Le Bétancourt Poker Tour

Publié le par Milton Dassier

undefinedJe ne sais comment Sarkozy voit les choses mais, une chose est sûre, il a bien raison de rester prudent sur le dossier Bétancourt. Il se limitera à de belles déclarations mais évitera de se frotter à ce panier de crabes.
 
Comment comprendre ce qui se passe sur place à la lumière des derniers évènements ? Comme un jeu de poker menteur ou un gambit aux échecs, bref le bluff dans tous ses dimensions !
 
Uribe brigue un troisième mandat. Ceci dit, il me semble que personne ne lui fasse reproche de tendre vers une présidence à vie ou l’instauration d’une dictature.
Son image a été écornée par les derniers succès de Chavez qui a obtenu des libérations d’otages à deux reprises. Ce qui tend à montrer que les intentions bellicistes du président colombien ne mènent pas à une issue heureuse.
Il lui fallait donc une action d’éclat. Les USA ont réussi à identifier le téléphone satellitaire de Reyes dans une région frontalière avec l’Equateur en pleine jungle, endroit peu accessible, là où les frontières ne sont pas très visibles.
 
Il se trouve que Reyes, apparemment, était l’interlocuteur de Chavez et peut-être même de Sarkozy.
 
Les FARCS en territoire équatorien, à 2km de la frontière, se croyaient à l’abri. Sans doute, l’armée colombienne a-t-elle reçu un soutien logistique américain avec la participation de forces spéciales. La réaction des président équatorien et vénézuelien, voisins de la Colombie, va dans le sens de la crainte de voir ces forces faire d’autres incursions dans leur territoire respectif. Il y a eu des rumeurs de coup de force, de coup d’état contre Hugo Chavez qui se voit accuser aujourd’hui de financer les FARC ou d’abriter des trafiquants de drogue, de bons prétextes pour justifier une intervention militaire.
 
Ingrid Bétancourt et les autres otages sont au milieu de ce jeu de ping-pong. Il est certain qu’Hugo Chavez gêne les plans d’Uribe. Si le président vénézuelien obtenait la libération d’Ingrid Bétancourt et d’autres otages, ce serait tout bénéfice, il entrerait dans l’histoire, passerait pour un bienfaiteur désintéressé.
 
Et, cette réussite déstabiliserait la Colombie et son allié américain.
 
On peut même en conclure, qu’en libérant des otages sans contrepartie comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant, les FARC portent des coups très sévères au président colombien qui n’a d’autre choix que d’accuser Chavez d’avoir versé une rançon de sa propre initiative.
 
 
Mais la mort de Reyes va remettre la négociation en question, du moins la retarder, ce qui n’arrange pas les affaires des otages.
 
Au niveau de Sarkozy, les choses sont complexes, il est l’allié d’Uribe mais ne peut compter que sur Hugo Chavez pour voir le dossier avancer.
 
 
 
 
 
 
 
 

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