Et Michelle Alliot-Marie invente la SARKO-STASI

Publié le par Milton Dassier

Elle ne cause pas souvent et pour cause... Michelle Alliot-Marie, jusqu'ici cantonnée à la surveillance des pitt-bulls et des fêtes foraines, se voit propulsée ministre de l'ordre et de la sûreté. En quelques jours, son zèle fut particulièrement remarquée. Mais que de contradictions voire de gaffes que vous n'avez pas manqué de relever. Voyons cela de plus près et vous conclurez de vous même..

Cela commence avec les manifestations à Paris contre le passage de la flamme olympique. Michelle Alliot-Marie a donné l'ordre que tous les drapeaux tibétains soient confisqués par la police y compris de force. Devant le tollé qu'entraînèrent des images de policiers très brutaux frappant des porteurs de drapeaux du Tibet, la ministre fit comme si ces actes n'étaient le fait que d'initiatives isolées et les condamna au nom de la démocratie. Elle promit des sanctions, on les attend encore. Normal, elle était la donneuse d'ordre.

 

Michelle Alliot-Marie importe la STASI* de feue l'Allemagne de l'Est

Le 1er juillet 2008, le fichier EDVIGE est promulgué... par décret !

Edvige permet de recenser dès l’âge de 13 ans des personnes jugées «susceptibles de porter atteinte à l’ordre public», ainsi que des personnes «ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique» ou jouant un «rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif».

Un fichier tout de même très sensible qui devrait permettre de ficher au moins un million de personnes, c'est à dire tous les élus, toutes les personnes de plus de treize ans emmenées au poste pour le moindre motif, tous les responsables syndicaux, associatifs, patronnaux, politiques, religieux. Les données pourront porter sur l'orientation sexuelle, l'appartenance religieuse, la santé, les relations, le patrimoine, les dettes.. Aucun dispositif n'est prévu sur la durée de conservation des données...

Seuls des institutions sans pouvoir ont été consultées et elles ont donné un avis défavorable : la CNIL et la HALDE. Malgré cela, EDVIGE est tout de même en vigueur sans que le parlement ne fût saisi. Dans un courrier adressé à la HALDE, la directrice de la STASI à la française suggère d'approfondir les échanges "dans le domaine des fichiers nominatifs." Quelle concession démocratique!

L'affaire a pris un tour auquel elle ne s'attendait pas car une pétition qui a réuni 120.000 signatures à ce jour circule, des personnalités et des ONG d'importance se prononcent résolument contre le fichier tel qu'il est proposé et tout ce que trouve à dire Alliot-Marie à un de ses ministres qui s'interroge, c'est :

Je suis ravie que M. Morin se pose des questions. La question que moi je me pose, c’est comment il se fait que depuis le 1er juillet, il n’ait pas réussi à trouver mon numéro de téléphone pour me demander ce qu’il en était, je l’aurais rassuré.»


La démocratie par téléphone, une nouveauté réthorique signée Michelle Alliot-Marie. L'ironie de ces propos contient un mépris qui sans aucun doute s'adresse au peuple tout entier car à part les prétentieux qui s'estiment blancs comme neige et "n'ont rien à cacher", n'importe quelle personne censée peut comprendre qu'à la moindre participation à une manifestation, ou pour n'importe quel litige faisant intervenir la police, ou encore pour des actes aussi banals qu'un chèque sans provision par exemple, elle pourra voir sa vie éplucher de fond en comble sans qu'elle le sache pour EDVIGE, la sienne et celle de ses enfants s'ils ont simplement traîné dans une cage d'escalier d'une cité sensible.

 
Mais à part ça, Michelle Alliot-Stasi prétend être attachée inconditionnellement à la démocratie et à la liberté !

La preuve, la façon dont a été sanctionné Dominique Rossi, le patron de la police en Corse. Il paraît que les nationalistes les plus violents se réjouissent que l'un des meilleurs flics de France s'éloigne de leur île. C'est tout juste s'ils ne chantent pas " Michelle ma belle, sont des mots qui vont très bien ensemble".

Et les arguments de Michelle Alliot-Stasi ont élevé le niveau, jugez plutôt à propos de l'affaire corse :

Il y a un droit de propriété, on ne pénètre pas chez les gens sans une autorisation, on ne s'installe pas chez eux, on ne fait pas pression sur les gens", a-t-elle affirmé, "c'est la liberté individuelle qui en cause, ce sont les principes de la République qui sont en cause et je ne transigerai jamais sur les principes de l'Etat".

La France entière s'est tordue de rire car des violations de domicile, il y en a tous les jours et si vous téléphonez à la police pour les signaler, elle ne se déplace que si vous ajoutez en insistant que vous vous sentez gravement menacé. En général, on s'entend répondre de rappeler si ça semble tourner mal...

Et puis il y a l'antisémitisme que Michelle Alliot-STASI semble voir partout comme la STASI voyait partout des espions de l'ouest.

Vous vous rappelez le limogeage du sous-préfet Guigne qui, en dehors de ses fonctions, s'était contenté de critiquer durement la politique d'Israël vis-à-vis des palestiniens. Intolérable et antisémite pour Michelle Alliot-STASI !

Et puis l'affaire Ruddy dans le 19ème à Paris, l'enquête n'avait pas encore commencé que le caractère antisémite était tout de suite mis en avant par la ministre juste sur la bonne foi des déclarations du CRIF, organisation non gouvernementale.

Et là ça recommence, dans l'affaire des trois jeunes juifs qui se sont battus avec une bande. La police annonce que le caractère antisémite n'est pas certain car aucune parole antisémite n'a été prononcée par les agresseurs mais pour la ministre, la motivation antisémite est une certitude car le fait que les jeunes juifs portent une kippa en faisaient des juifs, donc les ciblaient comme des ennemis à attaquer pour les cogneurs.
Là, c'est génial car cela veut dire que chaque fois qu'un noir se fera taper par des non noirs, on pourra invoquer une motivation raciste. Le noir ne porte pas de brassard ou de couvre-chef comme signe d'appartenance à un groupe, une communauté. C'est sa peau qu'il porte et qui en fait un noir.

Ah oui, j'oubliais. Les mots "juifs" et "noirs" pourront être accolés à un nom dans le fichier EDVIGE. Sissi, la SARKOSTASI s'en est donné le droit. Comme du temps de Vichy...Au moins, EDVIGE ne fera pas de discrimination raciale ou religieuse. Tous suspects !

* La STASI était la police secrète et politique de l'Allemagne de l'Est du temps des communistes


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