A Cannes, au moins deux « sans papier » ont reçu la Palme d’Or

Publié le par Milton Dassier

Et qu’on ne vienne pas nous dire que la situation des sans-papier en France n’est pas ubuesque !

Le ridicule va-t-il faire encore des victimes au ministère de l’immigration et de l’hystérie nationale ? On serait tenté de le penser vu la succession de bévues et autres maladresses commises par les sbires d’Hortefeux.


Il y a d’abord eu cette affaire de vigile noir injurié puis pris à tort pour un sans papier par un haut responsable du ministère. Une affaire qui a fait grand bruit et mis le ministère dans l’embarras.

 

Puis il y eut cette grève des sans-papier qui, en terme d’image, a fait voler en éclat le miroir aux alouettes du sans-papier parasite et paresseux spécialement venu en France pour les allocs et autres subsides sociaux. On avança des chiffres : 50.000, 100.000 travailleurs « illégaux ». Soutien des organisations patronales avec des arguments imparables : « voilà des gens qu’on a formés et qui ne rechignent pas à la tâche, qui ont un vrai sens du travail ».  Les sans-papiers seraient-ils les exemples typiques de la valeur « travail » vue façon Sarkozy ! Un comble !

 

Ridicules et ridiculisés, ils le sont depuis dimanche, les sarkozistes de choc du ministère de l’invitation et de l’hilarité nationale !

 

Mais ça n’est pas tout ! Et on apprend que depuis ça, en plus de se laver les mains compulsivement, Hortefeux s’arrache les cheveux

 

Vous avez vu les gros titres de la presse nationale après la Palme d’Or bien française au Festival de Cannes ? Fier d’être français ! On a gagné ! Vive la France, grand pays des arts, grand pays de cinéma !

 

Le plus drôle est qu'on apprend aujourd’hui, qu’un des jeunes acteurs amateurs du film « Entre les murs » est un sans-papier d’origine malienne et qu’un autre est fils d’une mère sans-papier. Les deux sont montés sur scène avec toutes les autres stars et ont été longuement applaudis. Et il y en aurait peut-être d’autres dans l’équipe de tournage. C’est complètement fou et dire que la ministre de la culture était présente dans la salle !

 

Nous sommes contents pour eux, ils ne sont plus expulsables pour le moment et vu leur performance, pourraient prétendre à la carte de séjour « compétence et talent » du ministère de l’inondation et de l’immensité nationale.

 

De la compétence et du talent, ils en ont à revendre tandis qu’au ministère…

 

 

Publié dans racisme et xénophobie

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Bavmorda 28/05/2008 09:13

Pour Cannes, on est en plein sentimentalisme compassionnelle larmoyant.
Cette sélection est tous sauf désinteressé, voilà un signal "fort" en direction des banlieues...Chouette, un de plus !!

Milton Dassier 28/05/2008 19:33


Je ne savais pas que Sean Penn et le jury de Cannes voulaient faire passer un message aux banlieues françaises d'autant que le film se passe dans un collège à Paris... Etrange votre
assimilation avec la banlieue! Elèves basanés donc élèves de banlieue?
Par contre, il est certain que le jury de Cannes a donné une leçon au cinéma français puisqu'il a couronné un film indépendant et avec des acteurs de toutes les couleurs représentatifs de la
diversité de la population française. Une rareté dans le cinéma français.