Mercredi 12 janvier
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Si on veut avoir une idée du degré d’amour pour la justice et la démocratie de nos gouvernants, il suffit d’examiner leur attitude
vis-à-vis des évènements en Tunisie pour s’en convaincre.
Vous avez entendu tout ce qui s’est dit sur la Côte d’Ivoire ?
« Laurent Gbagbo doit partir, il n’est pas un démocrate sincère car il a truqué les élections. »
Voilà ce qu’on entend régulièrement en France depuis plus d’un mois. Une France qui parle au nom de la démocratie, de l’amour de la
justice et des droits de l’homme.
Et les élites françaises et européennes d’en remettre une couche lorsqu’il y eut des manifestations en Côte d’Ivoire .
« Laurent Gbagbo pourrait avoir de graves ennuis avec le TPI (Tribunal Pénal International) s’il était avéré qu’il a réprimé des
manifestations dans le sang. »
Vous vous êtes dit fort naturellement que ce qui vaut pour la Côte d’Ivoire vaut pour n’importe quel pays où un pouvoir peu enclin à
la démocratie réprime des manifestations dans le sang.
Après tout, c’est ce qu’on dit à propos de l’Iran à chaque élection et lorsqu’on y manifeste.
On a même traité Chavez de dictateur quand après des élections propres et libres, il envisagea d’empêcher une radio d’émettre parce
qu’elle avait appelé à le renverser. Qu’une radio fasse de même avec Sarlozy et on verra…
Et là, pour la Tunisie, on a un tout autre son de cloche. Ben Ali, qui truque les élections régulièrement, emprisonne ses opposants et
réprime les manifestations dans le sang, n’est pas un dictateur mais un démocrate autoritaire, sévère mais juste.
« Ben Ali est autoritaire mais la Tunisie reste une démocratie. » Frédéric Mitterrand nous l’a affirmé avec
conviction.
Bruno Le Maire, obscur ministre de l'agriculture, nous affirmé qu'il ne fallait pas mal juger le président Ben Ali...
On a même eut droit à une offre de coopération sécuritaire. Il paraît qu’en France, on a un savoir-faire reconnu dans le monde entier
pour réprimer les manifestations sans faire couler le sang. Donc Michelle Alliot-Marie a naturellement offert à son ami, le démocrate Ben Ali, que des flics français viennent former les siens aux
usages du flash-ball, du taser et de la détection des vilains syndicalistes d’extrême-gauche dans les manifestations.
Peut-être Brice Hortefeux va-t-il aller leur donner des cours?
Regardez la vidéo, il ne s’agit pas d’une déclaration maladroite à un journaliste mais d’une position officielle de la France à
l’assemblée nationale.
Au fait, juste en passant, devinez où MAM a passé le Nouvel An... En Tunisie où elle va très souvent et où elle a des très bons
amis.
Il faut dire que la quiétude et la soumission des tunisiens sont une garantie de vacances réussies au soleil. C'est sans doute
pour cela que la Tunisie est une des destinations préférées des politiciens français.
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