La chasse aux sans-papier: une tradition bien de chez nous désormais

Publié le par Milton Dassier

president-jet-set.jpgPendant que la moitié des français pantouflent en vacances et que les ministres s'apprêtent à faire de même, les sans-papiers restent l'objet de brimades, traques et rafles en tout genre. Cela fait 20 ans que ça dure. Rappelez-vous, tout a commencé à l'époque de Pasqua en 1987, l'église St-Bernard en 1996, ça vous rappelle bien quelque chose, n'est-ce pas. Et ça n'est pas prêt de s'améliorer avec "Nanomobile" comme président (Je l'ai piqué à OSS 118!).

Vidéo aux archives de l'INA, cliquez ICI

Au fait, le 29 août 2007, Actup appelle à une "manifestation anniversaire" pour soutenir les sans-papier devant l'église St Bernard.

 



Un nouveau délit: le travail clandestin sans papier

La loi prévoit que le travail clandestin ou travail au noir n'est un délit que pour l'employeur. En effet, en embauchant des personnels sans les déclarer, il foule aux pieds leurs droits sans s'acquitter de ses devoirs. Dans ce cas, selon la loi, l'employeur est redevable envers le travailleur et son emploi devient automatiquement et rétroactivement un contrat de travail imposé par la justice, ce qui oblige l'employeur à payer les cotisations et taxes liées à ce travail.

Pour un sans-papier, avoir un travail c'est non seulement recevoir une rémunération mais c'est aussi pour lui, la possibilité de pouvoir justifier qu'il s'intègre et ainsi éviter une expulsion éventuelle notamment s'il a une famille à nourrir.

 Le phénomène a été particulièrement médiatisé quand on a découvert que des travaux d'aménagement de la résidence des premiers-ministres "La Lanterne" commandés par l'Elysée, juste après la victoire de Sarkozy, étaient réalisés par des sans-papiers. Une coincidence malheureuse pour ce président qui prétend lutter contre l'immigration clandestine avec détermination, fermeté mais humanité (sic).

 

Discrimination et criminalisation du travail illégal CRSUMP.jpg

Ridiculisés, Sarkozy et Hortefeux ont décidé que le travail clandestin d'un sans-papier était un délit.

Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale a donc ordonné que les inspecteurs du travail auraient le devoir, si ce n'est l'obligation, de dénoncer les sans-papiers qu'ils trouveraient dans une entreprise qu'ils contrôlent. L'intérêt est double: contrairement à la police, les inspecteurs du travail peuvent controler à tout moment et sans mandat n'importe quelle entreprise et ils n'ont de compte à rendre à personne de par leur statut qui les place sous l'autorité morale du BIT (Bureau International du Travail). En se voyant, du jour au lendemain, imposer des missions de délation et de police et placer sous la tutelle du ministre de l'immigration et de l'identité nationale alors que leur rôle est de protéger tous les travailleurs, la majorité des inspecteurs du travail a décidé de se rebeller et en appelle à la justice (conseil d'état).

 

SGE-EFX48-020905191210-photo00-quicklook-default-245x183.jpgPas d' "Au revoir les enfants!" cette année!

Les rafles se poursuivent avec beaucoup de zèle. Chercherait-on à nettoyer la France des sans-papiers les plus visibles? On dirait bien que oui avec l'arrestation de 120 sans papiers, avant-hier, à Lilles dont certains en grève de la faim. 67 sont toujours en garde-à-vue à l'heure où j'écris ces lignes, les autres ont été relachés ou placés en camp de centre de rétention. Par contre, on laisse les enfants tranquilles cette année. Comme quoi, la résistance résolue des associations l'an dernier a découragé toute initiative policière qui pourrait être préjudiciable à l'image d'ouverture du gouvernement. Il y a de la part des politiques et d'une bonne partie des français, une sacrée hypocrisie : "Ne touchez pas aux enfants, ils sont si mignons mais faites comme vous voulez avec les adultes, ils sont si pauvres!"

l'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu (François de la Rochefoucauld)

 

Publié dans société

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A
Bonjour Milton,<br /> <br /> J'ai d'ailleurs réalisé un reportage sur des expulsés à Asnières Sur Seine. Il y a certains sans papiers dans le groupe.<br /> <br /> Des bébés et leurs mères, dorment à la belle étoile.
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A
Oui, cette hypocrisie est scandaleuse! J'aime votre façon de la dénoncer.
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