Scénario plausible de la libération d’Ingrid Bétancourt

Publié le par Milton Dassier

Posons le contexte..

 

On le sait, Uribe n’a jamais voulu de négociations officielles avec les FARC leur donnant une légitimité politique voire  un statut de « gouvernement  en exil ».

On peut donc comprendre que, s’agissant des otages très médiatiques comme Ingrid Bétancourt et les trois agents américains du FBI, il ait voulu ménager la chèvre et le chou pour satisfaire à la fois ses faucons et les chefs d’états étrangers amis.

 

La logique veut donc qu’après maintes tergiversations, Uribe ait choisi la voie du milieu : négocier en secret tout en gardant l’option militaire.

 

La France hors-jeu

 

Depuis le retrait de Chavez, la France n’avait plus aucune possibilité de participer à la médiation qui avait pourtant donné de bons résultats : six otages libérés dont l’amie d’Ingrid, Clara Rojas et son fils.

 

La France espérait donc que Chavez reviendrait dans le coup à moins que ce fut Lula, le président du Brésil ou Correa, le président de l’Equateur. Elle craignait aussi qu’Uribe ne déclenche une opération militaire sanglante. C’est ce qui explique la prétendue mort certaine d’Ingrid Bétancourt et l’envoi de l’avion médicalisé, histoire d’attirer l’attention du monde sur la Colombie et ainsi, gêner Uribe en lui montrant qu’il porterait la responsabilité de la mort d’Ingrid Bétancourt si celle-ci venait à mourir dans une opération militaire.

 

Car Nicolas Sarkozy est bien conscient qu’il ne maîtrise plus grand-chose. Notamment après l’enregistrement d’un message vidéo destiné au chef des FARC en mars. Pas de chance pour le président français, Marulanda était mort depuis 15 jours… Uribe le savait et n’avait pas averti Sarkozy.

 

Uribe marque des points

 

Durant le mois de mars 2008, les FARC perdent trois de leurs plus hauts dirigeants : Raul Reyes le négociateur, Marulanda le chef historique, Ivan Rios. De plus, des redditions ont lieu notamment Nelly Moreno, figure emblématique.

Les FARC sont désorganisées et Uribe propose une reddition en douceur pour tout membre des FARC qui le souhaite. La France accueillerait les guérilleros en rupture de lutte clandestine. Sarkozy le confirme à Uribe.

 

L’opération « Jaque »

 

 

La fameuse opération « Jaque » qui a permis la libération d’Ingrid Bétancourt est sans doute mise au point à cette période, en avril.

A partir des données fournies par l’armée colombienne, la TSR et l’avis d’officiers à la retraite, voici ce qui a dû se passer.

L’infiltration des FARC, c’est avant tout l’œuvre de la femme de « Cesar », l’un des chefs chargés des otages. Elle a été arrêtée par l’armée colombienne qui lui propose un deal : convaincre son mari de laisser les otages américains, Ingrid Bétancourt et des prisonniers colombiens être évacués, après avoir été regroupés, dans le cadre d’une opération humanitaire sous l’égide d’une ONG.

De l’argent a certainement été proposé, sinon quel intérêt pour cette femme et ces gardiens ?

L’infiltration à la tête des FARC d’un agent secret se faisant passer pour Alfonso Cano donnant l’ordre de remettre les otages à une ONG ne tient pas la route.

On peut supposer qu’une fois le deal accepté, des semaines de préparation de l’opération ont été nécessaires, préparation impliquant « agents » américains et israéliens. C’est sans doute pendant ces semaines que les gardiens des FARC ont adouci les conditions de détention d’Ingrid Bétancourt lui permettant de reprendre du poids et retrouver une santé acceptable.

 

Mise en scène ?

Les gardiens Cesar et Gafa s’attendaient à voir débarquer des « humanitaires » accompagnés de faux émissaires français et de journalistes, dans des hélicoptères de la Croix-Rouge. Ils ne savaient pas que c’étaient des militaires colombiens déguisés.

Rien n’empêche que les gardiens aient été dupés juste sur la forme de l’évacuation. On leur dit que ce sera humanitaire, qu’ils pourront venir et se rendre une fois arrivés à destination où on les conduira en lieu sûr avec l’argent promis ou peut-être déjà versé, et, au lieu de ça, on les arrête tout de suite sans ménagement avant de les transporter ailleurs. Cela expliquerait leur surprise et leur peur.

 

La mise en scène, s’il y en a une, est dans ces instants. Mais rien ne prouve, qu’une fois arrêtés pour la galerie et pour faire croire aux otages qu’il s’agit d’une libération sur le mode viril, les gardiens des FARC n’aient pas été exfiltrés par la suite vers un pays extérieur avec l’argent promis. Le récit des otages attestant un coup de maître militaire de l’armée colombienne était indispensable car, pour Uribe, le combat contre les FARC continue et sa réélection pour un vrai faux troisième mandat approche…

 

J’attend vos réactions.

 

PS : allez voir le CV d’Ingrid Bétancourt et ce qui a trait à sa nationalité française. Quand on sait la façon actuelle dont on traite les mariages mixtes et l’acquisition de la nationalité française pour les conjoints étrangers de français, il y a de quoi être très surpris !

 

 

Publié dans international

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