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Lundi 30 juillet 1 30 /07 /Juil 05:04

sarko.jpg Quand Nicolas Sarkozy a appris sa victoire à l'élection présidentielle, il a tenu à prendre quelques jours de vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré. Il lui fallait "habiter la fonction" d'après son entourage. Ce qui a fait dire à certains comme Edwy Plenel que le nouveau président se comportait comme un gagnant au loto.

 

Joggings en direct. Et maintenant?

 

Quelques joggings en direct sur les télés pour faire homme actif qui fonce et que rien n'arrête juste le temps de s'installer à l'Elysée et montrer au bon peuple que son président nouvellement élu allait bousculer les usages, rompre avec les pratiques de gouvernement.

Très vite, plus de joggings, le temps de l'action était arrivée: formation du gouvernement et débauchage de personnalités de gauche, élaboration de projets de loi, implication dans les législatives, le président apparait partout.

Puis, une fois celles-ci remportées, il suscita de nouvelles trahisons d'anciens courtisans de François Miterrand et d'après son entourage on allait voir ce qu'on allait voir.

Malheureusement, que retient-on jusqu'à maintenant?


- Les démissions en cascade des collaborateurs de sa ministre de la justice, collaborateurs excédés par l'amateurisme et l'autoritarisme de celle-ci

- La cacophonie entre porte-parole, premier ministre et ministres annonçant chacun une idée, un projet qu'un autre se dépêchait de démentir

- L'absence d'amnistie des infractions routières et de grâces de prisonniers à l'occasion du 14 juillet

- Le mini traité européen qui ne changera rien au quotidien des français

- Les graves menaces sur le droit du tavail qui se profilent avec le service minimum et l'ouverture des commerces le dimanche

- Les cadeaux fiscaux aux classes les plus aisées qu'il faudra certainement financer en vendant une partie du patrimoine de l'état et en privatisant encore un peu plus certaines entreprises publiques à coup de vente d'actions à bas coût que pourront se payer les français les plus riches qui seront assurées d'une bonne plus-value ultérieure

- L'affaire du troc des infirmières bulgares contre l'accès au nucléaire pour la dictature libyenne

- La continuité de la Françafrique et l'encouragement au maintien des dictateurs amis

- La culpabilisation des français vis-à-vis du déficit de l'assurance-maladie alors que les recettes par les cotisations sont très insuffisantes (malgré une baisse du chômage!) et que la consommation de soins de santé reflètent avant tout une démographie vieillissante.

Thérapie familiale

En fait on retiendra surtout, le pouvoir de plus en plus personnel de ce président qui ne rend aucun compte sur sa politique et sur ses orientations, cherchant encore et toujours à séduire, manipuler, dissimuler. Un président qui instrumentalise même sa femme dans une formule inédite de thérapie de couple.

Et pendant ce temps,

Des gens rament pour se loger, trouver du travail et de la dignité, des sans-papiers sont traqués et expulsés, les brutalités policières continuent, le fichage généralisé se met en place, les caméras de surveillance tournent sous les yeux amusés des agents de sécurité de tout poil.

Vous m'avez filmé, alors à mon tour de vous filmer!

Il aime tant les caméras qu'il ne pouvait pas imaginer une seconde de ne pas offrir cette sensation d'être reconnu aux français. Une manière singulière de mettre en application son fameux " La France, elle m'a tout donné alors aujourd'hui, je veux rendre aux français ce qu'elle m'a donné".

Par Milton Dassier - Publié dans : politique
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Dimanche 29 juillet 7 29 /07 /Juil 13:33
On le sait depuis longtemps, Sarkozy a du mal avec les africains. Sans doute une logique de relations politiques mais aussi personnelles qui ne lui convient guère. Lui, l'homme pressé, voit la gouvernance de la France comme le management d'une entreprise. Il conçoit mal que la qualité d'une relation avec les pays d'Afrique aujourd'hui ne saurait être différente de celle d'un suzerain avec ses vassaux ou de celle du PDG de la maison-mère avec les directeurs généraux de ses filiales. Alors que ce qui serait souhaitable, c'est une construction pas-à-pas basée sur la confiance et le dialogue. Que veut Sarkozy exactement? 

L'Afrique est très convoitée et le pré carré françafricain a été très mis à mal ces dernières années : guerre civile ivoirienne, crise du Darfour, rebellions au Tchad, dénonciations de la politique française par pas mal d'africains influents et même en France. On soulignera les critiques plus voilées d'autres pays comme la Grande-Bretagne et les USA.

La Chine en Afrique

Fait nouveau, la Chine a fait une entrée très remarquée en proposant des partenariats économiques très allèchants qui vont jusqu'à la formation de cadres, d'ingénieurs et de techniciens des pays d'Afrique en Chine même. Ainsi, la Chine se prépare-t-elle des lendemains qui chantent car, une fois revenus au pays, ces cadres, ces ingénieurs et ces techniciens, devenus décideurs influents, opteront plus facilement pour une coopération renforcée avec la Chine à travers des entreprises rentables. Si la Chine persiste et si les pays africains s'y retrouvent, on devrait voir d'ici quelques temps, l'émergence de grosses entreprises sino-africaines puis africaines à part entière influer sur les marchés mondiaux à la manière de ce qui se passe en Inde ou au Brésil depuis quelques années. Tout ça, Sarkozy le sait et la France ne peut pas lutter face à la Chine Alors, il est venu pour sauver les meubles dans une tournée assez brêve et adresser un certain nombre de signaux.

En s'invitant au Sénégal et en évitant soigneusement Gorée et les anciens combattants sénagalais, il a montré que sa politique vis-à-vis des pays africains proches de la France ne sera en aucune façon basée sur les sentiments ou l'éthique encore moins sur la compassion.

Premier message

Pas d'obligation morale d'accueillir en France ou de favoriser les fils et petits-fils de ceux qui contribuèrent à libérer le sol français du joug nazi sauf s'ils représentent un intérêt économique.

Second message

Pas d'aide financière au développement "à perte" avec une invitation à se débrouiller seuls et donc " se retrousser les manches " avec le secteur privé français et européen qui investit sur place.

Troisième message

Les intérêts de la France doivent être préservés coûte que coûte donc pas question que se produise ailleurs une crise à "l'ivoirienne" qui a vu nombre de chefs d'entreprises et de coopérants français quitter le pays dans la panique ce qui a eu pour conséquence le déploiement d'une force militaire. La stabilité politique est donc plus que recommandée. Cela signifie que le soutien aux dictateurs se poursuivra.

Quatrième message

Il est destiné aux français, électeurs de Sarkozy, qui veulent préserver l'image d'Epinal de la France. Cette France belle et généreuse, qui a colonisé pour civiliser ces paysans incultes tout juste bons à "répéter les mêmes gestes chaque matin dans un éternel recommencement" (sic). Cette France qui aurait donc plutôt bien agi si on en croit Sarkozy, même si des fautes et des crimes ont été commis. Le retour du rôle positif de la colonisation transformé pour l'occasion en rôle globalement positif.

Enfin, en se rendant au Gabon, il a voulu honorer Omar Bongo comme meilleur élève des relations franco-africaines ou plus simplement directeur-général de la filiale la plus rentable et la mieux gérée.  Là aussi, le signal est fort : Faire comme Bongo. Une dictature discrète qui favorise les multinationales françaises tout en n'affamant pas trop son peuple.

Rupture dans la continuité

Oui, le ton change. Cette fameuse rupture dont le président se gargarise, c'est celle-là. Encore plus d'arrogance, encore plus de cynisme que ce qu'on avait pu imaginer. Rien à voir avec la chaleur de Chirac ou la sérénité ouverte de Miterrand. Par contre, le fond reste le même et avec sa référence à la politique américaine, les peuples d'Afrique peuvent s'attendre à encore plus de déconvenues.

 

Par Milton Dassier - Publié dans : géopolitique
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Vendredi 27 juillet 5 27 /07 /Juil 21:47
Nous sommes abondamment gavés d'informations sur tout ce qui se passe dans le monde. En direct sur les télés, on nous suggère habilement que ces dépêches lues au micro des présentateurs des JT et illustrées d'images représentent tout ce qui est bon à savoir pour le citoyen de base. Les citoyens que nous sommes sont donc infantilisés car un enfant peut avoir des caprices mais reste toujours fidèle à ce qu'il aime. 


t--l--phage.JPG L'information grignotage

Dans la présentation de ce blog, je me réfère à une information nourriture censée conduire à la sensation de satiété. Comme dans l'alimentation, c'est l'information grignotage qui conduit le plus vite à satiété avant que la faim refasse son apparition quelques heures à peine plus tard. L'obésité neuronale qui rend difficile tout effort de réflexion, le diabète mental qui empoisonne le raisonnement, nous conduisent inévitablement à la sclérose de notre esprit critique. Des enfants à qui je demandais s'ils aimaient lire en dehors des contraintes scolaires m'ont répondu: "Pourquoi faire, y a la télé!"

La culture du divertissement

Tout comme il existe un marketing nutritionnel pour créer des modes, des tendances voire des dépendances, il existe un marketing médiatique y compris en matière politique et idéologique.

Les jeux, la télé-réalité, les talks-shows où se mêlent ceux dont on parle et ceux qui veulent faire parler d'eux en sont les exemples les plus visibles. Dans ces émissions, il n'y a pas un invité, pas une personnalité publique qui n'ait pas un livre, un CD, un DVD ou un spectacle à vendre au moment où il passe à l'antenne. Parfois, c'est explicitement dit: "Mr Acteur Connu est venu faire la promo de son dernier film", parfois c'est signalé à plusieurs reprises au cours de l'émission: "Je rappelle l'excellent ouvrage de Mr Grand Expert où vous pourrez retrouver ce qu'il nous a si admirablement décrit sur le plateau."

Une culture de la violence en plein essor

Ainsi, le téléspectateur, non seulement a l'impression de savoir tout ce qui se passe d'important dans le monde mais, en plus a le sentiment d'être au courant de tout ce qui se fait d'essentiel sur le plan culturel.

Le plus terrible est que, si vous y ajoutez les connaissances personnelles de certains téléspectateurs qui n'ont ni la possibilité ni le temps de vérifier ce qu'on leur assène, la télévision et les grands médias deviennent, parfois à leur corps défendant, les composants d'une machine complexe à fabriquer et entretenir des préjugés, des idées reçues et des croyances qu'on prend pour vérité qui compte. En même temps que les médias se développent vers encore plus de mercantilisme et servent de plus en plus ouvertement de relais d'influence, on assiste à une montée de la violence physique gratuite (parfois filmée et diffusée sur téléphone portable), mais aussi de la violence verbale, des incivilités, des propos et comportements racistes y compris chez des personnes parfaitement respectables en théorie.

L'ingenierie du consentement

La logique est simple, si un média veut des annonceurs, il lui faut des lecteurs ou des spectateurs en nombre et si possible ciblés en terme de goûts et tendances de consommation. On peut essayer de connaître au plus près ces lecteurs et spectateurs et les compartimenter en tribus ou groupes sociaux. Par exemple; les jeunes adultes de milieu aisé qui surfent sur le net plus de 3h par jour, les seniors à la retraite qui voyagent à l'étranger pendant l'hiver.

Mais on peut aussi manipuler...éduquer..dans des directions définies à l'avance, les téléspectateurs de façon à encore mieux les cibler pour les annonceurs mais aussi les éditeurs de journaux, de livres et autres produits culturels. Oui, un média est aussi un produit culturel qui doit plaire, qui doit répondre à un besoin véritable ou créé par nos spécialistes en marketing et ingenierie du consentement. Comme le disait Patrick Le Lay, un média marchand vend à ses annonceurs du temps de cerveau disponible aux téléspectateurs.

S'ils se mettent à réfléchir et critiquer, c'est la fin...

Comme dans la rue et sur les lieux de travail, la télé ne saurait souffrir de fauteurs de troubles potentiels. Donc, elle a peu à peu constitué sa liste noire: il s'agit souvent de personnes qui ont eu l'occasion de s'exprimer et qui ont dénoncé les "vérités" prémâchées par les télés: les intermittents du spectacle, les associations défendant les droits des sans-papiers et des pauvres, les rappeurs à texte, Dieudonné, Thierry Meyssan, Tariq Ramadan,les Indigènes de la République... etc. Parfois, un journaliste se risque à parler d'eux dans une émission mais remarquez-le bien, c'est toujours à une heure tardive et ça n'arrive qu'une fois ou deux par an.

 Un sketch qui dérange, se moque et interroge sur les abus des colons en Israël, des écrits qui remettent en cause l'honnêteté du gouvernement américain, des raps qui dénoncent l'arbitraire de la police, des propos anticolonialistes trop accusateurs. Voilà tout ce que vous ne devez pas faire si vous comptez avoir vos entrées dans les télés marchandes.

Par Milton Dassier - Publié dans : société
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Jeudi 26 juillet 4 26 /07 /Juil 22:39

En exclusivité mondiale, un agent de la DGSE qui a tenu à garder l'anonymat nous raconte les tractations secrètes autour de la libération des infirmières bulgares. Sans rien omettre, il revient avec truculence et réalisme sur le rôle déterminant de notre bien-aimé président et de son épouse qui pourrait bien devenir la Lady Di française que le monde entier nous enviera bientôt.


Je m’appelle Hubert Vomisseur de la Baffe, plus connu sous le matricule OSS 118. Je suis un agent très discret au service de notre bien-aimé Président Nicolas Sarkozy. Pour des raisons évidentes de sécurité nationale, vous comprendrez que je garde l’anonymat. Merci d’avance.

Laissez-moi vous raconter quel fut mon rôle lors des négociations pour la libération du médecin et des infirmières bulgares. Ma feuille de route : réussir à ramener les prisonniers à une heure de grande écoute. Pour cela, j’avais carte blanche, je pense que le président n’a pas été déçu.

Une mission à risque

Le président m’avait donc confié la lourde tâche d’accompagner son épouse, Cécilia, en Libye pour y rencontrer par deux fois l’ignoble président de ce pays : Muhammar Kadhafi.

Elle devait se rendre à la prison de Bengazi pour remonter le moral des prisonniers et faire admirer sa silhouette admirablement mise en valeur par une robe Prada couleur crème. J’étais son garde du corps. Mais ma mission ne se limitait pas à ça, je devais prendre contact également avec les chefs des services secrets lybiens et leur faire connaître les conditions de notre président bien-aimé.

Le génie de notre président

Connaissant le goût du spectacle de Kadhafi, le chef élu du grand peuple français avait eu l’idée géniale de joindre à sa lettre, une dizaine de billets d’entrée à Disneyland Paris, tous accompagnés d’une photo dédicacée de sa main : "Ensemble, tout devient possible !" avait-il écrit pour montrer que l’offre d’amitié de la France n’était pas un vain mot.

Ainsi, il pardonnait à l’enfant terrible du désert ses errances passées lors de la guerre au Tchad, l’asile offert aux terroristes de l’extrême-gauche radicale européenne et l’attentat du DC10 d’UTA en plein Ténéré. Les bédouins sont durs mais pas insensibles avait prédit notre guide suprême de la rupture tranquille.

Kadhafi éclata de rire lorsqu’il lit la lettre du président français ; sans doute un rire nerveux liée à l’émotion, du moins c’est ainsi que je le compris. Il fit entrer une jolie interprête et téléphona immédiatement à l’Elysée. Cécilia était tendue et souriait difficilement.

Kadhafi hurla dans le téléphone :

-  Tu te fiches de moi avec tes tickets pour Disneyland ?

-  Mais pas du tout, je suis prêt à négocier, ça va faire un tabac dans la presse mondiale cette histoire, et en plus ça te réhabilite comme chef d’état humaniste et généreux. Tu pourras dire au monde libre : "J’ai changé" et le pire c’est qu’ils te croiront ! J’y suis bien arrivé avec mon peuple. Et puis, les américains vont t’avoir à la bonne. Et moi, non seulement, je tiens mes promesses électorales mais j’offre au monde un feuilleton de l’été en direct avec des rires et des larmes. Mon peuple va beaucoup apprécier, c’est sûr ! Ainsi, toutes mes mesures d’austérité et mes cadeaux aux riches vont passer comme une lettre à la poste. Te rends-tu compte quelle chance tu as d’être sur l’affiche ?

-  Non, non, non, moi il me faut plus, tu sais je suis un homme du désert, construis-moi une autoroute, et des lignes TGV et une centrale nucléaire car le pétrole va bientôt manquer.

-  Trop cher, ou alors plus tard quand on parlera moins de tout ça, au fait, ne la trouves-tu pas jolie ma femme ? Je peux lui demander de rester, elle me doit bien ça.

-  Oui, mais elle est trop maigre et puis à mon âge...

-  J’étais sûr qu’on s’entendrait, on réfléchit et on en reparle d’ici quelques jours. Bye

Séduction polie à Tripoli

La délégation française repartit pour Paris mais je restai sous couverture diplomatique pour agir dans l’ombre. Il me fallait approcher l’entourage du président libyen. Avec mon numéro très étudié de french lover de charme, j’entreprenais de séduire, Fatima la jeune interprête du colonel Kadhafi :

-  Je vous ai trouvée très brillante ce matin. Etes-vous une fille du désert comme le colonel, votre maître ?

-  Suggérez-vous que le guide de notre révolution soit une fille ?

-  Euh non bien sûr ! Mais dites-moi, puisque vous l’appelez votre guide, porte-t-il une casquette lorsqu’il anime les visites de son palais ? dis-je en riant.

Vexée, elle resta silencieuse, signe que mon audace humoristique l’étonnait. J’enchainais :

-  C’est de l’humour, c’est pour détendre l’ambiance. Je vous demandais juste si vous étiez bédouine.

-  Oui, mon père était bédouin, Qu’Allah ait son âme.

-  Désolé pour la perte de votre père. Laissez-moi vous faire rire pour me rattaper avec un peu d’humour à la française comme mon président aime en faire chaque fois qu’il peut : bédouine ça rime avec... ?

-  Avec .. pingouine ?

-  Oui, enfin non ! ça rime avec...fouine, mon animal préféré.

Dans un sourire un peu crispé, elle dit :

-  Vraiment très drôle !

C’était gagné ! Elle m’avait à la bonne, je le sentais. Je suis sûr qu’elle traduirait à son colonel-président les mots de nos négociateurs dans un sens favorable à la France.

J’enfonçai le clou avec un compliment :

-  Saperlipopette ! Non seulement vous êtes jolie mais, qualité rare sous ces cieux, vous êtes très intelligente. Si vous étiez une fille d’immigré en France, vous pourriez obtenir un poste dans l’équipe de mon président. Il est très ouvert à la diversité : secrétaire d’état des minorités diverses, ça vous irait très bien !

Un dénouement inattendu

Lundi, sous la tente du colonel Kadhafi, Cécilia Sarkozy revenue la veille, attendait d’être reçue par le guide de la révolution libyenne. Aïcha, sa fille, arriva, se présenta et emmena Cécilia sous une autre tente :

-  Mon père, le colonel Kadhafi, veut qu’elle danse pour lui, il l’a d’ailleurs annoncé par téléphone au président Sarkozy lorsqu’il visitait l’équipe de France de rugby, il vaut mieux qu’elle s’en aille. Mon père a de drôles d’idées en tête quand une jolie femme danse pour lui.

J’entrai alors, seul, sous la tente du dictateur et m’adressai à lui sans détour.

-  Ainsi, tu cherches à humilier et salir la première dame de France ! N’as-tu pas lu à quel point elle est raffinée et délicate dans "Elle" et "Gala" ?

Je poursuivis, jetant un oeil furtif sur la chute de reins de Fatima qui traduisait mes paroles en arabe avec conviction :

-  Saches que mon président bien-aimé peut t’envoyer ses rugbymen pour te casser la tête, toi et tes sbires.

Le colonel écoutait la traduction de Fatima sans broncher. Je me sentis pousser des ailes et osai l’attaquer de front :

-  En France, un tel comportement de voyou avec l’épouse du président, te vaudrait la prison. Oui ! En centrale dans un quartier de haute sécurité où chaque atome de ton corps serait sous surveillance. Nom d’un chien, si tu persistes dans ta conduite inqualifiable, si tu recherches l’affrontement, de son yacht, mon président pourrait te balancer toute la puissance du feu nucléaire de la France, notre beau et fier pays. Tu n’imagines pas ce que peut faire une telle technologie. Il est la France conquérante qui se lève tôt pour gagner plus, ne le sais-tu pas ?

A ma grande surprise, le colonel se leva en souriant :

-  Dans mes bras et dis à ton président qu’il est le bienvenu chez moi, je libère les infirmières dès demain. Qu’il vienne me voir mercredi.

Une fois tous sortis, je rattrapai Fatima :

-  Mais comment a-t-il pu se laisser convaincre d’aller dans le sens de cette France nouvelle incarnée au plus profond par le président Sarkozy, tu l’as vu, ce mélange de fermeté et d’humanité, alors que je le menaçais des foudres de notre nation rassemblée ?

Elle me regarda avec assurance et me dit :

-  J’ai traduit à ma façon, je lui ai dit qu’une centrale de recherche sur l’atome pourrait être construite pour sa haute sécurité et ainsi conduire à la maîtrise de la puissance du feu nucléaire et de sa technologie... Regarde, les caméras s’installent dans la salle de presse, alors cours savourer la victoire de ton président.

-  Merci Fatima ! Et si tu viens en France et que tu te retrouves dans un centre de rétention, n’hésite pas, appelle-moi !

Dans un prochain épisode, je vous raconterai comment notre guide de la nation, ce lampadaire sublime de la république a envoyé Lady Cé en pleine jungle libérer Ingrid Bétancourt.

A bientot,

Palais de l’Elysée, le 24 juillet 2007

Par Milton Dassier - Publié dans : Missions d'OSS118
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