Les français d'accord pour que la liberté soit le prix à payer pour la sécurité

Publié le par Milton Dassier

undefinedLa loi de rétention de sûreté de Rachida Dati est approuvée par 64% des français selon les sondages. Ces 64% de français en souhaitent une application immédiate et donc rétroactive.
 
Un chiffre important car le principe de rétroactivité si décrié n’inquiète pas des français qui se voient déjà en danger à l’idée que des criminels sortent de prison après leur peine. Il ne leur vient même pas à l’idée que le travail de soin, de réadaptation, de réinsertion ajouté à un contrôle judiciaire devrait normalement, s’il était bien fait, empêcher le risque de récidive.
 
Dans un billet précédent, j’assimilais cette rétention de sûreté à vie à une nouvelle forme de peine de mort.
 
Les chiffres me donnent raison. Voyez plutôt.
On ne sait pas de façon certaine la proportion de français pour la peine de mort mais des sondages sur la peine de mort aux USA nous éclairent énormément.
 
Un sondage a demandé aux français si les USA doivent abolir la peine de mort. Les français répondent non à 52% auxquels s’ajoutent 17% qui souhaitent que les USA l’appliquent aux crimes les plus graves. Cela fait 69% de français qui regrettent une forme de peine de mort car ce qui vaut pour les USA vaut pour la France sur un tel sujet.
 
Autre sondage, à la question : « pensez-vous que les USA doivent condamner à mort le cerveau des attentats du 11 septembre ? », 78% des français sont pour…
 
Entre 2/3 et 3/4 des français sont dont pour une peine ou un processus judiciaire qui « élimine » d’une façon ou d’une autre les criminels dangereux.
 
Ce qui est une manière d’approuver implicitement les lois sécuritaires du gouvernement qui ne manque pas une occasion d’entretenir un climat de peur dans la population. Pour cela il utilise l’annonce, l’alerte par rapport à une menace « terroriste » et dans un autre registre se sert de la compassion envers des victimes bien choisies de crimes odieux pour justifier une politique liberticide aux limites de la constitution.
 
Et puis, 50 ans de films, feuilletons et séries sur les grands criminels et autres serial-killer ne sont pas étrangers à cette obsession de la sécurité et du principe de précaution.
 
Finalement, à l’idée de guerre préventive s’ajoute aujourd’hui celle de rétention préventive…

Publié dans société

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Thalasrum 01/03/2008 12:46

Ne pas oublier que quand Badinter a fait sa loi sur la peine de mort, l'opinion était majoritairement contre lui.
Les grandes avancées sociales ou humanistes n'ont pas toujours eu lieu "avec" l'opinion. Les grands hommes d'État ont su aller à l'encontre de l'opinion, qui a ensuite accepté les choix politiques. La loi sur la laïcité a été acceptée dans une opinion majoritairement catholique. La semaine de 40h & les congés payés ont été imposés par Blum dans une société qui n'y croyait pas!
Dati va à l'encontre d'une idée des Lumières qui veut qu'une loi ne puisse être rétroactive!
On ne peut gouverner avec l'opinion!
La sagesse populaire a élu Hitler en 33. & seuls quelques députés se sont opposés à Pétain en 40!

Visiteur 29/02/2008 17:05

la star academy et toutes les télés réalités, qui ne sont rien d'autre que des jeux du cirque pervers, sont responsables de l'agravation de ces opinions.

C'est en tout cas leur objectif évident.

Milton Dassier 29/02/2008 17:17

Ce que vous dites est en grande partie faux. Les juifs et les tzsyganes étaient considérés comme des peuples parasites sans terre. Le raisonnement était que ces peuples n'avaient d'autres solution que de chasser et profiter. Il y avait une hiérarchie raciale très précide et tous les enfants de la fin du 19eme siècle jusque dans les années 50 ont eu droit à la litanie des peuples européens "supérieurs" aux autres peuples du monde.Et ce n'est pas moi qui parle du lien évident entre racialisme du 18ème siècle, racisme du 19eme siècle et nazisme, ce sont des personnes comme Hannah Arendt, Aimé Césaire et Sven Lundquist. On le sait, aujourd'hui, il y a eu des génocides en Afrique pendant la colonisation ( en Namibie,  au Cameroun, au Congo belge ..etc) et cela a servi à mettre au point des méthodes de plus en plus expéditives qui ont servi aux nazis surle sol européen. Le jeu d'aujourd'hui est de projeter la culpabilité des dirigeants européens qui ont laissé faire les nazis sur les peuples d'Europe. On insiste sur l'holocauste pour ne pas foutre en l'air tout un système politique et idéologique européen qui a inventé, justifié et même codifié le racisme qui a contribué à l'expansion et le rayonnement de l'Europe au delà de ses frontières ! 

Mehr Licht 29/02/2008 16:35

Rachida Dati aurait demandé de revenir à la peine de mort, qu'effectivement les français l'auraient approuvé avec une proportion aussi importante.

Quand on vote à 53% pour un PETIT mec sans envergure comme sarkozy, il faut s'attendre à de tels résultats. Un articles a d'ailleurs paru hier sur Québec Ogres. [VOIR ICI->http://www.quebecogres.info/article.php3?id_article=611]