Quantcast

Samedi 20 octobre 6 20 /10 /Oct 19:07

François Hollande a exprimé les regrets de la république pour le massacre par la police française de Papon, des algériens qui avaient manifesté leur soutien au FLN, le 17 octobre 1961.

Un beau et grand geste qui honore la république. Eh oui ! N'en déplaise à certains, la république doit être irréprochable (tiens, tiens, qui avait parlé de « république irréprochable »?) , sa police aussi !

Les réactions furent assez violentes. La droite, sauf les centristes, a fustigé cet acte de repentance avec des arguments pour le moins douteux, des arguments clientélistes qui font frémir.

 


 

La droite est prise en défaut car, depuis plus de dix ans, elle a encouragé localement des commémorations plus que douteuses pour l'OAS et les tenants les plus fachos de l'Algérie française.

Le transfert prochain aux Invalides des cendres du général Bigeard, tortionnaire à Alger puis député et ministre de droite sous la présidence de Giscard en est une illustration. Apparemment, le gouvernement de gauche va laisser faire cette idée de la droite!

Mais revenons au 17 octobre 1961 et à la réaction outrée de la droite française à travers les déclarations de François Fillon. Même des personnalités en vue de la communauté juive se sont émus de cette violence verbale, ayant bien compris que les critiques envers le devoir de mémoire envers les algériens de France de 1961, pourraient aussi concerner le devoir de mémoire envers les juifs déportés de 1942 !

Cette droite qui aime parader au dîner du CRIF et se prononce pour le devoir de mémoire de la déportation des juifs avec la complicité de l'état français, se met en porte-à-faux. Il lui sera bien difficile désormais de parler de valeurs républicaines qu'il faut défendre.

La repentance n'est pas un acte de faiblesse. Contrairement à une idée savamment répandue, les grands dirigeants du monde ont exprimé des regrets pour des actes commis par leur pays dans le passé.

 

  • L'état Belge a fait acte de repentance pour la déportation des juifs tout récemment en septembre 2012.

 

  • En 1991, l'Autriche créait un service national pour la mémoire de l'holocauste pouvant constituer une alternative civile au service militaire.

 

  • Le rôle du Royaume-Uni dans l’esclavage est un sujet de « profonde tristesse et de regret »(deep sorrow and regret) avait déclaré le premier ministre britannique Tony Blair en 2007.

 

  • En 1999, le président Bill Clinton exprima ses regrets pour la participation des Etats-Unis à l'esclavage qui avait eu lieu sur le sol américain. Georges W Bush en 2003 a fait de même. En 2008, le congrès des USA a présenté ses excuses sincères, le sénat aussi. Donc à quatre reprises sur dix ans, les Etats-Unis ont fait acte de repentance pour l'esclavage. Et on ne compte pas les regrets et repentances exprimées par les gouverneurs des états. Les Etats-Unis sont-ils un pays faible et indigne ?

 

Alors, utile le devoir de mémoire ?

 

Jusqu'à ce que le président François Miterrand s'en émeuve en 1992, puis Jacques Chirac en 1995 , aucune commémoration officielle n'avait jamais eu lieu en France sur la déportation des juifs. C'est ainsi qu'on souligna à la fois la participation des autorités de Vichy à la déportation des juifs et le rôle des « Justes » qui luttèrent pour l'en empêcher. Sans cette repentance, aurions-nous entendu parler des « Justes » ?

La loi Taubira a permis la commémoration de l'abolition de l'esclavage et a impulsé une connaissance étendue des modalités de ce crime en France et ailleurs, modalités occultées jusqu'alors. Des débats passionnés eurent lieu, ces débats ont enrichi la réflexion historique.

En effet, jusqu'à la fin du 20ème siècle à Paris, on trouvait des monuments à la gloire de certains proesclavagistes comme Rochambeau ou le général Gobert mais, à part Victor Schoelcher, l'oubli pour ceux qui s'étaient illustrés dans la lutte contre l'esclavage le payant parfois de leur vie.

Tout crime mérite d'être dénoncé. Il en va de même pour ces graves atteintes à la condition humaine qui ont eu lieu. Pendant des décennies, certains ont fait leur fond de commerce sur une histoire de France présentée comme glorieuse depuis des siècles. Un fond de commerce très profitable sur le plan politique. La droite, et ceux à gauche qui se veulent plus nationalistes que la nation, ont tenté plusieurs fois de faire croire que la colonisation avait été bénéfique pour les populations colonisées. Ils ont nié les terribles massacres qui ont eu lieu un peu partout dans l'ancien empire colonial sans oublier le travail forcé et les humiliations.

Les illusions historiques tombent les unes après les autres. Il y en aura d'autres. Serons-nous capables de regarder la vérité en face comme l'Allemagne post nazie le fit avec une dignité inégalée ?

Ou alors en regrettant la repentance, sous-entend-on qu'il faudrait se garder un droit à la bavure, ou pire, un droit de recommencer ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : anticolonialisme - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 octobre 3 17 /10 /Oct 15:50

L'hypocrisie est à son comble. La gauche est au pouvoir mais les idées conservatrices progressent.

http://p6.storage.canalblog.com/62/46/670430/76505093.jpgQuestion société, le statu quo est de rigueur. J'en veux pour preuve le débat surréaliste autour du cannabis, les contrôles d'identité au faciès, le mouvement des "pigeons".

Légaliser ou non? Dépénaliser ou non? Une levée de boucliers médiatique opère dans l'opinion publique française.

On entend les mêmes arguties qu'il y a trente ans, les mêmes inepties: 

 

Le cannabis est une drogue dangereuse! 

 

Le cannabis mène obligatoirement vers l'enfer des autres drogues!

 

Dépénaliser le cannabis c'est banaliser un produit toxique et encourager les trafiquants dans leur sale besogne.

 

Hypocrisie puisqu'on sait que la police ne peut rien contre la consommation de cannabis qui a explosé comme nulle part ailleurs en Europe.

Hypocrisie puisqu'on sait que le trafic de cannabis n'a jamais été aussi florissant.

Hypocrisie puisqu'on voit que pas mal de fumeurs de joints ne sont pas des jeunes oisifs mais des adultes qui travaillent, cotisent et payent des impôts. Beaucoup préfèrent d'ailleurs cultiver quelques plants chez eux pour leur consommation personnelle ce qui leur évite de devoir solliciter des dealers.

Hypocrisie quand, tout en affirmant que l'alcool et le tabac sont des produits dangereux dont les conséquences sur la santé coûtent cher à la société, on n'en limite aucunement l'usage. On les taxe et ça décourage peu la consommation. Et puis, Avez-vous jamais vu un policier contrôler l'identité d'un mineur en train de boire une bière ou fumer une cigarette?

Dépénaliser, je suis pour, avec un souci particulier pour que ça reste strictement interdit aux mineurs. Une interdiction qui pourrait aller jusqu'à la prison pour tout adulte ayant encouragé et fourni du cannabis à un mineur. 

Dépénaliser je suis pour, pour que la police ne soit plus obligée de faire ce travail débile qui consiste à contrôler et fouiller n'importe quel jeune à la recherche de quelques grammes et mobiliser ainsi le temps de plusieurs policiers. Si une personne fume du cannabis dans l'espace public, cela ferait l'objet d'une contravention bien salée, histoire d'encourager les gens à en faire usage uniquement dans leur espace privé.

On fixerait des limites dans la culture de plants à usage personnel et le nombre de grammes à ne pas dépasser sur soi dans l'espace public.

Ainsi la police pourrait se concentrer sur l'usage de cocaïne bien plus discret...

 

Dépénaliser je suis pour, en informant sur les risques de l'usage du cannabis sur la santé comme on le fait tant bien que mal sur le tabac et l'alcool. L'importation et la distribution seraient fortement encadrées avec licences renouvelables. Par exemple en pharmacie, ou dans les bureaux de tabac. Des campagnes médiatiques visant à rendre "ringard" l'usage de cannabis seraient mille fois plus efficaces pour voir la consommation baisser. Mais si on garde un parfum de transgression à l'affaire, l'usage de cannabis gardera tout son "prestige", l'ivresse de faire quelque chose d'interdit s'ajoutant à l'ivresse du produit.

Alors on fait quoi? On garde la loi en l'état? Une loi que les juges ne peuvent mettre en oeuvre car elle fait courir le risque de sanction pénale à n'importe quel fumeur de joints occasionnel! Je pars du principe qu'une loi qui ne s'applique pas, c'est comme s'il n'y avait pas de loi!

La pénalisation justifie l'existence du trafic et son caractère mafieux et violent. 

Messieurs les conservateurs frileux, les trafiquants et leurs comptables vous disent merci!

 

Par Milton Dassier - Publié dans : opinions - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 octobre 5 12 /10 /Oct 19:20

http://media.rtl.fr/online/image/2012/0708/7750518565_manuel-valls-ministre-de-l-interieur.jpgSi ça continue comme ça, on va finir par mettre en cause mes prédécesseurs et je ne sais qui encore...

Peu reprise dans la presse, cette petite phrase de Manuel Valls à propos des graves accusations rapportées par Le Point dans l'affaire de la BAC Nord de Marseille sonne curieusement!

Le Point affirme sans crainte d'être attaqué que la hiérarchie policière aurait étouffé l'affaire au lieu de saisir la justice tant les faits étaient graves.

Cela se passait entre 2009 et 2011, sous le ministère Guéant. A l'époque, une commission interne à la police est saisie et classe l'affaire sans suite malgré des témoignages crédibles accablants.

Mais Valls, soucieux de ses ouailles en uniforme bleu, préfère balayer d'un revers de main les allégations du Point qui fournit tout de même des noms, des dates et des documents.

La hiérarchie policière marseillaise vertement attaquée à travers son numéro 2, cela aurait mérité au moins un procès en diffamation non? 

Des liens vers des vidéos de LCI permettent de mieux comprendre ce qui s'est passé :  Ici et ici.

D'ailleurs, il est étonnant "d'entendre" le silence assourdissant de Claude Guéant sur cette histoire. Après tout, l'ancien ministre del'intérieur était devenu un maître dans la dénonciation de la politique de sécurité des socialistes. Et puis là, c'est le silence total chez Guéant comme chez Sarkozy et  Gaudin (le maire UMP de Marseille).

Si les informations du Point sont vraies alors Manuel Valls vient de jouer un magnifique coup à trois bandes pour s'assurer les coudées franches pour asseoir ses ambitions.

Première bande: il prend les choses en main et réorganise la BAC de Marseille, l'opinion publique notamment à Marseille applaudit. 

Deuxième bande: il montre à François Hollande, à Jean-Marc Ayrault et au parti socialiste qu'il assure comme un Dieu, qu'il devient peu à peu incontournable sur l'échiquier politique.

Troisième bande: sa fermeté plait déjà à certains électeurs de droite mais en plus, Valls oblige les caciques de L'UMP à se taire puisqu'il en tient quelques uns et pas des moindres dans la main. En effet, si Guéant a été au parfum de l'affaire de la BAC nord et l'a laissé étouffer, il pourrait avoir à en répondre à la justice.

Et en plus, compte tenu de son souci de punir les brebis gâleuses sans stigmatiser l'ensemble de la profession, les policiers n'ont plus qu'à devenir des "bénis oui-oui" à tout ce que proposera leur ministre. Et dans cet art, ils excellent.

Je n'aime pas Manuel Valls et son côté ambitieux prétentieux à peine dissimulé, mais avouez tout de même que question habileté politique, c'est autre chose que Copé!

 

 

Par Milton Dassier - Publié dans : politique - Communauté : l'actualité en général
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 octobre 5 12 /10 /Oct 01:17

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2012-01/2012-01-07/article_cope-ok.jpgCopé est sur tous les fronts. Il tient tellement à être élu président de l'UMP et suivre son plan de carrière qui le mènerait à la présidence de la république qu'il tombe dans la démagogie tous azimuth.

Après le racisme anti-blanc, après le pain au chocolat menacé par les musulmans fondamentalistes, le voilà qui s'attaque à la fonction publique.

Selon lui, la fonction publique ne devrait être réservée qu'aux seuls forces de sécurité, à l'éducation nationale, à la défense et à la justice.

Pour les autres missions dévolues à l'état, on ferait appel au privé.

On le voit tout de suite, Copé n'a pas mesuré la portée d'une telle déclaration. On se demanderait presque ce qu'il a appris à l'ENA. 

Après tout, il s'en fout mais du moment que ça fait réunion de bistrot entre gens de droite, c'est ça qui compte. On en a la confirmation, à droite en ce moment, l'intelligence est au pinacle.

Si on suit Copé, les hopitaux deviendraient vite des cliniques privées;

les douaniers, des employés des chambres de commerce;

les travailleurs des impôts, des collecteurs et des agents de recouvrement privés;

les caisses de sécurité sociale, des assurances privées...

Avec tout ce que cela comporte d'abus, de recherche de rentabilité et donc très rapidement la fin des services publiques. Cela marquerait la fin du droit des usagers et des consommateurs, la fin des acquis sociaux, la fin des devoirs de tout fonctionnaire puisque celui-ci serait écartelé entre sa mission auprès des citoyens que nous sommes et les profits de son employeur privé qui a d'autres préoccupations que le service au publique.

L'état versant une somme des sociétés privées pour un cahier des charges que personne ne contrôlerait sérieusement en toute opacité. Déja que l'administration de la concurrence et des fraudes serait aux mains du privé. Vous imaginez ce que cela serait pour contrôler les entreprises qui sous-traitent les missions de l'état.

Et puis, poursuivons dans la même logique. Si des entreprises privées gèrent les salariés des services publiques, rien n'empêcherait des sociétés étrangères d'en prendre le contrôle financier et ainsi d'avoir un droit de regard sur l'administration française, lui imposant leurs méthodes, leurs moyens et leurs exigences. Par exemple, vous appelez les impôts et c'est un type du bout du monde qui vous répond parce que le service téléphonique a été délocalisé pour être moins cher.

Copé ajoute qu'il souhaite la fusion entre caisses de sécurité sociale et d'allocations familiales pour qu'il y ait un guichet unique. Des caisses sociales qui seraient aux mains du privé à plus ou moins long-terme... C'est donc la fin programmée de la sécurité sociale qui a déjà du mal mais ne s'en sort pas si mal. D'ailleurs, vous avez sûrement remarqué que tout est fait pour que la sécurité sociale reste tout le temps déficitaire, histoire d'avoir un prétexte pour la privatiser un jour...

Vous avez compris: un guichet unique où il faudra faire la queue pendant des heures pour obtenir de passer devant une hôtesse d'accueil encore plus débordée qu'avant qui vous demandera de patienter jusqu'à la fin de la journée avant de pouvoir rencontrer votre interlocuteur. Evidemment, pour que ça coûte encore moins cher, on fermera des antennes locales pour tout regrouper dans les grandes villes. Ainsi, le particulier de la campagne ou d'une lointaine banlieue devra parcourir 50 km pour juste déposer des papiers ou retirer une prise en charge médicale...

Un piêtre personnage, ce Copé, absolument motivé par son ascension...

Et l'intérêt général, où est-il?

Par Milton Dassier - Publié dans : social - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Rechercher

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés