Municipales : aux Antilles, la diversité a droit de cité

Publié le par Milton Dassier

fdf.jpgDans l’hexagone, pas ou très peu de membres des minorités visibles sur les listes aux municipales.
Cela va, parait-il, selon certains, dans le sens, d’un échec de l’intégration et correspond au désir de préservation de l’identité nationale. C’est du moins, ce qu’expriment nombre de français. Ils l’expriment tellement fort que, sans doute, des candidats ont-ils eu peur de perdre leur vote s’ils faisaient de la place aux minorités visibles.
Nous sommes donc dans un déni de démocratie basée sur l’assimilation : français des minorités visibles = enfants d’immigrés, enfants d’étrangers.
 
Aux Antilles, c’est tout le contraire. Jusqu’à il y a peu, les maires voyaient dans la population d’origine européenne de leur commune et parfois regroupée dans les mêmes quartiers pas forcément huppés, des immigrés qui repartiraient un jour vers leur douce France ou s’assimileraient purement et simplement au mode de vie créole. Dans ce cas, aux yeux des maires, il n’était pas nécessaire de les singulariser puisqu’ils allaient devenir des créoles comme les autres.
 
Cette année, les choses changent un peu, mais à contre-courant de ce qui se pratique en métropole.
Des candidats se sont aperçus que dans certaines villes des Antilles, la proportion de la population d’origine métropolitaine atteignait des chiffres importants : 10%, 20%, 30%.
Ils sont allés à la rencontre de ces personnes, certaines ont exprimé leur désir de participer à la vie de la commune et ainsi, ces candidats ont intégré sur leur liste quelques-unes de ces personnes françaises « immigrées » aux Antilles. Ces candidats font donc un coup double, ils apparaissent comme ouverts et modernes et s’assurent des voix dans cette communauté blanche.
 
Pourquoi ce qui est possible sans anicroche dans ces petits bouts de république ne le serait-il pas dans les communes de métropole où une part importante de la population française est issue des minorités visibles ?
 
 

Publié dans politique

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milton 08/03/2008 13:52

D’arracher l’indépendance ?. Mais tu sembles ignorer que le conseil régional est dirigé par les indépendantistes et le conseil général par le parti autonomiste de Césaire…
Indépendance, si on veut bien. Tu la finances comment ?
Pourquoi arracher une indépendance qui conduira à une autre forme de dépendance envers le FMI et les USA ?
Question tranchée par les martiniquais eux-mêmes qui se satisfont de la république française et de ses acquis sociaux tout en ne cherchant pas à tout prix à s’aligner servilement sur les lubies des libérales sécuritaires de la Sarkozie. Ils l’ont prouvé en remettant en cause la venue de Sarkozy en 2006.
C’est l’indépendance d’esprit de choisir et non subir une indépendance.
Un jour peut-être…

bountykiller 08/03/2008 03:38

Les antillais feraient mieux d'arracher leur independance au lieu de se complaire dans leur statut d'eternels esclaves.....

Hervé Pugi 07/03/2008 15:54

Voilà un bon petit sujet sur les élections enfin original. Ce qui est dit là est très intéressant. L'ennui en métropole est effectivement que la représentativité n'a rien à voir avec la diversité de la population. je pense que l'intégration des "minorités visibles" en politique serait même un atout non négligeable dans le dialogue social urbain pour le parti qui serait aller au-delà du symbole qui est de placer quelques enfants de l'immigration à des postes clés. C'est à chaque échelon de la politique que l'on doit retrouver la diversité. Mais ce n'est en tout cas pas en "utilisant" ses origines, comme Rama Yade a pu le faire dernièrement, que les choses vont changer. Merci pour ce sujet !!!

Daniella 07/03/2008 13:18

Aux Antilles, en effet, les responsables politiques internes, ont toujours eu ce désir que le métro s'intègre et vote pour les élections intra-municipales, car personnellement, j'ai toujours voté, j'habite une commune très fréquentée par la communauté blanche qui s'aggrandit chaque année (à vous de vérifier si vous avez un doute) et je ne vois quasiment pas de personne de la métropole venir, se déplacer pour voter ici .

Cela ne les intéressent pas du tout, apparemment, alors que doit-on penser ? Un problème d'intégration ? Très certainement!