Hamé relaxé, Sarkozy débouté; la démocratie n’est pas sauvée !

Publié le par Milton Dassier

Il ne faut pas trembler pour maintenir la balance. Et résister aux coups de coudes des ministres ! Sinon, ça penche et beaucoup tombent, surtout nous en général !

Hamé relaxé ! Relax les flics, il n’y a que la vérité qui blesse.

Des bonnes nouvelles comme ça, il n’y en a pas tous les jours.

Alors chantons ou plutôt toastons sans petits fours sur la relaxe d’Hamé et de son groupe « La Rumeur ». Un homme droit dans ses bottes qui a su résister à cinq années de procédure liberticide visant à le destituer de sa liberté de conscience et donc perdre la notre.

 

Knock out !

 

Hamé a tenu son cap, il a fait acte de résistance en ne cédant pas aux pressions et aux procès à répétition, initiés par Nicolas Sarkozy qui essuie ainsi un camouflet de taille.

Oui, pour une fois, le pot de terre gagne par KO contre le pot de fer à la cinquième reprise.

Un formidable espoir pour ceux qui se battent pour leur liberté d’expression car si on n’y prend garde, il ne sera plus possible, dans ce pays, de critiquer la police, le chef de l’état et ses représentants, la ministre de la justice, Israël sans se voir accuser ici d’outrage, là d’injures, ou encore d’antisémitisme.

 

A la poursuite des récalcitrants

 

Cette victoire ne doit pas nous voiler la face. L’idée des puissances d’état et de leurs officines agrées est de poursuivre systématiquement, histoire de dégoûter, histoire de faire peur, de montrer ses muscles aux pauvres quidams que nous sommes.

 

Des poursuites pour outrage, il y en a plein. Que ce soit cet homme plein d’humour qui, malgré les gendarmes qui le ceinturent, réussit à sortir une pancarte intitulée « Casse-toi, pov’ con ! »  sur le passage de la voiture de Nicolas Sarkozy. Ou encore cette femme qui traite un préfet trop zélé dans les rafles des sans-papier, de « facho » ou tous ces hommes qui sont attaqués en justice pour avoir fait leur devoir de citoyen en protestant contre les contrôles de police au faciès et les arrestations arbitraires.

 

On confond trop souvent le point de vue, l’opinion d’une personne avec l’insulte. Critiquer, dire du mal, ce serait insulter. Dans ce cas, votre voisin à qui vous reprochez d’être trop bruyant pourrait vous attaquer pour diffamation. Mais pareillement, Nicolas Sarkozy pourrait être attaqué pour diffamation envers les musulmans quand, en plein débat télévisé de la campagne présidentielle, il a parlé des « moutons égorgés dans la baignoire ». Il pourrait l’être aussi pour avoir traité Zied et Bouna de voleurs…

 

Des policiers bien formés... en électricité

 

D’ailleurs, la justice, si prompte à statuer sur les demandes des ministres et organisations non gouvernementales - mais un peu quand même - ne montre aucun zèle sur le dossier de ce qui apparaît comme un infanticide par négligence avec circonstances aggravantes. Laisser deux enfants mourir dans un transformateur EDF en toute connaissance de cause sur le danger de la situation sans tenter immédiatement de faire couper l’électricité, ça s’appelle un homicide.

 

 

Touchez ma bosse, Monseigneur !



Ces gens sont tellement sûrs de leur puissance, de leur jugement qu’ils s’estiment absous de toute critique sur leurs agissements et leurs paroles. Qu’on les traite de facho ou de SS pendant qu’ils molestent des gens ou signent des décrets pour ficher tout le monde et les voilà qui jouent aux vierges effarouchées : « Mais non, voyons nous sommes des démocrates, nous faisons en sorte de vous protéger des délinquants et des terroristes ».  Sauf que quand un régime soupçonne la moitié de la population, on entre dans le despotisme. Ils sont donc dangereux car ils agissent contre la démocratie au nom de la démocratie !

 

 En fait, un psy pourrait dire que c’est un signe de faiblesse déguisé sous les habits commodes de l’élu tout puissant. Elu, ce mot, pour eux, prend une dimension messianique, divine. Elu roi des hommes, donc au-dessus des hommes. Voilà la profondeur de leur ego.

 

Avec l’affaire Siné, puis l’affaire Hamé, l’extrême-droite de robe et de cour en prend pour son grade. Les courtisans zélés de la procédure judiciaire se retrouvent le bec dans l’eau ; mieux, le bec dans leur propre boue.

 

Mes amis, Hamé et son groupe, mérite un hip-hip-hop hourra ! J’espère qu’ils raconteront leurs déboires et leur victoire dans un prochain rap. Devoir de mémoire...

Publié dans justice

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Stev 23/09/2008 21:10

L'article d'Hamé était intelligent et argumenté. Un vrai texte politique construit.

Rien à voir avec les crétins obsédés par le fric qui scandent qu'il vont "baiser la France comme une salope". Ca, c'est du marketing cynique de la pire espère. Et ceux là, j'ai moyennement envie de les soutenir en cas de problèmes !

Milton Dassier 23/09/2008 22:26


La parole sert à toutes sortes de choses: à élaborer et communiquer des idées, des opinions. Elle sert aussi à se défouler, à exprimer une colère, un désir de passage à l'acte, une frustration. Il
faut tout de même se rappeler certains textes de Brassens qui rêvait de couper les choses des gendarmes en hurlant "Mort aux vaches, Mort aux lois, vive l'anarchie" et même ce qu'a
écrit un jour Dominique de Villepin qui voyait la France comme une belle à prendre par derrière à la hussarde sans retirer ses bottes. Les uns ont des lettres, d'autres n'en ont pas.


Stev 23/09/2008 19:14

En fait, Sarkozy savait très bien que Hamé ne pouvait pas être condamné. Toutefois, cette procédure judiciaire lui a pourri la vie pendant 5 ans, lui a pris beaucoup de temps, d'énergie, et sans doute d'argent... C'était le principal but recherché ! Le résultat final n'a pas d'importance...

Milton Dassier 23/09/2008 20:31



Oui bien sûr c'etaitpolitique car à l'époque des députés s'insurgeaient contre le contenu de certains raps. Il s'agissait de les faire passer pour des sauvages. Mais quoiqu'il en soit, le fait de
diffuser la nouvelle et donc de démontrer que ces gens peuvent perdre est une victoire car beaucoup n'auront paspeur d'écrire et de dire les abus de l'arbitraire policier et politique. Il leur
suffit d'invoquer la jurispridence "Hamé" en cas de problème.