Les étudiants handicapés n’ont plus droit aux bourses d’étude

Publié le par Milton Dassier

Il voulait faire moderne, faire démocrate, faire américain. Vous savez le style « une démocratie se reconnaît à la façon dont elle traite ses minorités ». Alors, il avait parlé de discrimination positive, de promotion sociale, de désenclavement des mentalités. Ses coreligionnaires de la droite avaient crié au scandale. Pas question de faire de la discrimination, restons républicains et tant pis pour la démocratie !

Leurs yeux barrés de bandeaux de préjugés fournis par l'UMP les empêchaient d’apercevoir les nombreuses injustices, les ambitions déçues, les drames humains de ceux qui à force de courage, de travail et de talent se voyaient refuser le passage au péage de la réussite sociale à cause de leur différence.

 

Cela devait changer, des signaux très forts avaient été émis depuis l’insurrection des cités de banlieues pas chics, sans fric. La HALDE, les associations, des maires de droite comme de gauche sonnaient l’alarme de la déliquescence sociale. Le gouvernement Villepin lançait le secrétariat d’état à l’égalité des chances, quelques initiatives positives étaient prises comme celle de l’Institut d’Etudes Politiques (Science-Po).

Un timide début mais un début quand même.

 

Etrangement, tout en défendant au départ, l’idée d’une discrimination positive à la française, l’état sarkoziste n’a lancé aucune campagne contre les discriminations négatives. Des affaires sont jugées régulièrement et bien médiatisées mais aucune action de l’état n’est visible. On préfère faire l’autruche au nom du « pas de vague » et pour ne pas froisser un électorat très à droite qui estime que les plus faibles, les plus défavorisés doivent mériter d’avoir une chance de sortir de leur précarité.

 

Par exemple, la commission européenne souhaite que tous les pays européen s’alignent sur sa directive anti-discrimination mais le ministère du travail français traîne des pieds.

 

Et là, qu’est-ce qu’on apprend ? Que le ministère de l’enseignement supérieur suspend les bourses d’études aux étudiants handicapés sous le prétexte que ceux-ci touchent déjà une allocation d’adulte handicapé et que le cumul allocation – bourse leur ferait un revenu supérieur au SMIC.

Les critères d’attribution de ces bourses ont été revus et le handicap n’en fait plus partie.

On oublie simplement que la bourse d’études n’empêche pas un étudiant valide de travailler pendant son cursus pour compléter ses revenus. Allez dire ça à un handicapé !

Devant faire face à de nombreuses dépenses médicales, d’aides techniques et logistiques pour tout simplement vivre au quotidien, on imagine ce qui se passe quand on souhaite faire des études coûteuses.

 

Les handicapés n’ont donc que le droit d’être pauvres… Les études ne leur servent à rien puisque, même bardés de diplômes, les entreprises les embauchent très difficilement.

 

Discrimination positive, qu’il disait pendant sa campagne. Je pouffe…

Publié dans social

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zin 26/08/2008 22:35

Ya combien d'handicapés qui ont voté Sarkozy ? Si c'est autant que les ouvriers, alors ils ont plus que leurs yeux pour pleurer !

Milton Dassier 26/08/2008 23:27


En général, les handicapés et leur famille ont bien compris que c'est le plus social des candidats qui leur en donnent le plus : la gauche mais il est possible qu'en 2007, la com de Sarkozy
ait détourné les handicapés de leur vote habituel.