Milton Dassier sur l'actu
Je l'ai regardée avec une grande curiosité et j'ai été agréablement surpris. Au début, j'étais méfiant, je disais en mon for intérieur : "Besancenot veut sans doute une place d'élu professionnel et si ça se trouve on le verra au PS d'ici quelques années. Comme d'autres trotskistes !"
Une émission pour faire la promotion d'un invité et ne le montrer que sous un angle positif, quoi de mieux que Drucker?
Et puis là, la surprise. Un homme moderne, sans cette grosse tête et ce sourire béat de l'invité à qui on passe la brosse à reluire. Sans
doute le moins fortuné de tous ceux qui ont été invités chez Drucker. Difficile de faire mieux que ses 1200 Euros de salaire par mois et d'un appartement familial de 55 m² à Paris dans le
18ème qui fait l'objet d'un crédit sur 18 ans. Olivier Besancenot et ses invités : des gens simples, des ouvriers, un collègue, des gens des luttes sociales, ceux qu'on matraque allègrement de
promesses non tenues et de coups de bâton pour de vrai dans les manifestations. Dans ce décor bling-bling, si habitué à entendre les belles paroles des peoples de la politique,
Besancenot était si discret que cela le rendait encore plus présent. Et il enfonça le clou en défendant ses convictions, en démontrant qu'il n'y a pas de fatalité à la situation sociale
d'aujourd'hui.
Humilité aussi quand, en présence de Christiane Taubira et de J-C Chicaya, il avoua se passionner pour les luttes anticolonialistes bien que les ayant découvertes tardivement. Il rendit hommage à
Césaire et Fanon, indiquant la contradiction de voir ces panneaux d'affichage rendant hommage à Aimé Césaire dans les jardins de l'Assemblée Nationale, à deux pas de la statue de Colbert,
l'auteur du tristement célèbre Code Noir!
Olivier Besancenot a osé, c'était risqué mais cela me fait penser que si on n'ose rien, on obtient rien !
Nous sommes tant formatés que l'idée d'imposer sa vision politique au monde, au risque de se retrouver tout seul, nous effraye. Et pourtant, il faudra bien passer par une révolution pour se sortir de cette logique de soumission au capitalisme, au consumérisme, à la surveillance policière, au néocolonialisme, au militarisme, au déterminisme génétique.
Il n'est pas trop tard !
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