Abstinence et SIDA : C'est prouvé, le pape s’est trompé !

Publié le par Milton Dassier

Abstinence et SIDA : Le pape s’est trompé ! 

 
sida-mw.jpgDes études sérieuses démontrent l’inefficacité de l’abstinence sexuelle pour prévenir le SIDA
 
 
Vous vous rappelez combien les religieux catholiques, le pape en tête, prônent l’abstinence sexuelle pour éviter d’attraper le sida. Cela fait débat  depuis longtemps car certains hommes d’église avaient été sous la houlette de Jean-paul II, jusqu’à désavouer l’encouragement de l’usage du préservatif puisque l’abstinence constituait, à leurs yeux, la seule réponse.
 
Sur le plan théorique, il y avait une certaine logique puisqu’en s’abstenant de relations sexuelles, il ne se produit aucun contact susceptible de permettre la transmission du VIH. L’église visait plus particulièrement l’Afrique où la pandémie se développait à grande vitesse sans que les gouvernements ne puissent grand-chose sur le plan des soins. La prévention était donc un enjeu majeur.
 
En « diabolisant » l’usage du préservatif au profit d’une abstinence particulièrement difficile à respecter, les autorités catholiques jouent avec le feu car l’abstinence sexuelle est un concept flou aux contours mal définis. Si l’on s’en tient au sens que lui donne l’église catholique, l’abstinence serait totale en dehors du mariage religieux. Cela exclut même les remariages après divorce puisqu’ils sont interdits par l’église.
Par contre, des relations sexuelles dans le contexte du mariage ou du remariage après veuvage sont normales selon l’église dans un but de procréation. Malgré tout, que se passe-t-il si, par exemple, un veuf se remarie dans la religion catholique, est séropositif, l’ignore et a des rapports sexuels dans un but de procréation ?
 
Maintenant, comment est comprise l’abstinence par ceux qui désirent s’y conformer tout en pouvant avoir une vie amoureuse et sexuelle épanouie?
 
Dans les campagnes de prévention prônant l’abstinence, on fait donc la distinction subtile entre :
-         l´abstinence primaire : repousser l´âge des premiers rapports sexuels par exemple jusqu’au mariage, et,
-         l’abstinence secondaire : pas de relations sexuelles en dehors du mariage, voire pas de relations du tout.
 
 
Des études  très sérieuses sur l’efficacité des consignes d’abstinence sur la propagation du virus du SIDA viennent d’être publiées dans le prestigieux BMJ (British Medical Journal) en août 2007.
Dans l’article, j’ai retenu plusieurs choses comme celle-ci :
 
« Une seule étude a évalué l´intérêt de ce type d´intervention en Afrique et a conclu à son inefficacité sur la sexualité des populations concernées. En revanche, aucune étude systématique des programmes prônant l´abstinence sexuelle dans les pays développés n´avait été menée à ce jour. »
 
L’Afrique est un continent où dans beaucoup de pays, l’influence de l’église catholique est grande mais peu ancrée culturellement car répandue lors de la colonisation, il y a moins de 200 ans. C’est pourquoi, en théorie, l’abstinence devrait plutôt trouver un écho favorable, une adhésion plus grande dans les pays de tradition catholique millénaire : en Europe. Mias aucune campagne de prévention dans les pays européens ne s'est basée sur l'abstinence et dans les pays les plus catholiques (Irlande, Pologne, Italie, Portugal), personne n'a cherché à savoir si ça marchait !
 
Les auteurs ont trouvé aux USA où l’abstinence a bonne presse chez pas mal d’adolescents et de jeunes adultes, de quoi vérifier son efficacité. Ils se sont basés sur deux groupes de 15.000 sujets, l’un déclarant pratiquer l’abstinence, l’autre pas. Et ils ont constaté que l’incidence des pratiques sexuelles à risque (sexe oral, sexe anal, sexe sans préservatif) était similaire dans les deux groupes. Ils ont remarqué sur l’incidence des grossesses non désirées, des infections et de la transmission du VIH étaient identiques entre ceux qui se déclarent abstinents et ceux qui ne le déclarent pas.
Cela signifie ni plus ni moins que l’abstinence n’est rien d’autre qu’une attitude morale qui donne l’illusion de la protection contre l’éventualité du SIDA. Or, une attitude morale ne peut, en aucun cas, garantir un comportement sexuel constamment « raisonnable » vis-à-vis de la maladie. Par contre, l’utilisation du préservatif et les tests de dépistage offrent cette garantie et n’empêchent pas d’avoir une attitude morale d’abstinence en plus.
 
Mais ça, l’église ne l’a jamais mis en avant, bien au contraire. Elle a plutôt assimilé l’utilisation du préservatif à un encouragement pour une sexualité débridée donc en opposition avec la « juste » attitude de l’abstinence sur le plan moral. Le problème est que ce message en contradiction avec ceux des scientifiques de la prévention du SIDA a eu des effets dévastateurs dans beaucoup de pays d’Afrique et d’Amérique latine.
A ce propos, voici les derniers chiffres du SIDA chez les enfants en Asie, en Afrique et en Amérique latine pour l’année 2006
 
Les dernières données de l´OMS concernant la prévalence de l´infection par le VIH chez les enfants de moins de 15 ans vivant dans les pays du Sud font état de 2.3 millions d´enfants porteurs du virus, dont 530 000 nouvelles infections en 2006. Plue de 90% de ces infections ont lieu par transmission materno-fœtale et la progression vers le sida peut être très rapide en raison des co-morbidités associées (infections bactériennes, malnutrition, tuberculose, paludisme, etc.)
 
Jean-Paul II a été énormément critiqué pour ses positions intransigeantes. On ne risque pas de voir de changement chez son successeur Benoît XVI.
 

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J
L’utilisation ou non du préservatif relève d’un choix personnel et il est peu probable que le discours d’un Pape ou d’un Eveque ait la moindre incidence pratique dans la réalité. Quoi qu’acheter des préservatifs envoyés en Afrique pour les détruire ne tombe pas sous la protection se cette remarque. Au delà de l’indépendance supposée entre message théologique à valeur morale et retombées pratiques sur le comportement des gens, l’épiscopat s’est-il rendu coupable de divulgation de fausses informations qui engagerait sa responsabilité devant les instances “mortelles ? ” ? L’Eveque d’Orléans utilise curieusement la logique rationnelle pour présenter des conclusions fausses. La taille infime du diamètre du VIH rapprochée de la porosité des préservatifs amène un esprit cartésien à la conclusion que le préservatif n’est pas fiable : c’est parfaitement logique, et pourtant faux, la vérification expérimentale prouvant tout simplement l’erreur et invalide l’hypothèse logique. Là, il y a une évidente malhonneteté intellectuelle de l’Eveque, évidemment au courant. En revanche, une autre technique est utilisée pour discréditer le préservatif : celle de l’exception : en effet, le préservatif n’est pas fiable à 100% , mais à 99,5% pour des raisons qui peuvent tenir à des défauts de fabrication, de distribution, ou des maladresses d’emploi : on utilise ici l’impossibilité du risque zéro absolu. Là encore il s’agit d’un argument rationnel, et pourtant déraisonnable car ces accidents rarissimes ne sauraient remettre en cause la validité du message sur la protection apportée par lepréservatif....pour ceux qui l’utilisent ( remarque importante, pour ceux qui l’utilisent seulement ). Alors , il serait peut-être bon que les porteurs du sida ne soient plus victimes des désinformations similaires véhiculées par les associations sida ou les autorités elles-mêmes, car depuis plus d’un an , nous savons aussi, nous, porteurs du VIH, que la fidélité, ni la chasteté, NI LE PRESERVATIF, ne sont les seuls moyens de prévenir le sida : les traitements bloquent eux aussi la transmissibilité du virus. Certains malades, pas tous, bénéficient du courage de certains médecins qui informent des couples sérodiscordants sur les moyens d’avoir des rapports sexuels sans préservatif en toute sécurité. On remarquera à cet égard dans ce qui suit mais pas seulement, un tout récent jugement en Suisse qui a totalement disculpé un séropositif inculpé pour avoir eu des rapports non protégés , au titre qu’il ne pouvait pas transmettre leVIH, sa charge virale étant indétectable. Ici, il faut approfondir et expliquer la duplicité des associations sida qui empechent la divulgation de telles informations, essentielles pour nous, les malades soignés. Les associations qui condamnent les malhonneteés intellectuelles de l’Eveque d’Orléans et la position de l’Eglise, utilisent exactement les mêmes ruses qu’elle à nos dépens. Elles véhiculent une objection Logique tout autant que fausse, à savoir la présence de trace de VIH dans les sperme malgré la charge virale indétectable. Ainsi , nous resterions contaminants ! Objections d’une logique implacable, aussi crédible en réalité que la taille ultramicroscopique du VIH pour passer à travers le préservatif : logique mais faux ! Les chercheurs savent aujourd’hui que malgré cette objection, il n’y a pas de contamination liée à cette observation . Alors, les associations ont recours à un autre argument, le même que celui avancé par L’Eglise : la protection n’est pas assurée à 100% mais à 99%, et ces seules exceptions devraient suffire à empecher qu’une information aussi “dangeureuse” parvienne aux oreilles du public. Mais alors, pourquoi ces associations prétendent-elles que le préservatif n’est pas dangeureux à ce même titre !!! Car en définitif, à cause de cette attitude des associations qui prétendent défendre nos intérets, bien des gens s’imaginent qu’un séropositif est un contaminateur dangereux, alors que des tas de gens qui de toutes façons ne mettent pas de préservatifs en toute connaissance des risques , seraient beaucoup moins exposés avec des séropositifs qu’avec des inconnus, dont certains sont des porteurs du VIH ignorants qu’ls le sont, et qui sont eux, les seuls contaminants. Si les gens à risque étaient enfin dépistés, rassurés en particulier qye grâce aux traitements on ne transmet plus le virus, les gens qui fuient le dépistage et transmettent le virus iraient se faire soigner, ne seraient plus contaminants, et nous qui sommes déjà soignés, ne souffririons pas de cette image de contaminateur ou de conjoint apportant une sexualité perpetuellement insatisfaisante car condamnée à la capote, ce qui est totalement faux. Vous aures surement remarqué que les campagnes actuelles tournent essentiellement autour du dépistage, certaines sous entendant même qu’après le test on peut se passer du présevatif avec son conjoint....tout le monde s’imagine que la probabilité d’être séropositif est faible, et qu’une fois anoncée la bonne nouvelle, on peut ôter le préservatif au sein de son couple quand on se met en ménage etc....eh bien, ce message va bien au delà de ce que vous croyiez si vous considérez les tenants et les aboutissants des informations que vous venez de lire, qui ne sont pas cachées, pas niées, mais tout simplement tues, pour des raisons que nous jugeons fausses , mais qui prévalent actuellement. Rajoutons que l’un des arguments qui bloque l’accès universel aux traitements, et qui n’est pas financier, c’est qu’il ne sert à rien de faire survivre des gens si cette survie entraine la possibilité pour eux de contaminer ensuite ( on appelerait ça la réalpolitik de santé publique! ) En réalité, l’avenir de l’épidémie dépend uniquement de l’accès aux soins, et l’OMS a déjà calculé que si tous les séropositifs étaient soignés par les traitements actuels, les contaminations seraient réduites de 90% en 10ans même en l’absence de l’usage de préservatif. Le problème, c’est que ni l’Eglise, ni les associations ne veulent que l’on évoque cette troisième piste. Nous, malades, portons en réalité une accusation directe contre les associations , car nous savons que certaines associations ne sont pas seulement portées par l’intéret des malades, et que bien au contraire, elles nous enterrent vivants , et sont aujourd’hui tout autant responsables d’un statut quo invraisemblable qui retarde le recul de l’épidémie, laquelle ne progresse depuis l’extension de l’accès aux médicaments..... mais cela aurait dû aller beaucoup plus vite et plus loin , si des informations aussi essentielles que celles-ci n’étaient sciemment entravées. Elles le sont de moins en moins, le rapport Hirschel ( ancien président d’une des conférence mondiales sur le sida) fait partie de ces scientifiques libérateurs, mais en face de lui, il n’y a pas que l’Eglise, il y a aussi des .....associations sida , des autorités frileuses, hésitantes, ou dont la duplicité , l’incompétence et l’irrresponsabilité n’ont pas à faire palir l’Eglise de honte...quoique ce n’est pas brilant ni dans un camp ni! dans l’autre....
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J
Citons l'intégralité de la réponse du Saint-Père au journaliste de France2:<br /> <br /> Philippe Visseyrias, France 2 : Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Église catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ? <br /> <br /> Benoît XVI : Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Église catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’ Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la <br /> solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Église agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.<br /> (traduction de La Croix)<br /> <br /> Il me semble que son propos est tres cohérent, et je n'y vois rien de scandaleux.<br /> <br /> D'autre part, les medias occidentaux (Francais!) se focalisent beaucoup sur cette question, avec une honnêteté intellectuelle modérée, pour dire le moins... <br /> <br /> Citons quelques propos qui peuvent nous éclairer:<br /> <br /> Le président du Burkina Faso Blaise Compaoré:<br /> <br /> Vous présidez personnellement le Comité national de lutte contre le sida. Pourquoi ? <br /> <br /> C'est un engagement moral quand on est responsable d'une communauté de 12 millions de personnes. En Afrique de l'Ouest, le sida menace la vie de millions d'hommes et de femmes. Son impact sur la société est considérable. Le chef de l'État doit être à l'avant-garde. Le Burkina a développé un cadre stratégique classique avec les éléments clés de la lutte contre le sida : la prévention, le suivi épidémiologique, et la prise en charge des malades. Nous commençons à enregistrer des résultats - le taux de prévalence est passé de 7% en 1997 à 4% en 2003. [...] <br /> <br /> Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...] Les Européens n'éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina , nous n'avons pas le temps. [...] <br /> <br /> Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. Les Français aiment la polémique, c'est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l'Église en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l'imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l'ambition d'affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du sida. [...] <br /> <br /> Beaucoup de gens ignorent le travail de l'Église en Afrique. En France, l'intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l'Église est d'abord synonyme d'écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n'est pas théorique, il est pratique. L'Eglise apporte sa contribution. Si l'abstinence est un moyen de prévention, nous n'allons pas nous en priver ! [...] L'Eglise n'a pas le monopole de l'abstinence ! En tant que chef de l'Etat, j'ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne "C'est ma vie". L'objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités. Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l'abstinence : "J'ai décidé de m'abstenir de tout rapport sexuel quand mon mari (ma femme) est absent(e)", et "J'ai décidé de m'abstenir de toute relation sexuelle jusqu'au mariage"."<br /> <br /> Mgr Slattery, de Tzaneen, en Afrique du Sud, présente (http://www.zenit.org/article-17020?l=french ) le documentaire intitulé «Semer dans les larmes», qu'il vient de réaliser avec le producteur Norman Servais, sur l'épidémie du SIDA dans son pays. Ce documentaire vient de gagner le «Grand Prix» au 22ème festival international multimédia catholique «Niepokalanow 2007» : <br /> <br /> "En dépit de la promotion qui est faite dans les écoles pour le préservatif, il y a un taux de grossesse élevé parmi les filles en âge scolaire, parfois jusqu'à 20%". <br /> <br /> <br /> "L'Afrique du Sud et les pays voisins du Botswana et du Swaziland ont les taux d'infection les plus élevés au monde et les taux de distribution de préservatifs également les plus élevés. [...] <br /> <br /> L'objectif de l'Eglise dans le pays est de «lever le voile du secret sur le SIDA et d'inciter les gens à en parler ouvertement». <br /> <br /> "On leur fait croire qu'il n'y a pas de véritable crise. Ils voient que beaucoup de jeunes meurent mais on leur dit qu'ils attrapent le SIDA parce qu'ils n'utilisent pas le préservatif correctement. Derrière tout cela il y a une croyance largement répandue selon laquelle les personnes qui meurent du SIDA ont été ensorcelées". <br /> <br /> "L'Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l'épidémie du SIDA au début des années 90. La position forte et claire du président Museveni a constitué l'élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant l'abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles".<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Pour résumer, le pape n’a jamais dit que l’Eglise interdisait aux personnes contaminées par le sida d’utiliser un préservatif. C’est vraiment le prendre pour le dernier des imbéciles ! Ce qu’a simplement dit Benoît XVI - et qui ne fait d’ailleurs hurler que les Occidentaux - c’est que le problème du sida ne se résoudra pas uniquement avec le préservatif. La pandémie du sida est aujourd’hui avant tout un problème de comportement et d’éducation des consciences avant d’être un problème sanitaire.
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M
<br /> Merci pour ces éclaircissements. La position du pape est évidemment commentée de façon très excessive. Cela se comprend non pas à cause de cette ambiguïté d'opinion autour de l'usage du préservatif<br /> mais sur la façon par laquelle en voulant éduquer les comportements, on cherche plus à culpabiliser qu'à responsabiliser autour de la question sexuelle. Dans ce cas, s'il s'agit de moraliser tous<br /> les comportements, y compris ceux envers l'argent (en prenant des mesures de rétorsions anvers les profiteurs financiers, je verrais bien une excommunication des gros banquiers, des dictateurs, des<br /> politiciens qui lancent des guerres, financent le terrorisme ou les marchands d'armes). Il y a comme un parfum de deux poids, deux mesures dans l'église. Mais, il est certain que toutes<br /> les énergies sont bonnes à prendre à propos de la santé des populations, ce que rappelle le président du Burkina. Ce qu'il faut éviter à toutprix, c"'est de mettre en concurrence deux façons de<br /> prévenir : la prévention directe qu'offre le préservatif et la prévention par l'éducation sanitaire et sexuelle. Or, personne ne conteste le fait qu'il est nécessaire d'éduquer les populations<br /> à une vie sexuelle plus saine et plus responsable, cela passe aussi par l'alphabétisation par exemple.<br /> <br /> <br />
S
Sur l'inefficacité du préservatif dans la lutte contre le SIDA, je vous renvoie à la position d'un scientifique éminent : Edward GREEN, directeur du projet de recherche sur la prévention du sida à HARVARD :http://article.nationalreview.com/?q=MTNlNDc1MmMwNDM0OTEzMjQ4NDc0ZGUyOWYxNmEzN2E=
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M
<br /> <br /> J’ai lu l’article que vous mentionnez. Pas un chiffre, pas une statistique. Rien. Juste l’avis de quelques scientifiques isolés.<br />  De plus, on confond allègrement les niveaux de prévention.<br /> <br /> <br /> Oui, l’éducation sanitaire est nécessaire et des recommandations sur avoir un partenaire unique, sur la responsabilisation de ce<br /> qu’engage une relation sexuelle est indispensable. Mais un autre niveau de prévention implique de se protéger même dans le cadre du mariage si jamais, il y a un doute. Personne n’a jamais remis<br /> en cause le premier niveau de prévention mais vous, le pape et d’autres se permettent se remettre en cause le second avec seulement des arguments moraux. Moi, je me souviens d’une interview de<br /> Sœur Emmanuelle qui déclarait qu’il lui arrivait de distribuer elle-même des préservatifs.<br /> <br /> <br /> Les programmes de l’OMS et d’autres institutions internationales sont pourtant clairs.  J’ai même trouvé une étude sur un site catholique qui défend l’abstinence mais reconnaît que le préservatif malgré ses imperfections (ce que personne ne<br /> conteste) divisait par 5 le risque d’attraper le VIH pendant un acte sexuel.<br /> <br /> <br /> Les études sur les couples « mixtes » (1 séronégatif – 1 séropositif) montrent une fiabilité du préservatif dans une<br /> utilisation minutieuse proche des 100%.<br /> <br /> <br /> http://pagesperso-orange.fr/radix.ecclesiae/inf.bio.preserv.protect.html<br /> <br /> L’idéal bien sûr est d’avoir des partenaires sains qui font régulièrement le test et utilisent le préservatif en cas de doute. N’oubliez pas qu’il existe des moyens non sexuels d’attraper la<br /> maladie.<br /> <br /> <br /> <br />
S
Encore faux : le plaisir sexuel est un bien propre du couple qui peut légitimement être recherché pour lui-même. Quant aux pratiques sexuelles, saint Thomas dit juste qu’il faut savoir raison garder, ce qui laisse de nombreuses possibilités d’expression de sensibilités diverses. Benoît XVI a réhabilité l’Eros dans son encyclique Deus caritas est. Le reproche fait au christianisme d’être l’adversaire du corps est très largement injustifié.
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M
<br /> <br /> Et la masturbation? Qu'en pense l'église?<br /> <br /> <br /> <br />
S
Vous vous trompez l'Eglise catholique n'enseigne pas que le plaisir est à proscrire. Comme beaucoup de gens vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Vous avez peut-être été dans l'enseignement catholique mais on ne vous y a pas fait lire le cantique des cantiques apparemment.
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M
<br /> Le plaisir n'est pas proscrit, vous m'avez mal lu mais il n'est pas une fin mais un moyen d'avoir des rapports sexuels plus fréquents car le but de l'union d'un homme et d'une femme, c'est d'avoir<br /> une famille. L'église interdit tout un tas de pratiques et de jeux sexuels qui détournent l'acte de sa fonction première : la repoduction : Les fantasmes, la masturbation (même à deux),<br /> l'amour oral, la sodomie par exemple. l'âme étant alors sous la domination de la recherche du plaisir du corps et donc avilie par le pêché.<br /> En 1996, la Conférence des évêques de France a déclaré que le préservatif était un moyen nécessaire, quoique insuffisant, pour lutter contre l'épidémie. Des gens bien plus raisonnables que leur<br /> pape qui s'imagine que toute personne sur terre doit s'efforcer d'avoir la conduite d'un saint.<br /> <br /> <br />