L’antiracisme paravent de bons sentiments ou bijou de pacotille ?

Publié le par Milton Dassier

En ce mois d’août olympique et de disette économique, la presse a deux affaires antisémites à se mettre sous les dents.

 La première, ce sont des tee-shirts portant des mentions en allemand et en polonais qui ont été trouvés. Je doute fort que les commerçantes, de nationalité chinoise, sachent exactement que leurs marchandises portaient des inscriptions en vigueur pendant l'occupation nazie. Non seulement, il faut connaître l'histoire de l'Europe, mais aussi penser à faire traduire les inscriptions en allemand et en polonais. Les deux commerçantes viennent d’ailleurs d’être remises en liberté sur la bonne foi de leur ignorance de l’allemand et du polonais.


 
Mais les faits sont là et il faut espérer que ces personnes ne paieront pas à la place de ceux qui ont imaginé, conçu, fabriqué et diffusé ces vêtements de la honte en connaissance de cause.


 
Pour moi, c'est comme lors de la vente aux enchères des fers et objets de contention et de torture des esclaves, des ventes tout ce qu'il y avait de plus respectable avec commissaires-priseurs, acheteurs pour musées, budgets conséquents et clients glamour. Mais eux savaient parfaitement ce dont il s’agissait.


Il fallut protester avec force pour que ça cesse, il fallut en parler à chaque fois pour que la presse daigne y accorder un peu d'attention, cela fut fait et c'est tant mieux.


Maintenant, relativisons, quelques politiciens opportunistes, comme Cambadélis, tentent de se montrer après coup pour condamner publiquement la vente des tee-shirts. Mais Cambadélis n'a rien dit sur l'agression de Nouredine par des nazis. Cet éléphant du PS n'est pourtant pas en vacances puisqu'il a fait un communiqué pour les tee-shirts. Ah, c'est un député de Paris où se sont produits les faits ! Ok, mais on pourrait lui suggérer qu'une indignation qui s'arrête aux portes de sa circonscription, ça fait un peu avarice morale ou clientélisme!

 Et puis, il y a cette affaire de vidéo sur dailymotion. Je ne l’ai pas  vue et il me semble que s’y trouve toute une série de photos de personnalités défilant sous une chanson antisémite des années 30-40. Le texte sur le site demande ce qu’elles ont en commun sans le dire. Le type qui a mis ça en ligne est un imbécile et d'une naïveté !


Le BNVCA (Bureau de Vigilance Contre l’Antisémitisme) a porté plainte et la presse a déjà repris l’info. Rapide ! Cela veut dire que des ONG communautaires ont des canaux directs avec l’AFP avec des interlocuteurs privilégiés qui publient tout ce qu’elles ont à dire.


Alors, vous savez ce qui serait bien?


C'est que Cambadélis et les autres dignitaires de l'indignation télévirtuelle et les virtuoses de la gachette judiciaire, agissent de la même façon, à chaque fois avec le même rejet de la bêtise quel que soit le type de racisme et que l'accès aux canaux d’information soit un peu plus équitable. Cela évitera que l’affaire de Nouredine pourtant violente et raciste soit connue de la presse plus de 12 jours après les faits.

 

N’est-ce pas d'une évidence toute « républicaine » ? Pour moi, il faut condamner avec la même vigueur :

 

- quand un vigile noir se fait traiter de "sale nègre" par un haut fonctionnaire,

- quand un français musulman se fait agresser par des nazis parce qu'il est musulman,

- quand on procède à la vente aux enchères d'objets de la honte issus de la traite négrière,

- quand on commerce des tee-shirts avec des inscriptions nazis,

- quand un juif se fait agresser parce qu'il est juif…,

- quand on stigmatise et brutalise des roms pour leur mode de vie et même,

- quand n'importe qui se fait agresser parce qu'il est ce qu'il est


 
Mêmes causes, mêmes effets, même combat..


Sinon, en encourageant une indignation à géométrie variable par le jeu pervers de préférences arbitraires, l’antiracisme devient un serpent qui se mord la queue.

On ne peut pas combattre l’arbitraire des discriminations et le racisme avec l’idée que certains sont plus défendables que d’autres à cause de leur origine ou leur religion. Cela revient à faire de la discrimination.


Le problème est qu’on ne retient du racisme que sa dimension de haine et de rejet et non l’échelle de valeur raciale ou religieuse qu’il recèle. En fait, la préoccupation est plus de préserver l'ordre public que de combattre les idées racialistes. La haine, ça fait désordre. Les idées racialistes ça fait partie du débat et tant pis si elles sont monnaie courante dans bien des milieux et pas des moindres.

L’antiracisme est instrumentalisé pour des causes politiques et géopolitiques. Ceux qui se réclament de l’antiracisme s’en servent bien souvent à d’autres desseins dés lors qu’ils sont liées à une organisation ou un projet politique. Par exemple, le président de la LICRA est aussi député UMP. SOS Racisme est très lié au PS. Le BNVCA est lié au CRIF.

Rappelons-nous, le concept a été inventé dans un contexte de préoccupations humanitaires générales. Dans les années 80, le terme est repris par les fondateurs de SOS-Racisme. L’antiracisme aujourd’hui, mais aussi la référence aux droits de l’homme, offre un paravent de bons sentiments qui sert à masquer la défense d’intérêts nationaux, commerciaux, identitaires et communautaires.


L’antiracisme est bien devenu un bijou de pacotille qui brille et aveugle si les projecteurs sont braqués sur lui..

Publié dans racisme et xénophobie

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A2N 16/08/2008 13:28

Bonjour, Milton !

Rien à ajouter, tu as dit tout haut ce que les hypocrites pensent tout bas. Le communautarisme juif est à la fois un danger pour les juifs et une pierre dans la chaussure de la République. Avec Sarkozy, on ne pouvait que s'attendre à voir le CRIF et le BNVA se croire au dessus des lois de la République. Ces gens là doivent être combattus de la même manière que l'ont combat les autres exttrémistes. La bataille doit commencer par les médias,ces colporteurs et complaisants qui créent des tensions communautaires.

Milton Dassier 19/08/2008 14:53


Une nuance tout de même. Le CRIF et le BNVA ne doivent pas être combattus comme des extrémistes mais remis à leur place dans un contexte laïque réaffirmé. Il faut obtenir que ces organisations ne
bénéficient pas de plus d'attention et de facilités de la part de la république, pas plus que d'autres organisations.


morsli 14/08/2008 21:37

Vous avez tout dit:il n'y a pas de racismes il y a le racisme et j'aimerais qu'il y ait autant d'indignation quand Anne Sinclair dit qu'elle ne pourrait pas tomber amoureuse d'un non juif ou que Frèches et Finkielkraut affirment qu'il y a trop de noirs en équipe de France et que les noirs n'ont pas de culture et j'aimerais aussi que quand une coreligionnaire demande à Régine si la "race" juive est supérieure aux autres et que la Régine au lieu de dire clairement non lui dit d'un air complice :"on en parlera entre nous après l'émission" on condamne de tels propos.
Je vous laisse imaginer si quelqu'un avait dit
pensez vous que les juifs soient inférieurs...
Salutations

Milton Dassier 14/08/2008 22:31


Oui, c'est révoltant. Quoi que pour Anne Sinclair, tomber amoureuse ou non d'un non juif ou d'un juif, on peut se dire que c'est lié à des habitudes culturelles et religieuses ce qui se
conçoit dans la vie privée et est courant aussi chez certains chrétiens.


zin 14/08/2008 20:53

C'est de plus en plus clair ! Il y a un 2 poids 2 mesures tellement flagrant qu'il est impossible de l'ignorer. Et le pire, ce sont les médias dont on commence sérieusement à se demander s'ils ne sont pas téléguidés directement par des officine communautaires juives (il faut le dire) afin de défendre des intérets. Ceci est complètement inadmissible car nous ne sommes dans une république bananière ! C'est aussi à nous de nous organiser et de faire pression pour défendre nos droits !

Milton Dassier 14/08/2008 22:42


Cela peut s'expliquer par un repli sur soi, sur le fantasme du retour d'une identité nationale façon "bon vieux temps quand on était entre blancs", sur la peur des "sauvages" basanés des cités.
D'où le ministère de l'identité nationale, d'où l'invention du racisme anti-blanc, d'où l'idée de karcher et de racaille contre ces pas tout-à-fait français, d'où l'importance de la lutte contre
l'anti-sémitisme, ce racisme entre blancs qui a conduit à l'holocauste et la création d'Israël au détriment des palestiniens..