Chez Sarkozy, on ne veut plus soigner gratis

Publié le par Milton Dassier

En Sarkozie, la médecine est à deux vitesses

 

Chacun a pu voir au fil des dernières décennies une baisse progressive de la qualité des prestations financières en matière d’assurance-maladie.

Chaque plan a pour but  « la maîtrise médicalisée des dépenses de santé » mais son objectif est d’instiller toujours un peu plus de maîtrise comptable.

 

Nicolas Sarkozy va encore plus loin aujourd’hui. Parmi, ce que chacun qualifiera de mesurettes sur les fraudes, il a réussi à introduire l’idée de soins au forfait pour les maladies les plus graves c'est-à-dire celle qui coûtent le plus cher. Pas bête, il parle des prétendues fraudes des malades, pas de celles des médecins et glisse sa mesure phare ni vu ni connu…

 

Il fallait bien viser les malades 30 ALD, malades les plus gravement atteints mais souvent aussi les plus âgés et qui coûtent le plus cher à l’assurance-maladie.

Soins au forfait signifie qu’il n’y aura plus de paiement à l’acte tant qu’il est nécessaire mais l’application d’un forfait. Une sorte de package d’actes médicaux et paramédicaux qui seront pris en charge à 100% ;  mais en cas de nécessité de plus de soins, d’actes plus variés, les caisses d’assurance-maladie ne les prendront plus en charge et laisseront cela aux mutuelles complémentaires.

 

Par exemple, imaginez que vous ayez fait un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) avec des séquelles invalidantes sur votre motricité et vos capacités intellectuelles. Avec ce système de forfait, vous aurez droit à une prise en charge à 100% pour une durée définie de rééducation et de soins infirmiers, quelques consultations chez votre généraliste, quelques examens chez des spécialistes. Au delà de la dite durée et le nombre de consultations atteint, la prise en charge à 100% ne s’appliquerait plus et ce serait aux mutuelles de prendre le relais. Un relais qui a son coût et qui se soldera à coup sûr par une augmentation des cotisations. Bien entendu, on nous dira que ce système de forfait ne laissera personne sur la touche que son élaboration sera faite sérieusement et scientifiquement, qu’il sera suivi dans son application par des experts reconnus.. etc..etc.

 

Ce qui équivaut à dire qu’il y aura un service minimum gratuit pour tous les malades chroniques et un service vraiment complet et durable seulement pour ceux qui peuvent se payer la  mutuelle qui le proposera à prix fort.

 

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cigalette 19/09/2008 14:31

Bonjour,
A mon humble avis il y a déjà plus de deux vitesses !
Quant aux mutuelles...elles font des choux gras et ont un fonctionnement "standing" comme les laboratoires pharmaceutiques et les banques...
Quand prévoyez-vous des faillites pour ces prédateurs ...(comme aux U.S.A. actuellement) ?
Cordialement.

Milton Dassier 19/09/2008 16:11


Elle est à plusieurs vitesses avec les dépassements d'honoraires, et les tarifs non encadrés dans certaines spécialités (dentiste, optique,..etc). Mais là on va toucher à secteur au coeur de la
solidarité : les maladies chroniques, celles qui coûtent très cher à cause de leur gravité et de leur chronicité. Les prédateurs en France ont moins de risque de faillite car les banques comme les
assurances basent leurs profits sur les tarifications des prestations aux consommateurs et moins sur de la spéculation réalisée à partir des fonds qui leurs sont confiés. Mais il y
aura des problèmes de grandes pertes financières tout de même chez pas mal d'entre elles.


ZINE 18/09/2008 20:08

C'est carrément craignosse ! Mais, après tout sur les 54% des gens qui ont voté Sarkozy, il devait bien y en avoir des malades longues durées ou des parents de gens malades ou ...

Milton Dassier 18/09/2008 21:35


Sarkozy s'etait bien gardé d'en parler tout comme d'autres sujets d'ailleurs : ralliement au bushisme, à l'OTAN, envoi de troupes en Afghanistan. Sarkozy veut faire du Blair, c'est à dire
privatiser sans le dire en argumentant sur le progrès social ou sur les bons sentiments voire sur le bon sens commun. Quelques mesurettes généreuses et justes cachent une grosse mesure injuste
pour le peuple mais juteuse pour ses amis des assurances.