Devoir de mémoire ou obligation de mémoire ?

Publié le par Milton Dassier

cap110.jpgEn ces temps de développement de la maladie d’Alzheimer, on a peur de l’oubli !
Au point que le président a eu l’intuition que les jeunes français n’en savaient pas assez sur les génocides et leur barbarie. Intuition, mot utilisé par un Xavier Darcos qui n'avait pas été consulté. Génocide, mais pas n’importe quel génocide, celui qui est considéré comme au top five de l’abominable : la shoah.
 
On a tous compris qu’il ne s’agit pas que de cela mais d’un signal fort destiné à la fois à Israël, aux USA et à une clientèle électorale. C’est dommage car la sincérité est de mise pour des choses aussi graves.
 
Devoir de mémoire qui devient comme une injonction thérapeutique dans la bouche du président de la république et sert sa diplomatie. Quoi ? Peur d’une récidive ? Alors rééducation civique pour tous les enfants. Pourtant, on apprend qu’à l’école primaire un chapitre spécifique est consacré « au génocide des peuples juif et tzigane durant la seconde guerre mondiale », que la question est travaillée à trois reprises au collège et au lycée.
 
Certains disent que grâce aux recherches historiques sur les noms et l’histoire des enfants, il faut éviter qu’ils tombent dans les poubelles de l’histoire comme le dit Serge Klarsfeld. L’idée est noble mais peut-être qu’il serait bon de fouiller les poubelles alors.
 
 
Sur la photo, des statues blanches sans visage. Pas de visage, pas de nom. Personne ne les connaît. Des fantômes de la mémoire, mais des fantômes anonymes car ils n’avaient plus de nom. Un esclave perdait son nom en devenant du bétail…
 
La traite négrière avait été interdite quelques années auparavant, un bateau surgit au large des côtes de la Martinique, il est en perdition pris dans une tempête terrible.. Le navire négrier fait naufrage dans les récifs, perd sa cargaison et tout son équipage… Ceux-ci recevront une sépulture chrétienne. La cargaison restera au fond des eaux sans aucune mention que c’était des hommes.
 
Plus de 150 ans et une dizaine de présidents plus tard, la commune où s’est déroulé ce drame a retrouvé certains documents et décidé de rendre hommage à ces hommes en leur donnant une sépulture. Combien étaient-ils ? Qui étaient-ils ? D’où venaient-ils ? Nul ne le sait vraiment. Alors on a orienté leur « visage » au cap 110, vers Gorée.
 
Oui, il est bon de ne pas oublier mais laissons les peuples en décider.

Publié dans politique

Commenter cet article

Daniella 21/02/2008 15:32

Je dirais que dans ces circonstances, puisque l'on oblige des gamins (comme nous l'étions et pour cela rien n'a changé) que c'est, alors, un de voir de toutes les mémoires, car nous sommes au 21ème siècle.

Peut-on parler de toutes les souffrances sans tomber dans la manipulation médiatique et aussi politique, dans cette paranoïa de tous ces gens de télé et des rédacteurs en chef de journaux qui parlent sans cesse de "concurrence victimaire"!

La vérité dans les manuels scolaires, au secours, toute la vérité, bande d'escrocs!!!