Lundi 22 octobre 1 22 /10 /Oct 19:34
Chlordécone aux Antilles : De sérieux doutes sur la sincérité du gouvernement
 
Une polémique est née à propos de l’opportunité de nommer Patrick Lozes à la tête d’une mission d’études. Certains voient dans les réticences de certains antillais, la marque d’un rejet des africains.
Il ne s’agit pas de cela. Car les choses sont très simples concernant Patrick Lozes.
L’affaire de l’empoisonnement par les pesticides n’est pas récente, des rapports ont signalé les dangers écologiques et sanitaires dés les années 1970. Le grand public aux Antilles a commencé à recevoir des bribes d’informations dans les années 1990 grâce à l’action d’associations de défense de l’environnement. Les années 2000 ont vu se confirmer ce que déjà maints rapports signalaient. Des plaintes furent déposées dans ces années-là, toutes déclarées irrecevables. Les autorités françaises sont restées silencieuses pratiquant une véitable omerta.
Patrick Lozes ,ne s’est jamais intéressé aux Antilles. A ma connaissance, il n’est venu qu’une seule fois, c’était en 2006. Il ne s’est jamais intéressé aux problèmes de l’environnement. Pourtant, en tant que président du CRAN, en tant qu’ancien dirigeant du CAPDIV (organisation qui s’intéresse à ce qui fait la diversité des populations en France), il aurait peut-être dû être informé des problèmes qui touchent les Antilles. Eh bien non !
Ce n’est pas une question de noir ou blanc, c’est une question de compétence et de légitimité. La santé de 800.000 personnes est en jeu, des sommes colossales sont en jeu, des carrières politiques et administratives sont en jeu. Et il faudra être fort pour espérer obtenir justice et réparations.
Rappelez-vous l’Amococadiz, comment la région Bretagne pourtant unie, n’a obtenu que des clopinettes après 10 ans de procès aux USA.
Rappelez-vous plus récemment, la Vendée qui, malgré les efforts de son exécutif régional a les plus grandes difficultés à obtenir justice après la catastrophe de l’Erika. 

Si l'empoisonnement des populations était confirmé, c'est la prison assurée pour une centaine de personnes parmi lesquelles des anciens ministres, des hauts-fonctionnaires des ministères, des patrons d'entreprises, des élus. Attendez que la presse étrangère s'empare de l'histoire...Bien plus grave que l'affaire du sang contaminé. La France ne s'en remettrait pas de sitôt.
Alors avant d’aller en justice, il faudra établir les faits. Or c’est à partir de missions comme celles que préside Patrick Lozes que cela pourra se faire. Déjà, aux Antilles, dans certains lobbies, on conteste la validité des études menées depuis des décennies par les scientifiques qui concluaient au danger des pesticides. On affirme que le lien n’est pas prouvé entre risque de maladies et exposition aux pesticides. L’un des représentants de la droite martiniquaise, hier soir, un sarkoziste UDF, reprenait cette idée d’« absence de preuve » tout en se disant en attente d’une étude scientifique qui validerait cette affirmation. On invoque le bénéfice du doute. Des représentants de lobbies déclarent qu’il n’y a peut-être pas empoisonnement de la population. Car il ne faut pas affoler les antillais. Des lobbies sont donc déjà à l’œuvre : bananiers, patronat, organisations professionnelles de promotion du tourisme (qui craignent que le scandale fasse fuir les touristes), organisations et institutions agricoles.. Sans compter les politiciens locaux, les anciens ministres, les hauts-fonctionnaires, les administrations locales et nationales concernées et montrées du doigt.
Louis BOUTRIN et Raphaël CONFIANT font douze propositions pour mettre fin à ce scandale.
  1. Gel immédiat de toutes les terres contaminées.
  2. Assurer la potabilité de l’eau servie à la population
  3. Traçabilité des aliments mis sur le marché – labellisation – Laboratoire d’Analyse.
  4. Suppression des LMR pour le Chlordécone
  5. Procédures urgentes d’indemnisation des agriculteurs, des aquaculteurs, pisciculteurs et autres professionnels
  6. Recensement de tous les ouvriers agricoles en contact avec le Chlordécone - Bilan médical complet. Etude épidémiologique spécifique pour cette population en Martinique.
  7. Etudes épidémiologiques portant sur l’ensemble de la population
  8. Tables rondes et Congrès des élus sur l’avenir de l’agriculture : « Quelle politique agricole pour les Antilles ? »
  9. Création d’une usine de bioéthanol en Martinique
  10. Dépollution des sols contaminés
  11. Suivi du volet judiciaire.
  12. Mise en place d’un plan de Communication – Transparence.
Sur le site bondamanjak, ils développent leurs propositions et s’étonnent du « réveil » soudain des autorités de l’état après 30 ans de silence et de négligence. Extrait :
 
 
 La France entière s’est réveillée avec cette terrible nouvelle d’un empoisonnement de la population antillaise par la faute d’un redoutable pesticide. Médusés et surpris par l’ampleur de la déferlante médiatique, nos gouvernants, jusqu’ici immobiles, se sont empressés de monter au créneau et tenter d’éteindre le feu. Plusieurs ministres se sont succédés à la télévision pour expliquer à l’opinion française en deux jours ce que les services de l’Etat ont caché à la population antillaise durant trois décennies à savoir : « Un désastre écologique entraînant une contamination de la population ».
 
Voilà où nous en sommes. Pensez-vous que les antillais peuvent avoir confiance dans la volonté et la sincérité du gouvernement et de ses chargés de mission à sortir de cette crise en établissant TOUTES les responsabilités et en poursuivant TOUS les coupables ?
Par Milton Dassier - Publié dans : société
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