Le bilan sarkostrophique de la diplomatie française

Publié le par Milton Dassier

A suivre de très près : le mouvement des lycéens. Important car c'est dans ce genre de protestation que naît la conscience politique d'un citoyen d'aujourd'hui. Les jeunes feraient-ils bouger les choses dans ce pays vieillissant ?

Il faut dire qu'on se fout de leur gueule depuis quelques années ! Les jeunes voient leurs parents et dans leur tête bien faite, ils ont compris...

 La dette ? Ce sera pour eux !

 La précarité ? Ce sera pour eux !

 L'état déplorable de la planète ? Ce sera pour eux !

 La guerre ? Ce sera pour eux !

  Sarkozy lui, la protestation lycéenne, il n'a pas connu dans sa jeunesse. Et sa conscience politique, elle s'éveilla dans des manifestations anti-grève puis au RPR. Ensuite, et comme il n'avait pas envie d'être le jeune militant prometteur qui colle les affiches et fait les photocopies, l'ambition le mena dans les pas puis les bras de Jacques Chirac.

 On a souvent dit que la très grande qualité de Nicolas Sarkozy, c'était le pragmatisme. Le problème est que le pragmatisme de Sarkozy évoque plutôt celui du capitaine d'un navire qui choisirait la route que lui indique le vent, celui-ci tournant souvent et non celle qui mène au port d'arrivée. Mais revenons aux affaires étrangères.

 En politique étrangère, c'est donc le fiasco. Mais un fiasco flamboyant comme Kouchner et Rama Yade, en plus il y a les paillettes carlabrunesques pour faire briller les yeux des petites vieilles. 

 Donc pas besoin de suivre la politique étrangère de la France, il n'y en a plus vraiment! L'image de la France est déclinante. De puissance moyennement grande, elle devient un vieux pays d'Europe qui aime donner son avis, qu'on écoute respectueusement mais qu'on prend de moins en moins au sérieux.

Même l'Afrique... Même la Colombie... Même la Libye...Même la Russie... Et aujourd'hui, même la Chine... 

Par exemple :

 Dire aux africains qu'ils ne sont pas entrés dans l'histoire à Dakar, puis

S'aplatir devant Omar Bongo en rétrogradant le ministre de la coopération au ministère des anciens combattants, soutenir les dictatures françafricaines qui menacent de se tourner vers la Chine.

 Faire des pieds et des mains quitte à se ridiculiser pour donner la papatte à Georges Bush en frétillant de la queue avant de rejoindre l'idéologie du choc des civilisations et le commandement intégré de l'OTAN.

 Accueillir en grande pompe le dictateur libyen et manger son chapeau de patriarche des droits de l'homme tout en lui servant de paillasson.

 Se laisser manipuler sans rien dire par Uribe qui a fait capoter par deux fois toute chance d'une libération des otages colombien dont Ingrid Bétancourt.

 Faire le matamore en parlant de Poutine au risque de le vexer et se voir opposer une fin de non recevoir sur la plupart des dossiers comme le gaz naturel et la Tchetchénie.

 Faire le service minimum en Inde alors qu'on est invité en grande pompe à la fête nationale de ce grand pays démocratique.

 Privilégier un règlement du conflit israélo-palestinien favorable à Israël au nom de sa sécurité en oubliant savamment tout le contexte historique et idéologique qui préside à cette guerre coloniale qui dure depuis 60 ans.

 Et puis, il y a l'Europe, l'Allemagne notamment qui prend ses distances...

 Et ce serait cela, ce pragmatisme si efficace?

Pragmatisme qui amène l'absence de position claire sur le boycottage ou pas de la cérémonie d'ouverture. Un jour, le gouvernement joue la Chine, un autre le Dalaï-Lama, les officiels français se contredisant dans la même semaine (Rama Yade, Laporte, Kouchner, Sarkozy). Puis, tout en affirmant respecter la liberté de manifester, la police française aux ordres de l'ambassade de Chine et des sponsors des JO, arrache systématiquement les drapeaux tibétains proche de la flamme olympique.

 Petits Princes des lycées et d'ailleurs, ne vous faites pas avoir. Suivez de près la politique d'aujourd'hui qui déterminera ce que vous serez demain, et la petite planète où vous vivrez. 

Et faites attention aux baobabs...
 

 

Publié dans politique

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zin 12/04/2008 19:22

Vous oubliez que les jeunes comme les pauvres ont voté en masse pour Sarkozy. Et maintenant, ils se la ramène parce qu'on touche à leurs petits avantages !!! Je suis peut être un peu dure mais dans leur revendications, je ne vois nullement de remise en cause de la société ou de la mondialisation telle qu'elle est aujourd'hui. Non, juste des revendications sectorielles (y'aura moins de prof, on va être moins suivis ... etc). A quand les vrais interrogations par la jeunesse ?

Milton Dassier 12/04/2008 19:52


Vous vous trompez, les lycéens ont entre 14 et 18 ans. Une infime minorité a pu voter aux élections en 2007...
Leurs revendications sont concrètes car il faut bien se rassembler autour de quelque chose. Mais le malaise est bien plus profond que la simple demande de moyens au gouvernement.


Mehr Licht 11/04/2008 20:18

Cet article devrait être publié partout. Afin que la jeunesse française qui n'a pas encore pris conscience des dangers que les politiques sarkosiennes risquent de leur laisser sur les épaules comme fardeau, puisse réagir avec leurs jeunes confrères qui eux ont compris.

Sarkozy est vraiment une sale engeance pour la France.

Milton Dassier 11/04/2008 20:29


Merci du compliment Mehr Licht et à bientot