géopolitique

Vendredi 18 février 5 18 /02 /Fév 23:45

Oui, les temps changent. Non seulement, l’Egypte a rouvert le terminal de Raffah mais elle a laissé passer deux navires de la marine iranienne dans le Canal de Suez qui se rendent en Mer Méditerranée.

Il s’agit d’une frégate et de son navire de ravitaillement. Les deux bateaux se dirigent vers la Syrie.

Tenez-vous bien, c’est la première fois depuis 1979 que des navires militaires iraniens empruntent le Canal de Suez. L’Egypte a reçu des assurances de la part de l’Iran que ces navires ne transportent rien sur le plan nucléaire, chimique ou bactériologique.

 

Le signal est très fort pour Israël et les occidentaux. Cette arrivée en Méditerranée de navires iraniens, pour peu qu’elle ne représente aucun danger militaire, montre que l’Egypte a décidé de prendre un peu de distance avec Israël et les Etats-Unis.

 

C’est aussi un test pour l’Iran qui peut ainsi assurer son soutien à la Syrie et au Liban tout en  montrant le rôle qu’il compte jouer dans l’Est de la Méditerranée. N’oublions pas que des gisements de pétrole off-shore ont été découverts au large d’Israël, de Gaza et du Liban…

 

Par Milton Dassier - Publié dans : géopolitique - Communauté : l'actualité en général
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Dimanche 30 janvier 7 30 /01 /Jan 23:08

 

On va faire un petit peu d'histoire.  

La scène se passe il y a 44 ans. Israël vient de remporter la guerre des "six jours" contre l'Egypte et a ainsi colonisé le Sinaï et une partie de la Cisjordanie, ce qu'on appelle depuis: "les territoires occupés". 

Dans une conférence de presse, De Gaulle revient pendant 14 minutes sur ce conflit. Vous allez voir à quel point tout est limpide. Il explique et analyse avec finesse comment dans l'histoire, les juifs ont pu profiter d'un capital de sympathie dans les opinions publiques occidentales.  

Il rappelle que l'existence d'Israël est un fait accompli, approuvé par la France en 1948 et que la sécurité d'Israël doit être garantie. Il complimente le peuple israélien pour son courage, y compris celui de ses soldats, et sa réussite à développer cette terre dans des conditions difficiles.

 Cependant, il n'est pas dupe qu'Israël s'est servi du prétexte de l'attaque égyptienne pour s'accaparer des portions de territoire palestinien.

 

Il n'est pas dupe qu'Israël n'a pas la "modestie" (sic) suffisante pour assurer une coexistence pacifique avec ses voisins ("(un modus vivendi pacifique"). A noter qu'il faudra des années de négociations pour qu'Israël obtienne cela avec la Jordanie et l'Egypte... Ce qui donne raison à De Gaulle a posteriori.

 

Il n'est pas dupe que cette guerre va conduire à une surenchère guerrière entre ce qu'il appelle "la résistance" (sic) dans les territoires pris et Israël qui la qualifie de terrorisme.

 

Il n'est pas dupe qu'Israël ne peut jouer ce jeu très dangereux que parce que les Etats-Unis ("l'un des quatre de Conseil de Sécurité de l'ONU") le veulent bien. Et il propose des solutions de bon sens...

 

Extrait pour ceux qui ne peuvent pas voir la vidéo:  

"En 1956, à la faveur de l'expédition franco-britannique de Suez, on avait vu un état d'Israël guerrier et résolu à s'agrandir. Et ensuite, l'action qu'il menait pour doubler sa population, par l'immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu'il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps, et qu'il serait porté, pour l'agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C'est pourquoi d'ailleurs la cinquième république s'était dégagée des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet état."    

Incroyable! Nous sommes en 1967 et De Gaulle a tout dit. En 14 petites minutes, il a défini sa politique envers Israël avec clarté, sans langue de bois, sans ambiguïté d'aucune sorte.

 

Comparez cela avec la politique actuelle de Sarkozy.

  

1967 - 2011: 44 ans de pourparlers, de résolutions de l'ONU, de plans de paix, d'accords bipartites, d'attentats, de guerres de représaille, de quartets, d'assassinat ciblés et d'exactions en tout genre.

 44 ans après, où en sommes-nous?

 

 La campagne de boycott des produits israéliens et des investissements en Israël va exactement dans le même sens que ce que prophétisait De Gaulle en 1967!: Appeler Israël à la modestie...pour sa survie.

 

  

Par Milton Dassier - Publié dans : géopolitique - Communauté : l'actualité en général
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Mardi 30 novembre 2 30 /11 /Nov 21:35

La Turquie de 2010 est à l'opposé de la France de Sarkozy. On se souvient tous de la façon dont l'administration Erdogan s'est opposé à Israël ces derniers mois quitte à facher ses alliés de l'OTAN. On se rappelle également sa prise de position en faveur des droits de l'Iran. Pourtant, en 2004, Erdogan était devenu un espoir pour les diplomates américains. Qu'on en juge.

 

Quand Erdogan était dans les petits papiers de Washington

 

Le mémo que j’ai traduit de ce qu’a publié Wikileaks est particulièrement intéressant. En 2004, les américains de l’équipe Bush étaient enthousiastes à l’idée de travailler avec Erdogan, Premier Ministre de la Turquie.

Ils louent ses qualités, son pragmatisme et sentent que les relations seront constructives avec lui.

 

Pourtant, quelques années plus tard, Erdogan se montrera prêt à prendre ses distances d’Israël et à se rapprocher de la Syrie et de l’Iran, les voisins de la Turquie. Si on en croit l’esprit de ce mémo, ce changement ne viendrait pas d’une mésentente de fond avec les américains. D’ailleurs Erdogan n’a jamais parlé de quitter l’OTAN. Sa crainte serait que les américains laissent un état kurde de facto, se créer au nord de l’Irak. Il n’en aura rien été. De quoi le rendre satisfait.

 

Toutes les hypothèses restent ouvertes pour comprendre pourquoi la Turquie a modéré son zèle pro-occidental. Sans doute,Israël a-t-il trop pris ses aises dans la région avec la bienveillance des américains et de certains pays occidentaux hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’union européenne. Erdogan a senti que cela menacerait les relations de la Turquie avec ses voisins, eux-mêmes hostiles à Israël, c'est-à-dire, la Syrie et l’Iran. Bref il est tout à fait possible qu’Erdogan ait refusé d’appliquer la fameuse maxime : « les amis de mes amis sont mes amis», lui préférant une approche plus pragmatique qui cadre finalement bien avec le portrait qu’en font les diplomates américains.

 

Le mémo de 2004 sur Erdogan

 

P.M. Erdogan attend de Washington de se concentrer sur Chypre, la réforme économique, et de la coopération anti-terrorisme entre autres. En retour, il fera pression pour

(1) des actions concrètes de la part des États-Unis pour bloquer la formation d'un Etat kurde de fait dans le nord de l’Irak;

(2) des actions concrètes des Etats-Unis contre le PKK en Irak, et

(3) un appui clair pour son gouvernement.

 

Alors que la partie turque voit la visite principalement sur le développement de notre stratégie globale commune, M. Erdogan est également à la recherche d'une issue public qu’il pourra présenter comme des résultats concrets. Dans le même temps, bien que M. Erdogan soit actuellement contestée en tant que figure politique de première importance en Turquie, il fait face à des défis qui, en cas d’échec, auront une incidence sur sa longévité au sein du gouvernement, sur le développement démocratique de la Turquie, et la coopération américano-turque.

 

Erdogan semble être à son apogée politique avec une chance hors du commun alors qu'il se prépare pour sa visite du 28 et du 29 janvier à Washington, où il espère démontrer l'administration américaine le reconnaîtra comme un partenaire à part entière.


Erdogan a montré qu’il était prêt à entendre les préoccupations des États-Unis comme

(1) de parvenir à un règlement du problème chypriote avant le 1er mai;

(2) de distinguer, une réforme économique crédible des politiques macroéconomiques;

(3) à coopérer sans réserve contre le terrorisme des groupes de tous bords, y compris les islamistes (il rejette le terme "terrorisme islamique"),

(4) de coopérer sur l'Irak;

(5) d’ouvrir la frontière avec l'Arménie, et

(6) de rouvrir le séminaire du Patriarcat œcuménique de Halki de manière acceptable pour le Patriarcat.

 

A son tour Erdogan fera valoir que l'amélioration des relations américano-turques à un niveau supérieur dépend directement 

(1) des actions US clairement politiques et diplomatiques pour dissiper la conviction et ressentiment chez les Turcs de tous les partis que les États-Unis sont pour  la formation de facto  d'un état kurde indépendant dans le nord de l'Irak;

(2) des actions concrètes du gouvernement américain visant à éliminer la menace du PKK en Irak,

(3) de l'appui soutenu du gouvernement américain pour une nouvelle initiative sur Chypre, et

(4) du signal sans équivoque que les États-Unis appuie le gouvernement démocratiquement élu.

A qui avons-nous à faire ?

 

Erdogan est charismatique, et possède un sens commun et une mémoire phénoménale des visages et des fonctions de milliers de membres du parti à travers le pays. M. Erdogan a un fond solide et pragmatique. Son pragmatisme l'a conduit loin du milieu islamiste radical de son passé, un point à noter pour nous malheureusement par son (radical), ancien chef spirituel Kemal Hoca. Son pragmatisme l'a aussi amené à éviter de pousser dans la précipitation l'ordre du jour islamique tels que le port du foulard islamique tout en utilisant ses compétences et sa personnalité et en maintenant son emprise sur les cœurs de ses partisans les plus religieux.

 

En bref, ce politicien, Erdogan a une capacité à communiquer son empathie pour les souffrances et les aspirations du citoyen ordinaire. Il projette l'image de la Tribune de l'Anatolie, prêt à combattre la corruption et les privilèges, et à défendre les traditions conservatrices. Son parti, le AK a remporté la majorité parlementaire des deux tiers en novembre 2002 lors des élections nationales. En raison de l'image du AK représentant le parti du changement au niveau national,  le AK pourrait gagner environ 50% des voix le 28 Mars à l'échelle nationale lors des élections locales. Cela  donnerait au AK le contrôle de 65% ou plus des 3.200 municipalités en Turquie, y compris probablement Istanbul et Ankara et Izmir peut-être même, où AK n'a pas bien fait jusqu’à ce jour, plus la plupart des autres grandes villes. Chaque étape par l'establishment turc pour essayer de le diminuer - que ce soit par la législation de blocage ou d'attaquer ses motivations - cimente sa popularité dans l'expansion urbaine de la Turquie et à travers le centre anatolien. Alors que l'opposition reste active dans différents lieux de l'appareil d'État, M. Erdogan n’a aucun adversaire crédible.
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La suite est du même acabit et aborde la politique intérieure turque.

 

Que révèle ce mémo ?

 

La façon dont les Etats-Unis restent très attentifs à ce qui se déroule chez leurs vassaux et leurs protectorat. La Turquie est dans l’OTAN et occupe une position stratégique face à la Russie,l’Iran, la Syrie…

Il faut appeler un chat un chat. En réintégrant l’OTAN, la France a décidé sa subordination au grand frère américain, une subordination qui implique le contrôle politique indirect des affaires intérieures de ces pays.

De Gaulle avait justifié la sortie de la France de l’OTAN en invoquant l’incompatibilité à se voir comme une puissance ayant un rôle propre à jouer dans le monde et l’appartenance à un ensemble dominé par une superpuissance.

Sarkozy a donc signé le renoncement de la France à jouer le rôle que de Gaulle avait rêvé et mis en œuvre pour elle.

Pour les Etats-Unis et le reste du monde, la France n’est plus qu’un membre du triumvirat qui dirige une Europe en fin de compte très faible sur le plan politique.

 

Avec ses prises de positions récentes quant à Israël, l’Iran et la Syrie, la Turquie s’affiche comme une vraie puissance capable de peser sur le plan politique face aux occidentaux tout en restant leur allié sur l’essentiel. Désormais, la France est loin d’être à ce niveau d’affirmation d’elle-même puisqu’elle suit à la lettre les recommandations américaines que ce soit sur le bouclier anti-missile, la bienveillance éhontée vis-à-vis de la politique d’Israël et le traitement du dossier afghan.

 

Quand vous apprenez que JF Coppé est en Chine pour renforcer les relations entre l’UMP et le Parti Communiste chinois, malgré la répression, malgré les conditions des travailleurs chinois, vous vous dîtes que la France n’est plus qu’un pays qui couche et se couche.

 

Par Milton Dassier - Publié dans : géopolitique - Communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 29 novembre 1 29 /11 /Nov 21:51

Wikileaks encore et toujours !

 

On nous a dit qu’il y avait 250.000 documents qui seraient montrés au public de façon progressive. Jusqu’ici, il n’y en a eu que 243 et on a déjà, grâce à ceux-là, une vision de la diplomatie américaine mais aussi européenne, israélienne, iranienne, russe..etc.

 

243 documents sur 250.000 et on apprend que Sarkozy est susceptible et arrogant, Berlusconi infefficace et trop fêtard. Bref un chieur et un charlot mais ça, on le savait déjà.

On apprend aussi que le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner n’apparaît pas une seule fois dans la dizaine de documents publiés jusqu’ici, qui intéressent la France.

 

Le nom d'Hervé Morin, apparaît une fois, à l’époque où il était ministre de la défense mais pour se faire corriger par.. ses propres collaborateurs. Bonjour l'image de compétence!

Le pauvre « néocentriste » a eu la malencontreuse idée de donner son avis sur le projet de bouclier anti-missile à des émissaires américains venus jauger la position française. Il pensait qu’on était encore dans la doctrine traditionnelle gaulliste reprise par Giscard, Mitterrand et Chirac : indépendance nationale en matière de défense et dissuasion nucléaire. Alors, il s’est dit opposé à l’initiative américaine. Il n'avait pas lu le credo atlantiste et néoconservateur de Sarkozy...

Patatras ! Derrière son dos, des hauts fonctionnaires de son propre ministère et de l’Elysée ont dit aux américains de ne pas tenir compte de l’avis d’Hervé Morin, et, même d’effacer ses propos.

 

Tout cela en dit long sur le rôle des ministres sous la présidence Sarkozy. Des marionnettes placées ici et là pour traiter le quotidien de leur administration, pour signer les documents préparés à l’Elysée et amuser la galerie médiatique en vantant les qualités du marionnettiste en chef.

Par Milton Dassier - Publié dans : géopolitique - Communauté : l'actualité en général
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