Le Père Noël est une ordure avec le Dalaï-Lama (Pastiche théâtral)

Publié le par Milton Dassier

Un petit pastiche, ça fait du bien par où ça passe. Pas trop d'eau s'il vous plait ! A consommer sans modération

Le téléphone sonne... 

  • - Kouchner: Droits de l'homme - Amitié, bonsoir!
  • - Dalaï-Lama: Voilà, je suis le Dalaï-Lama, je suis le chef spirituel du peuple tibétain.
  • - Kouchner: C'est s'la ouiiii!
  • - Dalaï-Lama: Mon peuple subit des brimades de la part de la Chine, il y a des arrestations par centaines, on a rapporté des cas de torture, la censure est partout. Le Tibet est totalement bouclé. Alors, j'ai voulu m'adresser à vous pour que vous m'écoutiez.
  • - Kouchner: Nous vous écoutons, Monsieur et, soyez en sûrs, vous n'êtes plus seuls. Toute l'équipe de Droits de l'homme - Amitié est à votre écoute et vous souhaite de réussir.
  • - Dalaï-Lama: Merci, oui un grand merci à vous, je suis touché par tant de bienveillance et de chaleur, aussi, je voudrais euh...
  • - Kouchner: C'est s'la ouiii!
  • - Dalaï-Lama: Oui, je voudrais venir vous rencontrer pour vous parler de mon peuple, de sa tristesse et aussi de son espérance en un sort meilleur..
  • - Kouchner: Ah non, ça, non, on ne peut pas Monsieur! Nous ne recevons jamais nos auditeurs en souffrance sauf s'ils sont nos clients, ça va sans dire. Vous comprenez?
  • - Dalaï-Lama: Oui, enfin non pas vraiment. Mais vous pourriez peut-être, juste une fois, enfin je rêve peut-être, vous pourriez faire une exception.
  • - Kouchner: Oui, c'est bien ça, vous rêvez. Mais je dois refuser Monsieur. Il faut que vous compreniez. Si nous faisions ainsi avec ceux qui nous le demandent, nous dérogerions à nos règles déontologiques et cela déplairait à certains de nos bons clients.
  • - Dalaï-Lama: Ah bon! (avec un ton dépité)
  • - Kouchner: Mais rien n'est perdu, nous allons trouver une solution ensemble. N'y a-t-il pas une ambassade ouverte près de chez vous où vous pourriez solliciter de l'aide?
  • - Dalaï-Lama: Non, elles sont toutes fermées à cette heure, et puis je m'y suis déjà rendu, enfin dans certaines sans succès.
  • - Kouchner: Et un restaurant chinois encore ouvert?
  • - Vous n'y pensez pas Monsieur, je suis tibétain!
  • - Kouchner: C'est s'la ouiii! Et un bar-tabac?

 

Après un certain silence...

 

 

  • - Dalaï-Lama: J'ai compris, vous vous en foutez, mon peuple ne vous intéresse pas, vous êtes du côté de la Chine. Tant pis, j'aurais dû m'en douter.
  • - Kouchner: Ne raccrochez pas, nous sommes avec vous, toute l'équipe de Droits de l'homme - Amitié compatit à votre douleur. Rama Yade qui est à côté de moi peut vous le confirmer. Vous avez entendu parler des infirmières bulgares et d'Ingrid Bétancourt?
  • - Dalaï-Lama: Oui, j'ai suivi cette histoire.
  • - Kouchner: Eh bien! vous ne le savez peut-être pas, leur libération, c'était nous. Vous voyez, nous n'abandonnons jamais ceux qui nous confient leur détresse. Nous sommes la France! Et d'ailleurs, je vais vous le prouver en vous donnant un bon conseil. Je ne sais plus qui disait... C'est peut-être moi. En tous cas, il disait: «Parfois la route est dure!». C'est un bon conseil qui a changé ma vie aussi je vous le donne et vous souhaite un bon séjour chez nous. Au rev...
  • - Dalaï-Lama: Je vous en prie, recevez-moi, je ne vous dérangerai pas, je me ferai tout petit, et puis, en cette journée de trêve olympique où toutes les nations sont réunies fraternellement à Pékin, vous ne pouvez pas fermer votre porte à un peuple qui souffre. Même Ségolène Royale, qui a été, je crois, votre amie a fait ce geste.
  • - Kouchner: C'est que...Euh.... 37, quai d'Orsay, près du musée, faites le tour et prenez la petite porte réservé aux fournisseurs.
  • - Dalaï-Lama: Merci!

 

Kouchner raccroche, l'air abattu.

 

  • - Kouchner: Je ne sais pas ce qui m'a pris, Rama. Il m'a parlé de trêve olympique, de fraternité. Il avait une voix! J'ai senti une émotion en moi. J'ai violé nos règles. Je suis un faible.
  • - Rama Yade: Non, Bernard, vous avez bien fait! C'est humain après tout. Comme le disait ma grand-mère, il y a un temps pour l'action et un temps pour la compassion.
  • - Kouchner: Si si, je suis en faute, je suis en faute. C'est terrible, depuis la Somalie, je ne peux pas m'en empêcher. J'ai bien essayé d'oublier cette sensiblerie en travaillant pour Total en Birmanie. Mais comment faire sans voir le regard des birmans. Tous ces yeux hagards et résignés étaient si émouvants que j'ai encaissé le chèque et je me suis tiré vite fait.

 

FIN

Publié dans fruits imaginaires

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