés de leur personnalité qui leur font réagir ainsi. Ils ne seraient pas d'ailleurs les seuls chefs d'état ou prétendants à agir de la sorte en face d'une situation identique avec plus ou moins de discrétion. La politique a de ces mystères...

Milton Dassier 23/10/2008 22:52


Son opposante n'a pas porté plainte, je crois qu'elle suffisament vécu à l'étranger dans des cultures différentes pour avoir un bon sens del'humour et une certaine compréhension vis-à-vis de
certaines formes de pensée.