Sarkozy va tous nous civiliser..

Publié le par Milton Dassier

fr1er.jpgIl l'a promis durant ses voeux, il va nous apprendre à devenir de vrais civilisés. Sa politique, il l'a clamé, est une "politique de civilisation" et va placer la France à l'aube d'une "nouvelle renaissance".

Sauf que pour le moment, nous sommes plus sous le règne de Louis XI que sous celui de François 1er...

Donc pour ce président, la mission civilisatrice de la France vis-à-vis d'elle-même ce sont ces impératifs décrits ci-après :

Nous ne résoudrons rien si nous ne bâtissons pas l'école et la ville du XXIème siècle, si nous ne mettons pas au coeur de la politique le souci de l'intégration, de la diversité, de la justice, des droits de l'Homme, de l'environnement, si nous ne retrouvons pas le goût de l'aventure et du risque, le sens de la responsabilité en même temps que celui du respect et de la solidarité, ou si nous n'entreprenons pas de moraliser le capitalisme financier.

Reprenons chacun de ces points et étayons-les avec des faits et des décisions politiques des six premiers mois de politique "civilisatrice":

1.L'école et la ville du XXIème siècle : à part le non-remplacement d'un prof à la retraite sur trois, à part l'abolition de la carte scolaire et l'exigence de maîtrise du français, pas de changement fondamental pour l'école. Pour la ville, on attend le fameux plan anti-glandouille de Fadela Amara..

2.Le souci de l'intégration : présence policière dans les cités, emploi du terme de "voyoucratie" à l'égard des jeunes, discriminations, ghettos, chômage. On ne sait plus si c'est l'intégration le souci ou ceux qu'on intègre pas.

3.Le souci de la diversité : A part l'entrée de Rachida Dati à un ministère clé, on ne voit pas bien ce qui a été fait. On rappellera tout de même que cette diversité dans les milieux politiques était plus importante dans les années 60-90 avec de fréquentes nominations à des petits ministères de gens d'outre-mer et même un président du sénat ! L'outre-mer a été totalement oublié des plans sur une meilleure représentation de la diversité dans les institutions politiques.

4.Le souci de la justice : plus de répression, remise en cause des droits de la défense, fermeture des tribunaux et de conseils de prudhommes, négation des droits des sans-papier considérés soit comme des criminels, soit comme des chiffres à "éloigner"

5.Le souci des droits de l'homme : là on va simplement rire, parlait-t-il de ses droits de l'homme à lui? Non, ne poussons pas l'ironie jusque là. Par contre, dans la tête du président, les droits de l'homme c'est à l'étranger et cela ne concerne que ceux qui ont bénéficié d'une médiatisation. Les autres, il s'en fiche royalement. Pas convaincus? Pas un mot sur Guantanamo pour ne pas facher les américains, pas un mot aux israéliens sur les palestiniens emprisonnés, massacrés, spoliés, pas un mot aux turcs sur la répression anti-kurde, pas un mot à Moubarak, des félicitations à Poutine pour sa réélection, un ou deux murmures aux chinois, deux tentatives avortées à Kadhafi lors de son séjour mémorable. Quel souci pour Sarkozy !

Mais cela n'est rien comparé aux atteintes aux droits de l'homme qui ont lieu sur le sol français : les prisons, les centres de rétantion, les rafles d'étrangers sans papier, les contrôles au facies, le fichage généralisé de votre ADN si vous subissez une garde-à-vue, voire un contrôle prolongée pour n'importe quel motif, les écoutes administratives facilitées, le piratage policier des ordinateurs comme cela vient d'être décidé.

6.Le souci de l'environnement : Succès pour le Grenelle de l'environnement mais déjà, des associations signataires abandonnent le navire à cause du reniement du gouvernement sur certains points.

7.Le goût de l'aventure ou du risque : De quoi parle-t-il? Des concurrents de Kho Lanta? De Fort Boyard? Ou bien de l'Arche de Zoé? Encore de l'ironie . Plus sérieusement : il parle sûrement de choses qui ne vous concerne pas, le goût pour les investissements à risque dans des projets difficiles. C'est vrai qu'une partie du problème économique français, c'est la frilosité des investisseurs, des banques.. Pourtant ce sont de bons amis du président qui leur fait cadeau sur cadeau en réformant le code du travail par exemple!

8.Le sens de la responsabilité en même temps que celui du respect et de la solidarité : ça, ce sont les mots fourre-tout qu'on pourrait entendre dans n'importe quelle bouche d'homme politique aux affaires. Une façon de nous prendre pour des enfants. La responsabilité, chacun l'exerce comme il peut, déjà pour sa famille ou ses activités; le respect réclamé par le président, c'est envers l'ordre établi et les puissants et puis il y a la solidarité.. Parlons-en ! Les franchises médicales, les ponctions sur les budgets sociaux, la TVA sociale, les cadeaux sous forme d'exonération de charges sociales et fiscales qui vont grèver le budget de la sécurité sociale encore un peu plus. N'oublions pas qu'une bonne partie des actions de solidarité sont réalisées désormais par les associations donc nous-mêmes et ceci sans aide de l'état..

 

Publié dans politique

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