Méga opération de com autour d’Ingrid Bétancourt

Publié le par Milton Dassier

Dans le précédent billet, je vous parlais de la manifestation  contre la flamme olympique chinoise en parlant de l’élan populaire plutôt spontané lié à une certaine prise de conscience que les Jeux Olympiques ont perdu leur éthique olympique en devenant un bon point donné à un pays pour y faire de bonnes affaires.

 

Il y avait une autre manifestation hier qui a réuni des milliers de personnes. Un rassemblement pour la libération d’Ingrid Bétancourt.

Pas question d’accabler la famille et son comité de soutien ! Mais, il faut reconnaître une chose, c’est la récupération de l’affaire par le gouvernement et son président.


Une mission humanitaire d’urgence pour sauver une Ingrid Bétancourt à l’agonie. Quelques jours passent et puis.. Rien ! Point d’orgue hier avec les grandes manifestations où on a insisté sur la présence très remarquée de membres du gouvernement, de la présidente d’Argentine et de Carla Sarkozy. Aujourd’hui on annonce qu’Ingrid Bétancourt ne serait pas aussi malade qu’on a pu le croire. De qui se moque-t-on ?

 

Essayons de comprendre et mettons un peu de lumière sur un évènement qui a eu une importance considérable.

 

L’attaque des forces américano-colombiennes sur le territoire équatorien qui a entraîné la mort de Raul Reyes, le négociateur des FARC…

Pire, on dit que Reyes aurait été localisé grâce à son portable à cause d’un coup de téléphone avec les français…

 

Donc, ce n’est pas compliqué, la France a joué la carte Uribe qui consistait à affaiblir les FARC et le rôle d’Hugo Chavez, espérant pouvoir assurer elle-même la médiation, une médiation humanitaire avec la promesse d’intercéder pour que les FARC soient reconnus comme un groupe politique et non terroriste et obtenir la libération et l’accueil en France de quelques guerilleros.

 

La France a participé indirectement à la mort de Reyes et à la propagande visant à faire de Chavez un complice des FARC. Le résultat est une impasse : les FARC ne veulent plus entendre parler d’échange humanitaire, ne prennent plus au sérieux Sarkozy. Chavez ne prendra plus d’initiative même s’il a proposé ironiquement à Sarkozy d’aller chercher Ingrid Bétancourt avec lui  « en la selva »

 

Le Falcon humanitaire envoyé par la France n’aura servi qu’à une chose : sauver la face et donner l’impression que tout a été fait de la part de la France pour libérer Ingrid Bétancourt. La manifestation noyautée par le gouvernement n’aura été qu’une opération de com pour l’opinion publique française. En réalité, elle signe l’abandon d’Ingrid Bétancourt à son triste sort. D’ailleurs, après avoir joué la carte de la mort inéluctable d’Ingrid Bétancourt, le gouvernement annonce qu’elle n’est pas si malade que ça. Comme par hasard. La seule issue, désormais, c’est le président Chavez si les FARC lui demandent de reprendre la médiation.

 

La famille Bétancourt et l’opinion publique française se sont fait manipuler sur cette affaire. Et c'est Ingrid Bétancourt qui en subit les conséquences de l'amateurisme du Mickey de l'Elysée...

Publié dans international

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Darkside of the Moon 08/04/2008 19:12

Bonne analyse des faits, moi aussi j'ai été choqué par l'annonce disant "qu'Ingrid BETANCOURT ne serait pas aussi malade qu'on a pu le croire", tout va bien alors, elle est toujours prisonnière mais vu qu'elle n'est plus "en danger de mort imminente" c'est plus la peine de se presser. L'Elysée joue avec la vie d'une femme dans cette affaire, mais bon ce n'est pas la première fois.

J'en ai vraiment raz le bol de toutes ces belles paroles, de ce pompier pyromane qui en plus a le culot de nous donner des leçons de morale
Un jour On se rendront compte que le mot valeur ne désigne pas forcément ce qui git dans la poche arrière de nos pantalons, sauf que ce jour là n'arrivera que quand nos portefeuilles seront vides
Merci pour ce billet en tout cas
Darkside